EDF et Bolloré en concurrence pour construire un réseau national de recharge en France

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La Renault ZOE en charge sur une borne à Strasbourg
La Renault ZOE en charge sur une borne à Strasbourg

Les utilisateurs de voitures électriques n’osaient même plus en rêver : un grand réseau national de de bornes de recharge pour véhicules électriques serait sur le point de voir le jour en France.

D’après Les Echos, EDF et Bolloré se sont portés candidats pour la mise en place et la gestion d’un réseau de bornes de recharge en France, le vainqueur devenant ainsi « l’opérateur national ». La création de ce réseau devrait bientôt être validée par l’Etat.

Ce projet de réseau national serait piloté par Francis Vuibert, le remplaçant de Philippe Hirtzman (parti à la retraite), et serait mis en place dans le cadre de l’un des 34 plans de relance industrielle d’Arnaud Montebourg.

On sait encore peu de choses sur ce réseau national, si ce n’est que deux entreprises sont candidates : EDF et Bolloré. Se sont ainsi 1 000 à 5 000 bornes qui pourraient être déployées à terme, essentiellement en recharge accélérée.

« Nous comptons encore équiper deux à trois grandes métropoles françaises. En parallèle, il faut commencer à déployer des bornes sur les axes qui relient ces grandes villes », explique aux Echos Frédéric Dittmar, directeur général adjoint chez IER, filiale de Bolloré. « Il faudra en moyenne une borne tous les 100 kilomètres. On pourrait s’inspirer du maillage des stations service ».

Voilà en tout cas une initiative intéressante mais, comme toujours, on attend des précisions et des faits. Depuis des années, on nous promet des bornes de recharge par milliers et force est de constater que la réalité est tout autre. Seul Autolib a réellement relevé ce défi à ce jour en France.

J’espère que ce réseau de borne de recharge national viendra fédérer tous les acteurs déjà en place et ne se contentera pas d’être « un réseau fermé » venant cannibaliser les déploiements déjà effectués.

Quand je vois par exemple que Sodetrel refuse de partager les données concernant la disponibilité de ses infrastructures de recharge avec des acteurs du secteur comme ChargeMap (NDLR : dont je suis le fondateur), je me dis qu’il serait de bon ton qu’un réseau « national » de recharge soit plus ouvert et qu’il communique vers l’extérieur… J’espère également que ce réseau de recharge ne donnera pas lieu à un nouveau monopole financé par le contribuable…

Bref, cette initiative est bien entendu une bonne nouvelle, il reste à en préciser les contours et les intentions. Nous aurons certainement les premiers éléments de réponse la semaine prochaine, lors des Assises des Infrastructures de recharge…

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ALAINRVTil y a 12 ans

+1, tout à fait, l'ETAT a fait un premier pas avec les primes d'aide à l'achat, au privé de faire le reste, et malgré tout à l'Etat d'arrêter de subventionner le diesel !

triphaseil y a 12 ans

Moralité, c'est pas aux élus et collectivités de déployer des bornes, c'est au secteur privé. Qui en déploie aux USA? Tesla... Qui en déploie en Europe? Nissan un peu....

Les élus ne peuvent pas savoir quel type de borne installer et où. Trop compliqué, pas leur métier. C'est le "marché" qui saura mieux le faire. Par contre l'élu doit préparer le terrain réglementaire et fiscal. autoriser la revente d'électricité quitte à en fixer les modalités, inciter davantage à l'acquisition de VE (ou taxer davantage les carburants, combien de fois le répètera-t-on?) et les bornes viendront toutes seules. Nous savons ici que leur absence n'est pas un frein au développement initial des VE (jusqu'à environ 20% de parts de marché).

lucienlivioil y a 12 ans

Ce n'est pas l’automobiliste qui paye, c'est la collectivité. Et celle qui finance les infrastructures de charge (collectivité territoriale) n'est aujourd'hui pas celle qui fera des économies de santé publique demain (l’État). Donc si on voulait être logique, il ne faudrait pas que l’État ne paye que l'investissement des bornes de recharge mais qu'il finance aussi tout ou partie du déficit du service de recharge qui en découle. Là, ce serait cohérent.

Si on en revient aux collectivités, il y a certains élus qui croient à l'électromobilité. Ceux-là se seront probablement déjà lancés. Il y en a d'autres qui en entendent parler et se pose une question légitime : est-ce que c'est vraiment LA bonne solution ? Après tout, il y a pas longtemps, on disait que les agrocarburants, c'était super. Et quelques années années avant, on parlait du GPL. On a pu aussi parler du GNV. Bref, est-ce que l'électrique est LA solution (ce n'est pas moi qui pose la question, je me mets dans la peau d'un élus qui n'est pas spécialiste de la question).

Imaginons que l'élu en arrive à la conclusion logique que c'est une partie de la solution. Là, il commence à se renseigner et se rend compte qu'il y a de vagues histoires de standards de prises français et allemands et qu'il faudrait changer les prises en France et qu'il y aurait des débats sur les bornes de charge rapide avec plusieurs standards incompatibles. Là, il a besoin d'un Livre Vert (mis à jour, ce serait bien) pour s'y retrouver. Sinon qui va l'informer sur les conséquences de ses choix ? Comment va-t-il pouvoir prendre un peu de distance entre ce qu'il va entendre des industriels de son territoire et/ou des bureaux d'étude qu'il va rencontrer ?

Maintenant, qu'il sait quel type de prise et bornes installer, il demande une simulation économique. Et là... Alors que les collectivités doivent se serrer la ceinture sous l'effet de la double-peine actuelle (baisse des dotations de l'Etat + baisse des recettes de nombreux impôts en raison de la conjoncture économique), il devrait mettre en place des infrastructures qui vont entraîner des dépenses supplémentaires (les éventuelles recettes générées seront loin derrière les coûts de fonctionnement). Là, forcément, il s'interroge. Est-ce que c'est une vraie priorité ?

En résumé : mettons le Livre Vert à la poubelle et on aura encore moins de bornes que ce qu'il est prévu actuellement. Mettons-le à jour et, au moins, on peut espérer que la situation s'améliore.

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