Avion d'affaires électrique Alice : la « Tesla des airs »

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Un jet privé 100% électrique capable de transporter 9 passagers sur près de mille kilomètres. Voici les caractéristiques d’« Alice », l’appareil développé par une start-up Israélienne et dont le prototype est présenté au Salon du Bourget. La petite entreprise compte aller très vite : elle prévoit ses premiers vols commerciaux pour 2021.

« Utopique », « Techniquement irréalisable », les critiques qui risquent de pleuvoir sur la start-up Israélienne EViation ne seront certainement pas tendres. Mais elle n’y répondra probablement pas, trop occupée à accélérer le développement de son jet privé entièrement électrique. Il faut dire que le défi est ambitieux, l’« Alice » va devoir remporter des prouesses technologiques monumentales pour concilier l’aviation et l’électrique.

Comme les frères Wright au début du siècle dernier, EViation est partie d’une feuille blanche pour développer son premier modèle. Un petit jet privé non pressurisé de 9 passagers et 2 pilotes pour 12m de long et 13,5m d’envergure. Des dimensions comparables à celles du populaire avion d’affaire Cessna Citation Mustang.

Un pack de batteries lithium-aluminum de 980 kWh

La comparaison s’arrête ici puisque l’Alice embarque 980 kWh de batteries « lithium-aluminium-fusion » et trois moteurs à propulsion distribuée de 280 kW. Le moteur principal à l’arrière est épaulé par les deux autres situés aux extrémités des ailes pour diminuer la traînée. Des caractéristiques qui devraient lui permettre de parcourir jusqu’à 600 miles (965km) à un plafond de 10 000 pieds (3000 m d’altitude) et une vitesse de 440 km/h d’après son constructeur.

Batteries oblige, l’appareil pèse plus lourd que ses concurrents au kérosène. La masse totale autorisée au décollage de l’Alice est de 5,9 tonnes contre 3,9 pour le Cessna Citation Mustang. Un surpoids qui ne semble pas être un obstacle pour la start-up puisqu’elle s’apprête à passer aux phases de certifications et commercialisation dès 2018. Eviation espère réaliser ses premiers vols commerciaux en 2021.

« Tesla des airs »

Le jet électrique ne tardera pas à être qualifié de « Tesla des airs » puisqu’il est équipé du pilotage autonome -à ne pas confondre avec le pilotage automatique- mais devra attendre les autorisations des autorités pour l’exploiter. Il devrait être proposé autour d’1,4 millions de dollars au prix catalogue. Un tarif étonnamment bas puisque le Cessna Citation Mustang, pourtant parmi les jets privés les moins chers du marché, coûte environ 2,5 millions de dollars.

A ce prix, les futurs propriétaires se contenteront de la version de base, qui devrait principalement être employée par des services de taxi aérien. Les acheteurs les plus aisés devront débourser 500 000 dollars supplémentaires pour s’offrir la déclinaison luxueuse de l’Alice. Dédiée à l’aviation d’affaires, l’appareil sera capable de décoller depuis n’importe quel terrain d’aviation. L’Alice « ER » sera pressurisé pour opérer à un plafond de 28 000 pieds (8500 m d’altitude) à une vitesse de 460 km/h et atteindra les 1300 km d’autonomie.

Une version drone cargo de seulement 250 kg

Enfin, une version « drone » de l’appareil va être proposée. Sans aucun pilote ni passager, l ‘« Orca » pourra décoller depuis des pistes d’à peine 30 mètres de long grâce à sa masse maximale au décollage de 250 kg.

Il sera capable de transporter un chargement de 50kg sur 800 km à une vitesse de 327 km/h et de « rester dans les airs pendant plus de huit heures ».

Coûts d’exploitation en vol insignifiants

Selon les ingénieurs, fondateurs et dirigeants d’EViation Omer Bar-Yohay et Aviv Tzidon, le coût d’exploitation en vol de l’Alice serait de seulement 0,10 dollars par mile (1,6 km), contre environ 2$ pour le Cessna Citation Mustang.

« Imaginez pouvoir voyager à-la-demande depuis l’aérodrome le plus proche au prix d’un billet de train » se vante alors le constructeur. De très faibles coûts d’opération qui auraient déjà intéressé quelques compagnies et fournisseurs de mobilité comme Uber.

Eviation est soutenu par le programme de mobilité à-la-demande de la NASA et les comités sur l’aviation électrique du spécialiste de l’aviation d’affaire GAMA et de l’autorité de régulation aérienne Américaine FAA. Le prototype est visible jusqu’au 25 juin au stand A8 du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace au Bourget.

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Thierryil y a 7 ans

Salut! Je tombe sur cet article très intéressant paru IL Y A 2 ANS et surtout les commentaires effarants qui le suivent.
(
Voilà typiquement l'esprit du web mais pire, l'esprit qui gangrene notre pays. Des gens qui balaient d'un revers de main en un commentaire, le travail, les années de recherches, d'une équipe de haut niveau et dans le cas présent soutenu par la NASA... Youhouuuu par la NASA!!! Vous pensiez vraiment que la nasa allaient soutenir un tel projet sans avoir en amont estimer sa crédibilité?
Aujourd'hui cette boîte est dans les temps, elle a testé son hélice avec les moteurs fournis par son partenaire depuis des mois avec des résultats largement conformes aux attentes aux dire de l'un de ses boss... Ils vont evidemment trouver leur marché.
Bref la question n'était pas tant de deviner si ça allait marcher pour eux, ce n'est par ailleurs pas encore gagné me direz vous, mais au moins d'y croire et d'accorder le bénéfice du doute. Combien de projets sont écartés dans notre pays tous les jours faute de vision optimiste?
Par exemple Je pense que le Space X de Musk qui rebat les cartes d'une industrie ultra fermée, n'aurait jamais ô grand jamais vu le jour en France.

En fait les ingénieurs, investisseurs, tous les rêveurs porteurs de projets sont idiots de se lancer dans de telles oeuvres, il suffit tout simplement de lire un forum internet et tous les érudits qui le font vivre, pour savoir si ça vaut le coup de se lever le matin! ;)

Les journalistes de ce site doivent faire preuve de beaucoup de courage pour supporter les "je sais tout" au quotidien. Puissent ces devins de tous bords ne pas agir de la sorte face à leurs propres projets d'avenir. :)
Bisous malgré tout!
Thierry. :)

philouze33il y a 9 ans

bon courage pour la certif avec des moteurs en bout d'aile donc la mort assurée par toupie enchantée - au lieu d'une redondance - en cas de défaillance d'un seul des deux moteurs ?
AMHO va falloir au moins la certif d'un OSPREY pour avoir le droit d'emporter le premier passager

perlybirdil y a 9 ans

Cela fait longtemps que je n'ai plus fait les calculs, mais si je me rappelle bien, la finesse max est indépendante de la charge alaire (par contre la vitesse de finesse max dépend elle principalement de la charge alaire: donc on pourrai "en théorie" faire voler beaucoup plus vite un planeur à finesse max identique en le chargeant comme un malade...

Pour la vitesse mini, la forme particulière du fuselage va entraîner un écoulement de type aile delta à forte incidence, du moins pour la partie centrale de l'aile, donc le comportement au décrochage risque d'être très particulier et intéressant à étudier ;)

Le concept a en tout cas des idées très intéressantes et innovatrices au niveau aérodynamique, meme si cela semble un peu utopique. (personne n'a parlé par exemple de la position de l'hélice arrière lors de l'atterrissage...)

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