L'industrie de la voiture électrique pourrait devenir une véritable machine à créer des emplois en Europe

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Alors que l’industrie automobile européenne traverse une période difficile, une nouvelle étude apporte une perspective encourageante, à contre-courant d’une idée reçue. Selon Transport & Environment, accélérer l’électrification des flottes d’entreprises pourrait soutenir jusqu’à 344 000 emplois supplémentaires en Europe d’ici 2030. À condition toutefois de privilégier les voitures électriques fabriquées sur le continent.

L’industrie automobile européenne traverse une période délicate. Entre la concurrence chinoise et les difficultés de certaines marques, les perspectives ne sont pas toujours réjouissantes. Pourtant, une étude publiée par Transport & Environment (T&E), réalisée par l’institut allemand Fraunhofer ISI, suggère que la transition électrique pourrait devenir un levier pour préserver et développer l’emploi industriel.

Jusqu’à 344 000 emplois en plus grâce à l’électrique ?

Le rapport défend une idée simple : accélérer le passage à l’électrique des flottes d’entreprises, tout en privilégiant les véhicules fabriqués en Europe. Dans le scénario le plus ambitieux, cette stratégie pourrait créer 344 000 emplois supplémentaires d’ici 2030.

L’étude évoque également 18 milliards d’euros d’investissements additionnels et 20 milliards d’euros de création de valeur supplémentaire par rapport au scénario de référence. Même avec des mesures moins ambitieuses, les résultats seraient assez significatifs avec la création possible de 196 000 emplois supplémentaires.

Et la France dans tout ça ? L’Hexagone pourrait logiquement profiter de cette tendance, même si les retombées seraient plus modestes que chez certains voisins européens.

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Selon l’étude de Fraunhofer ISI, 13 200 emplois supplémentaires pourraient être créés en France d’ici 2030, en comptant les effets directs et indirects. Cette dynamique s’accompagnerait de 800 millions d’euros de création de valeur supplémentaire et de 750 millions d’euros d’investissements cumulés entre 2026 et 2030. La France se placerait ainsi au sixième rang des pays présentés dans l’étude en matière d’emplois, loin derrière l’Allemagne (134 000), la Pologne (38 500) ou encore la Slovaquie (26 200).

Tout dépend toutefois de la vitesse de la transition. Dans le scénario de référence, les VE représenteraient 47 % du marché des véhicules d’entreprise en 2030. Cette proportion grimperait à 52 % avec des mesures modérées, puis à 69 % dans le scénario le plus ambitieux. Un écart considérable qui explique en partie les différences entre les estimations d’emplois. Mais avec la dynamique actuelle, il y a des raisons d’y croire !

Privilégier les voitures fabriquées en Europe

Pour obtenir de tels résultats, T&E plaide pour une réglementation européenne plus contraignante. Le projet de règlement sur les véhicules d’entreprise propres prévoit notamment un objectif minimal de 45 % de voitures zéro émission parmi les nouvelles immatriculations des grandes flottes en 2030. Mais l’ONG insiste surtout sur un autre point : les aides publiques devraient profiter exclusivement aux voitures fabriquées en Europe. À partir du 1er janvier 2028, les avantages fiscaux, subventions et autres dispositifs de soutien seraient réservés aux véhicules qui répondent à des critères de production locale.

Ces exigences ne concerneraient pas uniquement le lieu d’assemblage final. Elles prendraient également en compte l’origine des batteries, des motorisations électriques et des composants électroniques. L’objectif serait donc de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur automobile européenne, plutôt que de simplement augmenter les ventes de voitures électriques importées. L’enjeu est crucial pour les batteries.

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En Pologne, par exemple, l’étude estime que la production de cellules pourrait passer de 31 à 81 GWh d’ici 2030. Le pays pourrait bénéficier de 38 500 emplois supplémentaires, dont 82 % dans la filière des batteries, ce qui est énorme !

Volkswagen pourrait être l’un des grands gagnants

L’étude s’intéresse également au cas de Volkswagen, dont la situation résume assez bien les difficultés actuelles du secteur. Le groupe allemand prévoit de supprimer 35 000 postes d’ici 2030. Pourtant, selon Fraunhofer ISI, une électrification accélérée des flottes pourrait créer jusqu’à 56 300 emplois directs supplémentaires au sein du constructeur dans le scénario le plus favorable. Quatre sites allemands seraient particulièrement concernés : Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm. Ensemble, ils pourraient bénéficier de 25 400 emplois directs supplémentaires dans le scénario ambitieux.

À l’échelle européenne, l’Allemagne serait d’ailleurs la première bénéficiaire de cette politique, avec 134 000 emplois supplémentaires potentiels. Un chiffre qui représente près de 40 % du total estimé par l’étude.

Y’a plus qu’à !

Ces projections ne constituent pas un bilan net des créations d’emplois. Elles correspondent à des emplois supplémentaires soutenus par les scénarios étudiés, sans nécessairement compenser l’ensemble des suppressions de postes liées au recul des motorisations thermiques. Autrement dit, la voiture électrique ne garantit pas à elle seule le redressement de l’industrie automobile européenne. Mais cette étude montre qu’une politique qui associe électrification des flottes, soutien à la demande et production locale pourrait contribuer à limiter les difficultés du secteur. Y’a plus qu’à !

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