Moins de batterie, plus d’autonomie... Mahle a-t-il trouvé le meilleur compromis pour les camions électriques ?

La suite de votre contenu après cette annonce

Mahle et son concept de camion électrique à prolongateur d'autonomie thermique
L’équipementier Mahle a imaginé concept de camion électrique à prolongateur d’autonomie thermique

Et si le camion électrique pouvait s’affranchir en partie des contraintes de recharge sans renoncer à sa motorisation électrique ? Mahle mise sur une solution étonnamment pragmatique : réduire la taille de la batterie et installer à sa place un prolongateur d’autonomie. À la clé, plus de 800 km annoncés et jusqu’à 600 kg économisés.

Sur le papier, le camion électrique a de solides arguments pour décarboner le transport routier. Sur la route, une difficulté continue toutefois de peser lourd : l’autonomie, mais surtout la nécessité de pouvoir recharger rapidement une énorme batterie entre deux trajets. Mahle pense avoir trouvé une troisième voie. À l’occasion de l’IAA Transportation de septembre 2026 à Hanovre, l’équipementier allemand présentera un nouveau prolongateur d’autonomie spécialement développé pour les poids lourds électriques. Une technologie qui associe batterie et moteur thermique que l’on connait déjà sur les voitures hybrides rechargeables.

Mahle retire une partie de la batterie… pour aller plus loin

C’est tout le paradoxe de la solution imaginée par Mahle. Pour augmenter l’autonomie d’un camion électrique, l’équipementier commence par réduire la taille de sa batterie. Son système prend la forme d’une unité compacte qui vient occuper une partie du compartiment normalement réservé aux cellules. Environ un tiers de la batterie peut ainsi être remplacé par ce module regroupant un petit moteur thermique, un générateur haute tension, le système de gestion thermique, un réservoir de carburant et le dispositif de traitement des gaz d’échappement.

Le générateur est capable de délivrer 110 kW en continu et jusqu’à 130 kW en pointe. Mais contrairement à un hybride classique, le moteur thermique n’entraîne jamais directement les roues. Celles-ci restent exclusivement propulsées par le moteur électrique. Le bloc thermique n’intervient que pour produire l’électricité nécessaire lorsque la batterie ne suffit plus. Le camion devient ainsi ce que l’on appelle un véhicule électrique à autonomie étendue, ou EREV.

Le prolongateur thermique de Mahle développé pour les camions électriques
Modulaire, le prolongateur d’autonomie de Mahle est conçu pour s’adapter aux camions électriques du marché

400 km sur batterie, puis 400 km supplémentaires

C’est là que la proposition de Mahle devient particulièrement intéressante pour les transporteurs. Avec une batterie dimensionnée pour assurer environ 400 km de trajet, le camion pourrait parcourir 400 km supplémentaires grâce au prolongateur. Au total, Mahle annonce donc plus de 800 km d’autonomie. De quoi couvrir de longues distances tout en réduisant la dépendance à une infrastructure de recharge rapide qui n’est pas encore disponible partout.

L’idée n’est donc pas de faire fonctionner constamment le moteur thermique, mais de conserver une réserve d’énergie pour les trajets où la recharge devient compliquée ou impossible. Pour un transporteur, cela pourrait faire une différence importante : plutôt que d’immobiliser le camion en attendant une borne disponible, celui-ci peut poursuivre sa route et continuer son exploitation.

Moins de batterie, mais aussi 600 kg économisés

Et l’intégration du prolongateur réserve un autre avantage assez inattendu. Remplacer une partie de l’immense batterie par le système de Mahle permettrait de réduire le poids total du véhicule d’environ 600 kg. La charge exercée sur l’essieu arrière diminuerait également d’environ 400 kg.

Dans le transport routier, où chaque kilogramme compte, ce gain n’a rien d’anecdotique. Une masse plus faible peut laisser davantage de marge pour la charge utile et améliorer l’exploitation du véhicule. Mahle a également conçu son prolongateur comme une architecture modulaire. Sa puissance peut être adaptée en fonction des véhicules, des usages et des différents marchés. Le système intègre sa propre gestion thermique afin de conserver des performances stables dans les conditions exigeantes rencontrées par les poids lourds.

Car pour les camions électriques, augmenter sans cesse la taille des batteries n’est pas nécessairement la seule solution. Plus de cellules signifie aussi davantage de poids et impose des besoins de recharge toujours plus importants. Le prolongateur d’autonomie prend le problème dans l’autre sens : embarquer moins de batterie, mais être capable de produire de l’électricité à bord lorsque la situation l’exige.

Un moteur thermique dans un camion électrique, vraiment écologique ?

C’est évidemment la question que pose cette technologie. Ajouter un moteur à combustion dans un véhicule électrique peut sembler contradictoire au moment où l’industrie cherche justement à s’en débarrasser. Mahle défend pourtant une approche pragmatique. Sans détailler sa méthode de calcul, l’équipementier annonce des émissions de CO2 jusqu’à 80 % inférieures à celles d’un camion diesel conventionnel.

L’utilisation de carburants alternatifs pourrait encore améliorer ce bilan. Avec un biocarburant avancé comme le HVO100, Mahle estime qu’il devient possible de réduire très fortement les émissions carbone liées à l’exploitation.

Et vous ? Que pensez-vous cette solution ? Souvent décriée dans l’univers automobile, vous paraît-elle plus pertinente appliquée à un poids lourd ? N’hésitez pas à répondre au sondage ci-dessous et à laisser votre avis dans les commentaires.

Cet article vous a plu ? Lancez la discussion

Accéder au forum

Nos guides