À rebours de la tendance générale, Uber met ses VTC à l'hydrogène avec HysetCo

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VTC Uber hydrogène
Photo : HysetCo

Uber vient d’annoncer une prise de participation dans HysetCo, la coentreprise spécialisée dans la mobilité hydrogène en Île-de-France, via un prêt convertible dont le montant reste confidentiel.

Derrière cette discrétion financière se cache un partenariat inattendu qui pourrait peser dans l’avenir des taxis parisiens : d’ici la fin de l’année 2026, un véhicule sur cinq de la flotte « Business Taxi » d’Uber à Paris devrait rouler à l’hydrogène. Et sur cinq ans, ce sont près de 2 000 taxis H2 issus de la flotte HysetCo qui sont appelés à rejoindre la plateforme de la société américaine.

C’est la première fois qu’Uber investit directement dans une entreprise française, ce que HysetCo ne manque pas de souligner. Un geste aussi symbolique que stratégique, où Uber cherche à renforcer son ancrage dans le secteur du taxi, un marché sur lequel il s’est longtemps heurté à la résistance des professionnels, et à muscler son offre B2B depuis l’introduction des courses à tarif fixe pour les taxis en 2025. L’entrée de véhicules à hydrogène dans cette flotte réservée aux clients professionnels d’Uber for Business s’inscrit dans cette logique de montée en gamme et de différenciation par la sobriété carbone.

HysetCo n’est pas un acteur récent sur ce terrain. La coentreprise, adossée au fonds Hy24 comme actionnaire majoritaire et soutenue par Air Liquide, TotalEnergies et Toyota, opère depuis cinq ans en Île-de-France avec un écosystème intégré assez rare dans le secteur : location et gestion des véhicules, maintenance, réparations, assurance et accès à un réseau de stations de recharge en hydrogène. Elle gère aujourd’hui plus de 800 véhicules, répartis entre taxis et flottes d’entreprise. Il s’agit donc d’une infrastructure existante que vient amplifier le partenariat avec Uber.

Un secteur qui avance, mais pas sans turbulences

Cela étant, cet accord ne fait pas oublier les tensions qui ont agité l’écosystème parisien du taxi hydrogène au cours des derniers mois. À l’été 2025, une dispute publique a éclaté entre HysetCo et Hype, l’opérateur de taxis hydrogène avec lequel la coentreprise était historiquement liée. Hype, qui fait circuler des taxis à hydrogène dans Paris depuis 2015 et avait pour ambition d’atteindre 600 véhicules dès 2020, a finalement annoncé un virage radical vers le tout électrique à batterie.

Parmi les raisons invoquées, des difficultés chroniques d’approvisionnement en énergie, une envolée des coûts et, comme coup de grâce, la mise en faillite du fabricant d’électrolyseurs McPhy. Un revirement qui illustre les fragilités structurelles qui pèsent encore sur la filière hydrogène, malgré les ambitions affichées.

HysetCo, de son côté, avait progressivement pris ses distances avec l’opérateur au fil des années pour se recentrer sur les offres de mobilité servicielle, et avait levé 200 millions d’euros en 2024 pour accélérer. L’arrivée d’Uber comme investisseur et partenaire commercial est présentée par Loïc Voisin, président de HysetCo, comme la preuve que l’hydrogène est désormais mûr pour un déploiement à grande échelle, en particulier dans des usages intensifs comme celui du taxi professionnel.

Du côté d’Uber France, la directrice générale Laureline Sérieys insiste sur la complémentarité entre ce partenariat et la stratégie de décarbonation des véhicules de location avec chauffeur. Intégrer des taxis à hydrogène aux côtés de véhicules électriques à batterie contribue à élargir le spectre des solutions zéro émission disponibles sur la plateforme, sans miser sur une seule technologie. Reste à voir si le réseau de stations hydrogène en Île-de-France sera suffisamment dense pour absorber la montée en puissance d’une flotte portée à 2 000 véhicules d’ici 2031, un défi logistique que ni Uber ni HysetCo n’ont encore détaillé publiquement.

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