AccueilArticlesVoiture électrique : les bornes de recharge toujours en décalage en France

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En un trimestre, le nombre de points de recharge ouverts au public a progressé de 7 %. C’est cependant insuffisant au regard de la progression des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

33 363 points ouverts au public

L’Avere-France dénombrait au 1er mai 2021 quelque 33 363 points de recharge ouverts au public. Contre 31 206 il y a 3 mois. Soit 6,91 % de progression. L’association avait alors relevé 8 % de mieux par rapport à novembre 2020.

Si le nouveau baromètre témoigne que le maillage progresse bien en France, le rythme a été un peu moins soutenu ces derniers mois. Et surtout, il n’est pas du tout à la hauteur des ventes des 86 355 voitures électriques et hybrides rechargeables neuves enregistrées sur la même période.

« Une accélération paraît de plus en plus nécessaire au regard de la détérioration des ratios du nombre de véhicules par point de recharge », a commenté Cécile Goubet.

PDR en France 2021
PDR en France 2021

Une nouvelle dynamique arrive

La déléguée générale de l’Avere-France reste cependant confiante. Pour elle, « la révision du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques devrait ouvrir une nouvelle dynamique ».

Elle note également que 90 % des ravitaillements en énergie s’effectuent à domicile ou sur le lieu de travail. C’est dans les entreprises que les points de recharge sont les plus nombreux : 232 990 unités, soit 52 % des PDR privés et publics recensés en France. L’Avere-France en compte 185 450 chez les particuliers (41 %).

7 % des points de recharge privés et publics

Ceux ouverts au public ne représentent que 7 % de tous les points de recharge privés et publics recensés en France. Ils sont situés à 40 % en voirie et autour les sites publics, sur les parkings (37 %), et dans les entreprises dont les commerces (23 %). Pour rappel, en 2014, ces PDR n’étaient qu’au nombre de 8 600.

PDR en France 2021
PDR en France 2021

Selon les chiffres obtenus du Gireve par l’Avere-France, les 33 363 points ouverts au public se répartissent en 8 548 PDR pour la recharge normale inférieure à 11 kW (25,62 %), 22 163 pour une puissance comprise entre 14 et 22 kW (66,43 %), et 2 652 sur des chargeurs rapides 24-130 kW (7,95 %).

La progression sur les 3 derniers mois est davantage marquée avec ces derniers : +26 %, contre +6 % avec la recharge AC. L’association note que seulement 569 points de recharge délivrent à la fois du courant alternatif et du courant continu.

De la Corse à l’Île-de-France

C’est bien sûr en Île-de-France que le plus de points de recharges ont été ouverts (5 333) et que les nouvelles immatriculations en voitures électriques (7 514) et hybrides rechargeables (10 837) ont été les plus élevées. Soit un ratio d’un nouveau PDR pour près de 3,5 nouveaux véhicules.

La région affiche au final toujours l’une des moins bonnes performances pour la France : 1 PDR pour 15,3 véhicules 100 % électriques en circulation sur le territoire. Seule la Corse fait pire : 1 PDR pour 31,1 VE. Elle a enregistré respectivement 472 et 438 nouvelles immatriculations en voitures électriques et hybrides rechargeables.

Les meilleurs ratios sont toujours observés dans les mêmes régions : 1 PDR pour 8,6 véhicules 100 % électriques en circulation en Bretagne, 8,7 dans la région Centre-Val de Loire et 9 pour l’Occitanie.

PDR en France 2021
PDR en France 2021

Source :  Avere-France

Avis de l'auteur

Avec la volonté de déployer rapidement la recharge rapide, on comprend pourquoi le gouvernement a pris la décision de précipiter la fin du standard CHAdeMO. Plusieurs milliers d’euros économisés ainsi par chargeur rapide, ça représente une belle somme en moins à sortir sur plusieurs milliers de bornes. Ce choix n’est cependant pas de nature à fiabiliser le réseau de recharge. Sur son site Internet, l’association CHAdeMO rappelle qu’environ 1 million de véhicules circulent en Europe équipés pour ce standard. Le fourgon Nissan e-NV200, par exemple, est particulièrement apprécié des entreprises de messagerie pour son relativement faible encombrement et son beau volume de transport. Son élan va se retrouver coupé par la révision du décret n° 2017-26. En cas de panne ou de vandalisme, les opérateurs vont-ils maintenir ce standard, ou préférer faire des économies ? Surtout si l’équilibre financier n’est pas encore au rendez-vous. En bref, je ne suis pas du tout serein sur l’actuel déploiement du réseau de recharge qui va forcément laisser sur le bord de la route des automobilistes. Quand on s’attend à pouvoir profiter d’un réseau jusqu’en 2024, sous la garantie du gouvernement, le trouble est forcément jeté sur l’ensemble de la mobilité électrique. Et changer de modèle de voiture électrique n’est pas simple pour beaucoup. Voilà comment la déception peut naître et faire rebrousser chemin à bien des personnes mises en difficulté.

Philippe SCHWOERER

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Majorfatalil y a 5 ans

C'est la bonne conclusion, mon gendre possède une TM3 dual motors, et n'est jamais en difficultés de charge… son parcours fréquent Paris/Savoie…

olivtrainil y a 5 ans

C'est sûr ces 2 points qu'il faut travailler.


En 1 an nous avons fait 12000 km avec notre Zoé 50 R135 avec CCS qui n'est pas un foudre de guerre de la recharge DC. Nous avons rencontré de temps en temps des PB de recharge. Mais nous avons toujours trouvé des solutions pour faire ce que nous voulions. Il y a suffisamment d' applications pour donner un coup de main.

Oui il y a encore du travail à faire sur les infrastructures de charge. L'on essuie encore les plâtres. Mais ce n'est rien par rapport à ce qu'il avait il y a 10, 6 ou 4 ans. Les choses avancent. Il ne faut pas désespéré.

Non nous ne reviendrons pas au VT.

Les infrastructures avance. Les capacités de batterie et l'efficience des VE aussi. Les charges en DC vont de plus en plus vite. Le 800 V en DC vas sûrement faire sa place.

Si personne ne travaillait sur ces sujets. Nous pourrions nous faire du mouron.
Mais ce n'est pas le cas. C'est un course technologique et économique que beaucoup veulent gagner. Cela fait avancer les choses.

Oui les constructeurs français ne s'implique pas suffisamment ou pas du tout dans les infrastructures de recharge. Les clients n'ont qu'à leur faire comprendre...

CLINMIROil y a 5 ans

Je partage tout à fait la conclusion de Philippe Schwoerer, pas de quoi être serein en effet hors Tesla. Je trouve aussi que nos constructeurs hexagonaux sont juste un peu gonflés, BMW, Mercedes, VW, ont créé le consortium Ionity, rejoints par Hyundai, ils construisent donc leur réseau, à leurs frais comme Tesla (que tous ceux-là ont refusé de rejoindre à l'époque)... Mais nos champions, Renault et PSA (et Opel) attendent que le gouvernement, c'est à dire nos impôts, financent le réseau en France, ben voyons, comme cela on peut gaver davantage les actionnaires en pompant dans la poche de tous les automobilistes, électrifiés ou pas (surtout)... alors, pleurer que les kwh de Ionity sont chers, c'est quand même normal... ce serait trop facile de compter sur les autres pour faciliter ses ventes... politique du coucou...
En attendant, je me félicite à chaque instant d'avoir tapé dans mes économies pour financer ma TM3 SR+ (et le réseau qui va avec), là je viens de profiter de la liberté accordée par Macron pour descendre dans la famille, Alsace > Côte d'azur, 1834kms exactement aller-retour, sans l'ombre d'un souci de recharge, toujours aux superchargers, et sans passer par les autoroutes (sauf en suisse, par Bâle - Genève, où le péage n'est pas une arnaque comme en France).

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