Damien roule en Tesla Roadster depuis cinq ans : « C'est sans aucun doute la première voiture électrique de collection »

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Commercialisé à partir de 2008, le Tesla Roadster fait déjà office de « voiture de collection » dans le monde de la voiture électrique. Ce petit véhicule équipé d’un châssis modifié de Lotus Elise, de suspensions également inspirées de la Lotus et d’une carrosserie spécifique réalisée en fibre de carbone injectée par la société française Sotira, a quelque chose de particulier ! Nous avons échangé avec Damien, un Breton propriétaire de l’un des 2 680 exemplaires fabriqués il y a maintenant plus de quinze ans. Il nous raconte sa passion pour ce bolide.

Bien avant les Model S, Model 3, Model Y et Cybertruck, Tesla ne proposait qu’une petite sportive électrique produite en série limitée. À la fin des années 2000, le Roadster ressemblait presque à une anomalie : une voiture silencieuse, légère et performante, alors que les modèles électriques étaient encore majoritairement associés aux déplacements urbains. Plus de quinze ans plus tard, cette pionnière commence déjà à intéresser les collectionneurs. Damien, qui possède un exemplaire depuis environ cinq ans, en a fait une voiture de plaisir pour les beaux jours. Il a pris le temps de nous partager son expérience.

Spécifications du Tesla Roadster

  • Dimensions : 3 946 mm / 1 873 mm / 1 127 mm
  • Puissance : 292 ch
  • Couple : 400 Nm
  • Accélération de 0 à 100 km/h : 3,7 sec
  • Autonomie : 317 km
  • Capacité de la batterie : 56 kWh
  • Transmission : propulsion
  • Poids à vide : 1 240 kg

Une Tesla suivie depuis ses débuts

Damien ne s’est pas intéressé au Roadster par hasard. Passionné d’automobile et collectionneur, il avait suivi l’arrivée de Tesla et le lancement de son tout premier modèle. À l’époque, le pari de Tesla semblait encore bien incertain… Une jeune entreprise américaine inconnue au bataillon qui tente de démontrer qu’une voiture électrique peut procurer autre chose qu’une conduite sobre et silencieuse. Qui l’eût cru ?

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« J’ai suivi le lancement de cette marque iconique et de son premier modèle, le Tesla Roadster », nous explique-t-il. Plusieurs années après sa commercialisation, Damien finit par trouver un exemplaire qui avait toujours évolué au sein de collections privées. Il en fait l’acquisition en 2021. « Pas d’attrait particulier pour les motorisations électriques », nous avoue-t-il. Non, pour lui, le premier Roadster occupait surtout une place particulière dans l’histoire automobile. « C’est sans aucun doute le premier véhicule électrique collectionnable », estime-t-il, en insistant sur la faible diffusion du modèle.

Une voiture de collection que l’on peut encore utiliser

Avec seulement 10 000 km au compteur, le Tesla Roadster de Damien n’a évidemment jamais été utilisé comme une voiture du quotidien. Son propriétaire préfère le sortir avec parcimonie, principalement pendant les vacances et lorsque la météo bretonne se montre suffisamment clémente. L’utilisation se rapproche finalement davantage de celle d’un cabriolet ancien que d’une Tesla moderne. Pas question de lui faire enchaîner quotidiennement les trajets domicile-travail ou de parcourir plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par an. Le Roadster reste une voiture « réservée à des moments choisis », aux petites routes et aux sorties sans impératif particulier.

Damien ne cherche toutefois pas à conserver son exemplaire dans un garage sans jamais le faire rouler. À ses yeux, la voiture doit continuer à être utilisée. « Elle est parfaite pour les balades du week-end et les vacances », résume-t-il. Ses meilleurs souvenirs sont d’ailleurs liés aux promenades sur la côte d’Émeraude et ses villas de la Belle Époque ! Le contraste entre le silence de la mécanique électrique, les performances de la voiture et les paysages côtiers suffit à rendre chaque sortie particulière. « Le silence et la puissance de cette voiture sont toujours de grands moments ».

Des sensations différentes des électriques modernes

Ce qui fait le charme de ce Tesla Roadster de première génération, c’est avant tout son poids. Avec environ 1,2 tonne sur la balance, il est nettement plus léger que la plupart des voitures électriques actuelles. Cette légèreté s’explique par sa conception très particulière.

Pour développer son premier modèle, Tesla s’est appuyé sur la base de la Lotus Elise, dont il reprend une partie du châssis en aluminium ainsi que plusieurs éléments de suspension. La marque américaine a toutefois profondément modifié cette architecture pour intégrer la batterie de 56 kWh (capacité brute) et la chaîne de traction électrique.

Avec « seulement » 292 ch, le coupé deux places est capable de procurer d’excellentes sensations. Peut-être plus époustouflantes que celles offertes par les voitures électriques actuelles. Si on prend par exemple une Porsche Taycan, on a tout de suite un véhicule de plus de deux tonnes… Même le MG Cyberster s’approche gentiment des deux tonnes. C’est surtout en cela que le modèle de Damien appartient à une autre époque. Compact, léger et très bas, le Roadster privilégie une expérience plus directe.

« On utilise le Tesla Roadster comme on utiliserait un petit roadster de collection, avec la modernité et la fiabilité en plus », estime Damien. Une comparaison qui permet de comprendre l’attrait du modèle. Il ne s’agit pas nécessairement de rechercher les meilleures performances possibles, mais de profiter d’une voiture légère, originale et devenue extrêmement rare. Cette architecture impose néanmoins quelques concessions. L’accès à bord figure parmi les principaux défauts cités par son propriétaire.

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Comme dans beaucoup de petites sportives très basses, s’installer dans les sièges réclame un minimum de souplesse. Mais Elon Musk serait le premier à la dire : le Roadster n’a jamais été conçu pour faciliter les entrées et sorties répétées.

Une batterie toujours d’origine

Le point le plus sensible concerne la batterie. Celle du Roadster de Damien est toujours d’origine. Elle répond encore correctement à son usage occasionnel, ce qui n’empêche pas son propriétaire de constater une diminution de l’autonomie. Il estime pouvoir parcourir aujourd’hui de 200 à 250 km sur une seule charge. Lorsqu’elle était plus récente, la voiture pouvait en théorie dépasser les 300 km. Une baisse significative, mais qui ne remet pas en cause son usage ponctuel. Pour une sortie sur une journée, cette autonomie suffit.

Une traversée de la France serait en revanche nettement plus compliquée. Surtout que le Roadster n’accepte pas la recharge en courant continu… Cela peut sembler étonnant, mais au moment de sa commercialisation, les bornes de recharge rapide étaient quasiment inexistantes. Damien reconnaît que les longs trajets demanderaient davantage de temps et d’organisation. Il faut environ 10h pour passer de 0 à 100 % sur une borne de 7,4 kW ou 35 h sur une prise domestique. Pour un Roadster qui roule peu, cela n’est pas un problème.

Un entretien moins compliqué que prévu ?

Posséder un véhicule électrique aussi rare pourrait laisser craindre des difficultés pour l’entretien, les réparations ou l’approvisionnement en pièces détachées. Jusqu’à présent, Damien n’a rencontré aucun problème majeur à ce propos. Il me précise que sa voiture est suivie par le centre Tesla de Rennes, où elle bénéficie de contrôles réguliers. Mais « il n’y a jamais eu besoin de gros entretien », précise-t-il. Aucun élément particulier n’a dû être remplacé depuis qu’il possède la voiture. Encore heureux avec si peu de kilomètres…

Ce retour d’expérience ne permet pas de garantir que tous les exemplaires seront aussi faciles à conserver, mais il témoigne d’une certaine robustesse. Damien compte également sur la communauté qui s’est formée. Comme pour d’autres véhicules produits en petite série, les échanges entre passionnés peuvent aider à trouver des informations.

Le Roadster a modifié la perception de l’électrique

Sur la route, le premier Tesla Roadster ne passe pas inaperçu. Son gabarit, sa silhouette de petite sportive et son fonctionnement silencieux attirent l’attention. Damien évoque des réactions de curiosité ou de sympathie. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, sa voiture n’est pas systématiquement prise pour une Lotus Elise. Son propriétaire pense que le style spécifique du Roadster permet aux amateurs de reconnaître une Tesla.

Le modèle bénéficie aussi d’une image différente de celle des productions plus récentes de la marque. Sa rareté et son statut de pionnier lui permettent de susciter l’intérêt d’amateurs qui ne sont pas nécessairement séduits par les berlines et SUV électriques contemporains. Pour Damien, son importance dépasse d’ailleurs la seule histoire de Tesla. Le Roadster a contribué à modifier la perception de la voiture électrique. Il a prouvé qu’une telle motorisation pouvait équiper un véhicule sportif et désirable.

Bientôt la fin de l’aventure pour Damien

Après cinq années de propriété, Damien a toutefois décidé de mettre son Tesla Roadster en vente. La décision n’a rien d’évident. « Se séparer d’un véhicule est toujours difficile », reconnaît-il. Mais le fonctionnement d’une collection implique aussi de faire des choix. L’envie de découvrir un autre modèle atypique finit parfois par l’emporter sur l’attachement à une voiture que l’on connaît bien. La vente du Roadster doit donc lui permettre de poursuivre sa passion et de libérer une place pour une nouvelle acquisition.

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Damien ne possède actuellement aucune autre voiture électrique. Il suit néanmoins avec intérêt l’éventuelle arrivée de la nouvelle génération du Tesla Roadster. À ses yeux, ce futur modèle pourrait largement dépasser les performances de son prédécesseur sans lui enlever son importance historique. Bien au contraire. Le lancement d’un nouveau Roadster rappellerait que l’aventure Tesla a commencé avec cette petite sportive électrique. Et renforcerait peut-être encore le statut de la première génération : celui d’une pionnière qui a contribué à faire entrer la voiture électrique dans une nouvelle ère.

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