Si la plupart des électromobiliens peuvent placer les débuts commerciaux de la Volkswagen e-Golf en 2013 sur la frise du temps, l’histoire de la Golf électrique commence bien plus tôt, avant même l’apparition du modèle thermique sur les routes.

Lancée en 1974

Lorsque Volkswagen lance sa Golf en 1974, conçue pour rouler à l’essence ordinaire, la marque tente de tourner la page en Europe de toute une gamme de modèles à propulsion construits autour de solides moteurs à plat refroidi par air et implanté à l’arrière. Ainsi les Coccinelle et Combi bien connus, mais aussi des engins qui tombent peu à peu dans l’oubli car bien moins répandus sur les routes en France : 1500 et 1600 2 portes Notchback, Fastback et Variant ; 411 et 412 à 2 et 4 portes ; 181 aux allures militaires.



Un an plus tôt, en 1973, le premier modèle à traction de Volkswagen, repris à NSU qui venait d’être acheté par VW, quittait déjà la scène, n’ayant pas réussi à convaincre les automobilistes : c’est la K70, qui cède la place à la Passat. Tout comme la Golf, cette dernière continue à écrire son histoire pas loin de 50 ans après.

Ce que l’on sait en revanche assez peu, c’est que Volkswagen a commencé à mener des recherches sur les véhicules à propulsion électrique dès le début des années 1970.

Combi électrique : 1972

En 1972, en collaboration avec l’énergéticien allemand RWE, l’équipementier Bosch (moteur et électronique de puissance), et le fabricant de piles et batteries Varta, Volkswagen présente un Combi électrique.

Le seul poids de ses éléments au plomb (850 kilos), logés dans un espace sous le plancher surélevé d’une cinquantaine de centimètres, dépasse celui d’une Cox (entre 660 et 800 kg selon modèles produits entre 1938 et 2003). De quoi réduire très nettement le volume utile du fourgon qui pèse désormais 2,2 tonnes.

Le pack alimente un modeste moteur électrique de 16 kW de puissance. A comparer aux 13 kW du Renault Twizy 80, et aux 49 kW de la Peugeot iOn.

Un modèle expérimental que ce Combi électrique ? Pas selon Volkswagen qui assure l’avoir réellement commercialisé pendant plusieurs années. Au total, 120 exemplaires de l’engin ont été produits sous différentes présentations de carrosserie.

Golf électrique : 1976

Seulement 2 ans après son lancement, le constructeur allemand installait sur quelques caisses de Golf des groupes motopropulseurs électriques. Juste quelques véhicules d’essai conçus sur fond de crise pétrolière ouvrant les consciences aux risques de problèmes majeurs d’approvisionnement en pétrole.

Sous le capot de l’Elektro Golf I, le bloc essence a été remplacé par un moteur électrique couplé à la boîte à 4 vitesses d’origine. Un espace a été trouvé pour loger le chargeur intégré qui, via une prise domestique 220 V, régénérait en 12 heures environ les batteries de 16,6 volts. Quatre personnes pouvaient prendre place à bord de ces engins dotés d’une autonomie de 60 kilomètres.



Ces travaux vont servir de base à une expérimentation menée par RWE via la société GES (Gesellschaft für elektrischen Straßenverkehr = Société pour une mobilité électrique). Dans ce cadre, 25 CityStromer – des Golf électriques, ont été construites, testées, puis utilisées à titre privé par des collaborateurs de RWE.

Golf II : 1985

En 1985 a été dévoilée une deuxième génération de CityStromer basée sur la Volkswagen Golf 2. Cette fois-ci, 70 exemplaires de la nouvelle mouture ont été construits en reprenant l’architecture de la précédente.

Selon Volkswagen, ils ont d’abord subi une série de tests au sein de grandes entreprises liées au secteur de l’énergie, en Allemagne. Leurs commerciaux qui les utilisaient fournissaient au constructeur des informations sur le comportement des véhicules au quotidien.

Puis ces derniers ont été revendus à des particuliers. Je me souviens en avoir vu passer sur le site Web de ventes aux enchères eBay, il y a une dizaine d’années.

Golf III : 1993

L’histoire s’est poursuivie en 1993 avec la production de 120 unités électriques sur la base de la Golf 3, en collaboration avec Siemens.

Avec elles, les performances montent d’un cran. Pas plus de 90 minutes pour recharger à 80% les batteries. L’autonomie passe à 90 kilomètres… pour une vitesse constante de 50 km/h. Ces modèles étaient équipés du freinage régénératif.

Volkswagen souligne que des véhicules dotés de cette architecture – Golf et Combi électriques – ont été exploités jusqu’en 1996 dans le cadre d’une expérimentation en situation réelle, sur une île en mer Baltique.

La Golf Blue-e-Motion ouvre la voie à la e-Golf…

Avec la Golf Blue-e-Motion, on saute quelques générations du modèle qui donne sa base. Nous en sommes à la sixième pour cette compacte allemande. La déclinaison électrique est dévoilée par Volkswagen au sommet 2010 de la mobilité électrique de Berlin. Elle a été construite dans le cadre d’un essai pour une flotte, en préproduction.

Les progrès réalisés sont considérables, préfigurant la future e-Golf connue sur l’actuel marché branché. Elle embarque ainsi un pack lithium-ion, dispose de 3 modes de conduite qui jouent sur l’autonomie et la vivacité de l’engin, accepte la recharge rapide, etc.

…et à l’ID.3

Trois ans plus tard, le constructeur allemand lançait la production de la e-Golf réalisée sur la 7e génération de Golf. Désormais, un automobiliste peut compter sur une autonomie de 250 kilomètres dans de bonnes conditions, et sur un puissant moteur de 100 kW avec 270 Nm de couple.

Volkswagen souhaite dorénavant passer à une autre dimension dans l’écosystème de la mobilité électrique. Ses futurs modèles branchés seront regroupés au sein de la famille ID, dont l’ID.3 sera la première déclinaison, en prolongement direct de toute cette lignée de Golf électriques.