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L’Association des constructeurs automobiles européens (l’ACEA) vient de publier une série de recommandations pour inciter les États membres de l’Union européenne à mettre en place des programmes efficaces et durables pour aider un plus grand nombre de ménages d’accéder à la mobilité électrique
En France, le leasing social pour les véhicules électriques a déjà démontré son potentiel. En 2024, il a permis à près de 50 000 ménages d’acquérir une voiture électrique, avec un soutien financier important de l’État. Fort de ce succès, le modèle français a inspiré le lobby automobile européen qui souhaite voir ce type de dispositif se généraliser à l’échelle du continent. L’ACEA a publié ses recommandations.
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Mauvaise nouvelle pour la planète : il y a trop de Français seuls dans leur voitureL’association des constructeurs automobiles européens souligne l’importance de cibler les « ménages vulnérables », mais également les « petites et moyennes entreprises », notamment les micro-entreprises. Selon le lobby, ces segments de la population doivent être « prioritaires » pour accéder au leasing social. Les critères d’éligibilité devraient être adaptés par chaque État membre pour tenir compte des réalités locales.
Aussi, pour rendre la transition électrique encore plus accessible, l’ACEA propose d’intégrer les véhicules électriques d’occasion dans les dispositifs de leasing social en Europe. Cette mesure permettrait de « réduire davantage les coûts pour les ménages modestes » tout en « stimulant le marché de l’occasion des véhicules électriques ». Mais l’un des principaux défis du leasing social reste son financement.
Sur ce point crucial, l’ACEA recommande de privilégier « une aide sur le montant du loyer mensuel » plutôt qu’un plafonnement des prix, afin de toucher un plus large public. Le lobby plaide également pour des mécanismes de financement pérennes, afin d’éviter que les programmes de leasing social ne deviennent une charge excessive pour les pays. En France, le gouvernement doit encore préciser les modalités de l’édition 2025.
Concrètement, le lobby européen estime que le leasing social représente une opportunité intéressante pour démocratiser l’accès aux véhicules électriques, tout en contribuant aux objectifs climatiques de l’Union européenne. En appliquant les conseils de l’ACEA, les États membres pourraient mettre en place des dispositifs mieux ciblés et plus durables.
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Les constructeurs voient le problème par le bout de la lorgnette qui les arrange : le prix d'achat du VE. C'est vrai, mais ce n'est pas le seul paramètre qui coince. Ce qui coince, c'est que plus de 30 % des automobilistes n'ont absolument aucune possibilité de recharge personnelle, ni à domicile (parking sur la voie publique) ni au travail (demandez aux salariés du 1ier employeur français : l'Etat, si celui-ci met à leur disposition une seule prise pour le personnel des écoles, hôpitaux, administrations etc : poser la question, c'est hélas y repondre...). Or ces ménages 'sans prise' sont aussi statistiquement les moins fortunés. Ils ne pourront jamais recharger sur des chargeurs DC à 40 ou 50cts le kWh : ce serait pratiquement aussi cher au km que leur vieille Clio diesel qui consomme 4.5 litres de jus de dinosaure aux 100km. Payer aussi cher l'énergie pour un vehicule plus cher à l'achat et plus contraignant à ravitailler... Combien le feront ? Très peu. Donc il faut pouvoir leur facturer le kWh 25 ou 30cts maximum. Donc inévitablement ce sera de la recharge AC, pas DC. Donc la borne 11kW du supermarché sera peu utile (au mieux un complément) puisque même à ce tarif raisonnable, en 45mn de courses hebdomadaires, on ne récupère que 30 à 50km d'autonomie : bien trop peu pour passer la semaine (et non, quand on fait partie des ménages modestes, on ne se fait pas un "pt'it restau", un ciné ou un après-midi shopping chaque semaine, faut redescendre sur terre ! ).
La conclusion est limpide : pour recharger à tarif raisonnable, il faut le faire sur une borne AC, donc sur une durée relativement longue (au minimum 3 ou 4 heures en 11kW, plus à puissance plus réduite), donc en temps masqué 'long'... Et où une voiture reste-t'elle garée régulièrement plusieurs heures d'affilée ? Au travail, ou dans la rue en bas de son immeuble (ou en tout cas pas loin : s'il faut faire 15mn de marche plusieurs fois par semaine, là encore les vocations seront évidemment rares). Donc ces bornes AC publiques doivent être situées soit sur le parking du travail, soit près des immeubles d'habitation. Ce qui nécessite : 1) de rendre la loi LOME beaucoup plus exigeante et contraignante (le nombre de prises est trop faible, le secteur public et des centaines de milliers d'entreprises privées comme la mienne en sont dispensées) 2) que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et installent - ou subventionnent l'installation par ses opérateurs privés - des bornes proches des immeubles collectifs, nombreuses et bon marché (au tarif éventuellement bonifié au moyen de cartes "résident"), et pas uniquement sur les grands axes pour les longs trajets.
Je suis toujours surpris que ce raisonnement n'ait toujours pas infusé dans la tête des décideurs qui ont décidé la généralisation à moyen terme du VE (qui a par ailleurs de bonnes raisons).
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Sur ce point crucial, l’ACEA recommande de privilégier « une aide sur le montant du loyer mensuel » plutôt qu’un plafonnement des prixTiens donc, comme c'est bizarre, le lobby de l'automobile est contre le plafonnement de prix !... On voit bien sur certains modèles que les constructeurs ont baissé leurs prix pour les rendre éligibles, preuve qu'ils "en ont un peu sous le pied". Pas de raison que l'argent du contribuable serve à gonfler les marges et rémunérer les actionnaires.
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Le lobby est forcément d'accord pour que de l'argent public finance les dividendes privés...
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