Bonus pour les voitures électriques : l'Allemagne prend le contre-pied de la France avec cette nouvelle règle

La suite de votre contenu après cette annonce

Après avoir reculé en 2024, puis avancé à tâtons en 2025, l’Allemagne remet le paquet avec un vrai bonus pour les voitures électriques en 2026. Contrairement au gouvernement français, le Bundestag décide de ne pas faire de favoritisme à propos de l’origine des modèles. Une aubaine pour les marques chinoises.

Après l’arrêt brutal des aides fin 2023, l’Allemagne assume aujourd’hui un virage à 180 degrés. Avec un budget global de 3 milliards d’euros, le nouveau programme de soutien à l’achat de voitures électriques marque le retour d’un bonus digne de ce nom. Nos voisins Allemands mettent le paquet pour relancer le marché automobile. En 2024, les ventes de voitures électriques avaient chuté de 27 % après la suppression des subventions fédérales.

Un bonus entre 1 500 et 6 000 euros

Contrairement aux dispositifs temporaires ou expérimentaux déployés ces derniers mois, Berlin mise cette fois sur un cadre pluriannuel. Les aides seront accessibles jusqu’en 2029 et concerneront théoriquement 800 000 véhicules. Les conducteurs peuvent prétendre à une aide dont le montant est compris entre 1 500 et 6 000 euros selon le type de motorisation, les revenus du foyer et la composition familiale. Comme en France, l’idée est de cibler en priorité les ménages à revenus faibles et intermédiaires, souvent considérés comme les grands oubliés de la transition électrique.

À lire aussi
Après les électriques, l’Europe veut aussi taxer les voitures hybrides chinoises

La prime de base est de 3 000 euros pour les voitures 100 % électriques, et de 1 500 euros pour les hybrides rechargeables et les véhicules à prolongateur d’autonomie. Ensuite, tout dépend du revenu imposable du foyer. Le seuil est fixé à 80 000 euros par an, avec une majoration de 5 000 euros par enfant, dans la limite de 90 000 euros. En dessous de 60 000 euros, une aide supplémentaire de 1 000 euros s’applique, portée à 2 000 euros pour les ménages gagnant moins de 45 000 euros. Les foyers avec un enfant de moins de 18 ans bénéficient aussi d’une aide de 500 euros. Un supplément plafonné à 1 000 euros.

Bref, c’est assez technique, mais dans les cas les plus favorables – c’est à dire une famille avec deux enfants (ou plus) de moins de 18 ans, ayant un revenu de référence inférieur à 45 000 euros – le bonus peut ainsi atteindre 6 000 euros pour une voiture 100 % électrique ou 4 500 euros pour un PHEV ou un EREV. Enfin, le nouveau programme comprend également un allègement fiscal pour les véhicules électriques prolongé jusqu’en 2035.

Pas de barrière pour les Chinois

Mais la grande surprise, c’est l’absence totale de favoritisme (ou de discrimination, comme vous préférez) selon l’origine des véhicules. Pour dire les choses autrement, tous les modèles électriques neufs immatriculés en Allemagne à partir du 1er janvier 2026 sont éligibles, y compris ceux produits hors d’Europe. On est loin de l’éco-score à la française !

Et cette décision semble parfaitement assumée par Berlin. En effet, le ministre allemand de l’Environnement, Carsten Schneider, a déclaré ce lundi en conférence de presse qu’il ne voyait « aucune preuve de cet afflux massif supposé de constructeurs automobiles chinois en Allemagne, ni dans les chiffres ni sur les routes, et c’est pourquoi nous faisons face à la concurrence et n’imposons aucune restriction ».

Stratégie opposée avec celle de la France

Vous l’aurez deviné, cette position tranche avec celle adoptée par Paris. Chez nous, le bonus écologique et le leasing social intègrent des critères environnementaux et industriels qui excluent de facto les modèles fabriqués en Chine. Officiellement, « la bonification est réservée aux voitures particulières électriques les plus vertueuses, c’est-à-dire celles atteignant un seuil minimal au score environnemental ».

En Allemagne, le raisonnement est différent. On priorise l’accès des ménages à la voiture électrique, quitte à ouvrir grand la porte aux constructeurs étrangers.

Pour les marques chinoises comme BYD, MG, Zeekr ou Nio, le signal est clair. Déjà bien positionnées sur l’ensemble des segments, elles pourraient bénéficier pleinement de ce nouveau bonus, notamment auprès des foyers sensibles au prix. Un avantage compétitif non négligeable sur un marché allemand historiquement dominé par les groupes nationaux, mais aujourd’hui en pleine recomposition.

Cet article vous a plu ? Rejoignez la discussion !

Accéder au forum
Patoche_68il y a 3 mois

Encore un bonus pour des PHEV et EREV en 2026, c'est vraiment regrettable.

7

Zekil y a 3 mois

il y a UNE grosse difference avec la france , c est un programme pluriannuel , chez nous en decembre on ne sait meme pas ce qui vas se passer pour l année d apres .... on change de gouvernementcomme de chemise, comment voulez vous avoir une plannification sur le long terme ?

Lecornu2 toujours en cours, deja 3 mois....
27 jours pour Lecornu1
9 mois pour bayrou
Barnier 3 moispresque 8 mois pour Attal1 an et 7 mois pour Borne
en 3 ans, on as eu 5 changements ( 6 si on compte Lecornu en double ) ...et cest bien partit pour recommencer encore une fois
apres sur la préférence ( ou non discrimination ) , un VE etranger reste un VE, donc une thermique de moins sur les routes pour les 15 prochaines années ,mais pourquoi diable favoriser encore l hybride ?

4

perlybirdil y a 3 mois

Ce qui est important pour les constructeurs allemands, c'est d'atteindre leur quotas en électriques, donc il faut rendre les électriques plus attractifs par rapport aux thermiques. Le segment des petites voitures est moins représenté dans les ventes globales qu'en France, ça ne va pas changer même avec ses incitations. L'absence de discrimination envers les modèles chinois vient du fait que les constructeurs allemands sont aussi eux même exportateurs en chine et coopèrent où ont tous des Joint Ventures avec des groupes chinois. Pour eux les barrières commerciales sont donc aussi des problèmes. Certaines voitures comme par exemple la mini cooper électrique sont construites en chine. Cela dit les constructeurs francais ont aussi des coopérations avec des groupes chinois mais vu qu'ils sont moins présent à l'export sur le marché chinois et le positionnement commercial plus orienté vers le bas ou milieu de gamme les rends plus sensibles à l'arrivée des chinois ayant un avantage de coût, d'où une position plus défensive sur le marché intérieur francais.

3

Nos guides