Voitures néo-rétro : c’est l’overdose ! Les constructeurs européens sont-ils en panne d’idées face aux Chinois ?

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Au Mondial de l’Auto, un fort vent de nostalgie souffle sur les stands des constructeurs européens. Un peu trop fort pour notre râleur en chef, qui y voit un manque d’idées et un aveu de faiblesse face aux chinois.

Vous avez déjà pu lire sur Automobile Propre que parmi les faits marquants du Mondial de l’Auto, il y avait le retour en force des concepts ou encore celui de voitures qui ne sont pas des SUV. Une autre tendance se dégage en regardant la liste des nouveautés, cela n’a pu vous échapper avec LA star du show : la nostalgie. Plutôt paradoxal de voir un rassemblement dédié à l’avenir de l’automobile se transformer en machine à remonter le temps.

La tête de gondole est évidemment la 2 CV. Mais quelques semaines avant Halloween, ce n’est pas la seule qui est ressortie du cimetière. On a assisté aux résurrections des Renault R8 Gordini et Espace, à celle des Peugeot 205 T16 et RCZ, sans oublier l’Alpine A310. Dans un autre registre, Audi a lancé une A2 électrique dont la forme évoque clairement la première A2, tandis que Fiat a montré la Multiplina, un quadricycle électrique qui singe la 600 Multipla.

Vous remarquez quelque chose dans ce petit inventaire ? Ce sont des marques européennes. Logique, pour faire du néo-rétro, il faut avoir un passé. Et ce n’est pas vraiment le cas des constructeurs chinois qui ont clairement envahi le Mondial, avec une vingtaine de constructeurs venus présenter à peu près tous les mêmes citadines ou SUV électriques dans une ambiance d’une autre époque, entre grands stands démesurés et brochures en papier.

On comprend alors que pour les européens, le rétro devient un argument de vente. Et s’il ne restait plus que cela pour résister aux chinois et faire la différence face à ces constructeurs qui suscitaient quelques moqueries lorsqu’ils venaient s’aventurer dans nos salons il y a une dizaine d’années et qui ne font plus du tout rire une industrie européenne qui, face à la tempête qui commence, a su cette semaine parler d’une seule voix au Mondial pour demander des garde-fous.

On y voit aussi un aveu de faiblesse. Les Chinois ont appris en un temps record à faire de bonnes voitures électriques, les européens décident donc d’évoquer de vieux modèles pour rappeler qu’ils savent faire des voitures depuis un siècle, même si elles ne sont plus si bonnes à voir les ratés de fiabilité de certains ou les piètres prestations électriques d’autres. Est-ce que le rétro devient la béquille de constructeurs européens malades ? Le discours marketing est en tous cas déjà bien rodé, on nous parle d’un héritage à faire vivre.

Alors qu’au cinéma est sorti une énième adaptation des Misérables, on a bien vu aussi dans l’automobile ces dernières années que ce sont dans les vieux pots… vous connaissez la suite. 20 ans après le retour réussi des Mini et Fiat 500, Renault fait un carton avec sa R5. Citroën s’y est longtemps refusé. Mais lorsqu’il en a pris les commandes courant 2025, Xavier Chardon a fait de la 2 CV une priorité, demandant à ses équipes de mettre au point le projet rapidement. L’affluence sur le stand Citroën dès l’ouverture ne peut que lui donner raison. Tant pis si c’est un peu trop facile mais il y cette fois eu trop de temps perdu face à la concurrence.

Gilles Vidal, qui a pris la tête du design européen de Stellantis, a tenu à rappeler que ces revival doivent avoir du sens. La 2 CV, c’est ainsi l’idée d’avoir la voiture simple et abordable à l’ère de l’électrique. Ressusciter un nom ne suffit en effet pas à donner une personnalité à une voiture. Reste que la future 208, sans être rétro, va faire des clins d’oeil appuyés à la 205. Est-ce que cela a encore du sens ?

On est encore loin de l’overdose Renault. Après avoir imaginé des revival des R5 et R4, le Losange a lancé une nouvelle Twingo inspirée de la première. Le patron du design avait alors assuré que la marque allait faire une pause dans la nostalgie. Sauf qu’au Mondial, on a donc le retour de la R8 puis celui de l’Espace. Si le premier est un exercice récréatif plutôt amusant, pour l’Espace, on commence à souffler et se dire que Renault n’a plus d’idée. Finalement, son stand et son programme du Salon donnent l’impression qu’il n’a plus d’inspiration. 

C’est intriguant car cela fait suite à de nombreux changements. Outre celui du DG, le responsable du design a aussi changé fin 2025. On imaginait donc découvrir au Mondial un concept qui montrerait sa vision de Renault pour les années à venir, de nouveaux codes esthétiques, un nouveau souffle. Si cette vision est un Espace néo-rétro, qui en plus revient à une catégorie à laquelle les Européens ne s’intéressent plus (et n’ont montré aucune volonté d’y revenir), il y a de quoi s’inquiéter.

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