Tesla fabrique des voitures qui consomment de l’énergie, mais commercialise aussi des moyens de produire de l’électricité de source renouvelable et de la stocker. D’où un impact global particulièrement vertueux que le constructeur souhaite mettre en avant.

4 millions de tonnes de CO2 sauvés

Avec 550.000 Tesla vendues, qui ont au total parcouru 16 milliards de kilomètres, Tesla estime avoir permis d’éviter de rejeter 4 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

En parallèle, le réseau de superchargeurs maison a fourni plus de 595 GWh d’énergie. Ce qui aurait permis d’économiser plus de 284 millions de litres d’essence.

Tesla chiffre à 5,26 TWh l’énergie totale consommée par l’ensemble du parc des véhicules en circulation de sa marque. Le constructeur met en perspective un nombre 2,5 fois plus grand : les 13,25 TWh produits par ses installations solaire actives.

« Cette quantité d’énergie pourrait assurer la consommation annuelle d’électricité résidentielle pour l’ensemble du Connecticut. Sur les 35 ans d’exploitation prévus, ces installations solaires devraient générer 86,5 TWh d’énergie, soit suffisamment d’électricité pour alimenter la totalité de Washington DC pendant près de 10 ans », commente Tesla dans son rapport.

Durable

« Nous envisageons un monde alimenté par l’énergie solaire, fonctionnant sur des batteries et transporté par des voitures entièrement électriques », indique Tesla. D’où une vision d’ensemble qui fait l’originalité du constructeur américain.

A son catalogue, différents systèmes qui permettent aux automobilistes branchés, aux entreprises et aux collectivités de produire et stocker de l’électricité de source solaire. Dans ce dernier rôle, Powerwall destiné aux particuliers, et Powerpack adaptable à l’infini pour des exploitations plus importantes.

En exemple, Tesla cite l’île hawaïenne de Kauai ou un générateur photovoltaïque (13 MW) est associé à un système Powerpack (52 MWh) dans la perspective de fournir la moitié de l’électricité du territoire insulaire avant la fin de la présente année 2019.

Fiabiliser le réseau

Le constructeur souligne que ses systèmes peuvent aussi améliorer la fiabilité du réseau électrique. Ainsi, en cas de panne de ce dernier, les dispositifs de stockage d’énergie peuvent fournir immédiatement de l’électricité.

Le rapport de 48 pages prend en exemple le cas de Porto Rico en septembre 2017, après le passage de l’ouragan Maria. Là où des groupes électrogènes se sont montrés polluants et peu efficaces, les solutions Tesla aurait alimenté de façon fiable plus de 660 sites à travers Porto Rico, dont l’Hôpital del Niño pour enfants, à San Juan.

Trois mois plus tard, c’est une violente tempête qui a privé d’électricité 1,7 million d’habitants en Australie-Méridionale. En moins de 100 jours, un système Powerpack de 100 MW / 129 MWh a été mis en service, couplé avec le parc éolien de Neoen’s Hornsdale, près de Jamestown.

Le CO2 dans l’activité de Tesla

Tesla a chiffré pour 2017 l’impact carbone de ses différentes structures : 64.000 tonnes de CO2 pour son réseau de superchargeurs, 39.000 tonnes pour ses services de ventes et de livraison, 33.000 tonnes pour ses opérations sur l’énergie, et 146.000 tonnes pour ses unités de production.

Depuis, le constructeur assure chercher à améliorer sans cesse son efficacité énergétique « grâce au réaménagement des installations existantes et à la construction de nouvelles installations plus efficaces ». Il estime avoir économisé « plus de 10 GWh d’énergie les 5 dernières années ».

Ainsi en optant dans les usines pour un éclairage Led, en utilisant de l’air comprimé dans les unités de fabrication, en installant des ateliers de peinture écoénergétique, en employant des PAC, en pratiquant le moulage par injection, en récupérant la chaleur en sortie des fours industriels, etc.

« Ces économies représentent l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de près de 1.000 ménages américains », chiffre Tesla. Pour exemple, le constructeur indique qu’à « la suite de nombreuses améliorations, la consommation énergétique pour fabriquer une voiture a baissé de 19% en 2017 à l’usine de Fremont par rapport à 2016 ».

85% d’énergie verte dans les superchargeurs européens

Dans son rapport, Tesla balaie pour chacune de ses usines les efforts effectués pour modérer l’impact de leur activité sur l’environnement, rappelant qu’elles disposent ou disposeront de systèmes pour la production verte d’énergie et/ou son stockage.

Des Powerpacks ont ainsi été installés pour lisser la consommation d’énergie sur les sites californiens de Frémont (1 MW / 2 MWh) et de Lathrop (2 MW / 4 MWh). D’autres abritent ou abriteront prochainement une unité de production électrique solaire, comme l’usine de Tilburg aux Pays-Bas (3,4 MW), et la Gigafactory 1 de Sparks dans le Nevada (en cours de construction).

Grâce aux politiques environnementales des différents Etats américains, ces 2 sites, ainsi que la Gigafactory 2 de New York, bénéficieraient à horizon 2045 d’une électricité à 100% d’origine renouvelable. Une projection qui concerne aussi les superchargeurs mis en service sur ces territoires.

Le document affirme en outre : « Dans l’UE, où Tesla a la possibilité de choisir des fournisseurs locaux, plus de 85% de l’énergie délivrée par nos superchargeurs est produit à partir de sources propres et sobres en carbone, notamment solaires, éoliennes et hydrauliques ».

Recyclage

Dans son rapport, Tesla indique se mobiliser pour un recyclage efficace de ses déchets de production. Pour exemple, en 2017, l’usine de Fremont a dirigé plus de 93% de ces produits résiduels vers des filières de réemploi, avec à la clé des revenus financiers. Ainsi avec le carton, les films en plastique et les emballages à bulles.

Des chutes de mousse sont converties sur place en briques denses de la taille d’une mallette. Un exemple de déchets pour lesquels le constructeur devait autrefois payer l’élimination, et qui désormais génèrent du profit.

Tesla exploite une plateforme en ligne pour se débarrasser de pièces métalliques, et d’éléments de câblage, de moteurs, etc. Avec, également, une rétribution de la part des recycleurs locaux et/ou internationaux. En outre, des équipements devenus inutiles sont stockés dans des magasins internes afin de les mettre à disposition d’autres sites.

Batterie

Le constructeur de Palo Alto indique tout juste commencer à récupérer des batteries trop faibles pour une utilisation dans ses voitures électriques. « Aujourd’hui, nous travaillons avec des recycleurs du monde entier pour traiter tous les déchets et les batteries en fin de vie afin de récupérer les métaux précieux », peut-on lire dans le rapport.

La Gigafactory 1 va prochainement disposer sur place d’un système unique de recyclage circulaire qui permettra de récupérer, entre autres, le lithium, le cobalt, le cuivre, l’aluminium et l’acier, avec, à la clé, d’importantes économies réalisées à long terme sur les matériaux.

Une boucle existe aussi pour piéger, raffiner et réemployer à 95% les solvants qui sont utilisés à la fabrication des électrodes métalliques des cellules de batterie. Ce qui évite le déplacement de 30 camions-citernes par semaine pour les acheminer chez des recycleurs externes spécialisés. L’emploi de pompes à chaleur permet en outre de dérouler ce scénario de recyclage en économisant 85% d’énergie par rapport à un système standard.

Chaîne d’approvisionnement responsable

Le rapport diffusé par Tesla affirme que le constructeur « s’engage à ne se procurer que des matériaux produits de manière responsable », dans le respect des droits de l’homme, du travail, de l’environnement, des réglementations internationales, et de la loi américaine sur « les matériaux qui alimentent les conflits ». L’entreprise impose les mêmes exigences à ses fournisseurs qui doivent en attendre autant des sociétés avec lesquelles ils travaillent.

Ainsi, en particulier, pour le cobalt, dont l’extraction est régulièrement pointée du doigt lorsqu’il provient de République démocratique du Congo. Des contrôles sont effectués sur l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement afin de lutter contre l’utilisation illégale ou artisanale du minerai, les pratiques d’embauche éhontées comme le travail des enfants sur les sites, etc.

En outre Tesla rappelle que ses batteries lithium NCA (nickel-cobalt-oxyde d’aluminium) nécessitent beaucoup moins de cobalt que la chimie NMC (nickel-manganèse-oxyde de cobalt) largement utilisée chez d’autres constructeurs en véhicules électriques. L’entreprise américaine cherche aussi à se passer de ce minerai.

La même attention est apportée pour l’étain, le tungstène, le tantale et l’or.

L’eau

Des solutions sont mises en place sur les sites de production pour réduire le volume d’eau utilisé pour la fabrication des voitures. Avec, par exemple, un gain de 9% entre 2016 et 2017 sur ce poste.

Egalement : amélioration de la gestion des eaux usées et pluviales, emploi de systèmes à eau distillée et à osmose inverse, traques des fuites, valorisation et nettoyage des cours locaux, utilisation des températures nocturnes basses autour de la Gigafactory du Nevada pour disposer d’un fluide de refroidissement avec une moindre dépense énergétique, etc.

La dernière partie du rapport est consacrée à la culture d’entreprise et au traitement des salariés.

Tesla publie un rapport sur l’impact de sa production et de son activité
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