A l’occasion d’EVS 32, Automobile-Propre revient sur le lancement de Dreev et sur ses ambitions sur le marché naissant du V2G.

Si le V2G – ou charge bidirectionnelle – apparaît aujourd’hui comme une technologie lointaine pour beaucoup d’entre nous, les choses pourraient très rapidement s’accélérer dans les années à venir. Ne souhaitant pas rater le coche de ce nouveau business prometteur, EDF prend les devants et se lance officiellement avec Dreev, une structure fondée conjointement avec Nuvve.

Nuvve ? Une société d’origine californienne qui ne parle pas forcément aux néophytes mais qui est aujourd’hui reconnue comme l’un des pionniers du V2G. « Ils ont inventé ce concept il y a plus de dix ans et développé une technologie qui tourne aujourd’hui aux Etats-Unis et au Danemark avec des offres commerciales » nous précise Eric Mévellec, directeur général de DREEV et ancien directeur IOT (Internet of Things) de Sowee, une autre filiale d’EDF.

« On a ‘partenarié’ pour couvrir les pays sur lesquels EDF est fort : la France, l’Angleterre, la Belgique et l’Italie afin de proposer des offres commerciales de V2G et de smart-charging aux clients d’EDF » poursuit-il. Une joint-venture qui, pour EDF, s’inscrit dans le cadre du Plan Mobilité Electrique annoncé par le groupe en octobre dernier.

Quand la voiture alimente le réseau

Inconnue pour certains, compliquée pour d’autres… la technologie V2G, où « Vehicle to grid » (du véhicule au réseau) est pourtant considérée comme essentielle par bon nombre d’experts et doit permettre au réseau d’absorber plus facilement les centaines de milliers de voitures électriques attendues dans les prochaines années. Mieux ! Le V2G pourrait faire passer la voiture électrique d’une contrainte à une opportunité pour le réseau électrique.

« Le V2G c’est quelque chose qui permet de changer de paradigme. Avant, rouler cela coûtait. Beaucoup en véhicule thermique, un peu moins en véhicule électrique. Cela va devenir gratuit voire même cela va rapporter de l’argent avec le V2G » résume notre interlocuteur qui part de deux constats : le véhicule électrique dispose d’une batterie et il reste 96 % du temps statique. « Quand il est statique, on va – avec l’autorisation du client et sous réserve de bien respecter ses besoins de mobilité – piloter intelligemment la batterie selon un certain nombre de messages et de signaux du réseau. Il s’agit de valoriser la capacité de la voiture électrique à charger et décharger l’énergie » explique le représentant de Dreev. « Cette valeur, on va la partager avec le client à la fin du mois. Jusqu’à 20 euros par véhicule et par mois » chiffre-t-il.

Entreprises et collectivités

Pour commencer, Dreev se focalise sur les flottes d’entreprises et les collectivités. « On est sur un chargeur 11 kW. Notre objectif, c’est que le chargeur soit proposé à un prix similaire à un autre chargeur du marché » explique Eric Mévellec.

Dreev est ainsi prêt à réduire ses marges pour séduire les professionnels. « L’enjeu c’est d’embarquer les clients dans cette histoire, de leur faire comprendre les bénéfices. Il s’agira de pionniers qui vont nous permettre de montrer aux autres qu’au lieu d’être un coût c’est un bénéfice pour eux » poursuit notre interviewé.

Pilotable par smartphone

Dreev est en mesure de proposer une solution adaptable au client et facilement pilotable par le biais d’un smartphone.

« L’application mobile est importante car il faut que le client puisse exprimer ses besoins de mobilité. L’idée c’est que lorsqu’il prend sa voiture elle soit rechargée avec autant de kilomètres dont il a besoin » précise Eric Mévellec. En pratique, l’utilisateur peut configurer l’appli en indiquant ses besoins pour la semaine à venir. Via une API, le système peut même se connecter à l’agenda de l’utilisateur pour définir automatiquement ses besoins.

Un système qui gère bien évidemment les besoins exceptionnels. « A tout moment et pour avoir le plus de flexibilité possible, on peut avoir une charge d’urgence en cas de trajet imprévu. En appuyant sur un bouton, cela met en charge au maximum de la puissance » complète-t-il.

Quid du particulier ?

Pour le particulier, il faudra encore attendre un peu. « Ce sera dans les deux trois années qui viennent » estime notre interlocuteur. Le temps de profiter des retours des flottes pour optimiser et améliorer les algorithmes mais aussi de voir arriver de nouveaux standards.
Car aujourd’hui, seule la technologie CHAdeMO autorise la charge bidirectionnelle avec des possibilités finalement assez limitées côté véhicules. D’ici quelques années, le choix sera plus large puisque le Combo devrait aussi intégrer le V2G à son standard.

Au-delà de ces deux normes en courant continu (DC), l’utilisation du V2G en courant alternatif (AC) s’annonce également très prometteur et plus axé sur un usage grand public. A EVS, Renault présentait une ZOE équipée d’un chargeur bidirectionnel AC en 7 kW. Une technologie expérimentale que le constructeur pourrait proposer sous forme d’option d’ici deux à trois ans avec un surcoût marginal côté chargeur…

Et vous ? Que pensez-vous de cette technologie V2G ? Seriez-vous prêt à franchir le pas ? N’hésitez pas à nous donner votre avis dans les commentaires et à répondre au questionnaire ci-dessous.