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Pour Total, le réchauffement climatique, c’est de la faute des consommateurs

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Crédit photo : https://pixabay.com/

Onze investisseurs, dont La Banque Postale Asset Management et le Crédit Mutuel, dans une action coordonnée par la société de gestion Meeschaert, avaient inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale du groupe une résolution, rejetée, qui aurait imposé à Total de définir des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau mondial.

Neutralité carbone en 2050 ?

Total communique très largement sur une feuille de route par laquelle l’entreprise atteindrait la neutralité carbone vers 2050. Ce programme comprendrait bien l’utilisation par le consommateur final des produits commercialisés par le groupe, mais seulement pour l’Europe.

A l’échelle mondiale, les rejets indirects, c’est-à-dire la part constituée par la consommation de ces productions, représente 85% des émissions de gaz à effet de serre du pétrolier.

Les 11 investisseurs demandaient que l’ensemble de ces émanations fassent l’objet d’un plan d’action contraignant. Concrètement, il s’agissait « de modifier les statuts du groupe pétrolier afin de renforcer la contribution de son modèle économique à l’atteinte de l’Accord de Paris sur le climat ».

Rejet à 83,20%

PDG du groupe, Patrick Pouyanné, comme 83,20% des voix, s’est positionné contre cette résolution, justifiant, en ouverture de l’Assemblée générale des actionnaires, au sujet des émissions carbonnées indirectes : « Nous n’en sommes pas responsables car elles dépendent des choix de consommation d’énergie de nos client ».

Il a ajouté : « Total ne fabrique pas d’avions, ne fabrique pas de voitures, ne fabrique pas de ciment et ce n’est pas Total qui décide si un avion va utiliser du kérosène ou de l’électricité ou de l’hydrogène pour voler ».

De son côté, le conseil d’administration validait ainsi cette prise de position : « L’adoption de la résolution proposée conduirait à rendre votre société responsable d’émissions sur lesquelles elle n’est pas en capacité d’agir, seuls les clients en ayant la maîtrise directe ».

Echec ou grande victoire ?

Le rejet de la résolution portée par le collectif mené par Meeschaert a été très diversement accueilli. C’est « une énorme occasion manquée », selon Greenpeace France.

Mais diverses ONG et autre structures estiment au contraire que réunir 16,8% d’actionnaires autour de cette proposition constitue une véritable avancée. C’est également l’avis des 11 investisseurs qui comptent bien poursuivre leur action afin de convaincre de plus en plus de porteurs des titres Total.

Aux Etats-Unis, d’autres pétroliers comme Chevron, ExxonMobil, Shell et BP avaient pris une posture commune similaire en 2018. Le média Web The Verge avait alors bien résumé dans le titre de son article sur le sujet : « L’avocat de Chevron, s’exprimant au nom des grandes compagnies pétrolières, affirme que le changement climatique est réel et que c’est de votre faute ».

Faire les bons choix

Au fur et à mesure que le dérèglement climatique s’installe, avec son lot de catastrophes qui imposent jusqu’à des exodes importantes à travers le monde, les responsabilités vont être rejetées de tête en tête.

Ce sont les jeunes générations, celles qui vont subir les crises à répétition sans avoir pu véritablement profiter de l’insouciante consommation, qui se prononceront d’une manière ou d’une autre sur le sujet, avec, devant eux, 3 groupes d’acteurs : les Etats et structures les réunissant (Union européenne, par exemple), le secteur industriel, les consommateurs.

Les Etats qui auront tenté de réorienter la consommation à grands coups d’aides aux entreprises et aux ménages auront de quoi se retourner vers eux tous. Les industriels rejetteront la faute sur les consommateurs et, s’ils le peuvent, sur les Etats. Et même vers d’autres entreprises, comme Total vient de le faire.

Energies vertes

Du côté de Total, le message est clair : renvoi direct vers les consommateurs de la responsabilité des émissions de CO2 à l’utilisation de ses produits en rapport avec l’énergie. Une stratégie que le groupe peut d’ailleurs se permettre avec une apparente légitimité que nombre de ses concurrents n’ont pas.

Le groupe produit bien du pétrole et du gaz, mais est aussi un fournisseur d’une électricité qui peut être garantie de sources vertes, de bioGNV et de superéthanol E85. Son offre aux automobilistes est donc particulièrement variée et déjà en cours de réorientation vers la mobilité durable. Total peut se permettre d’aligner des arguments le dédouanant au moins partiellement de la responsabilités des émissions indirectes de CO2 à l’utilisation de ses produits.

Est-ce cependant légitime et acceptable de vouloir se placer en entité extérieure au problème ? Et d’avoir une position vertueuse pour l’Europe différente du reste du monde pour des enjeux qui ne connaissent pas de frontières ?

Total ne construit pas de voitures…

Pas sûr que les constructeurs apprécient le renvoi de la balle en carbone dans leur camp. Total ne fabrique pas de voitures ni d’avions, ou de véhicules en général, c’est (presque) vrai, mais cet argument est à peine recevable de la part d’une entreprise qui se réjouit d’un partenariat de plus de 50 ans avec Citroën, la grande marque française à la traîne sur la mobilité durable, face à Renault, et, désormais, à Peugeot.

Le geste manque en tout cas d’élégance, et chacun appréciera l’absence de solidarité avec une industrie qui lui donne sa raison d’exister et de se développer depuis des dizaines d’années.

La récente alliance de Total avec Gaussin pour développer un tracteur électrique capable de déplacer 2 citernes de 30 tonnes de carburant pour l’avitaillement des gros porteurs est positivement notable. Voilà un argument susceptible d’expliquer que le groupe s’ouvre en permanence de nouvelles perspectives dans un écosystème en développement !

Adopter la mobilité durable

Quoi qu’il en soit, le message de Total est on ne peut plus clair : aux consommateurs d’adopter au plus vite de nouvelles habitudes de mobilité pour limiter le dérèglement climatique !

Les automobilistes et voyageurs se doivent bien sûr de développer une conscience qui les pousse à faire de bons choix pour leurs déplacements. De très nombreuses formules existent désormais qui permettent de ne plus ou de moins griller de pétrole.

Au fait, quel est le pourcentage des actionnaires qui se sont prononcés contre la résolution des 11 investisseurs et qui ont entamé une véritable démarche vertueuse personnelle pour leur mobilité ? N’est-ce pas à ce niveau qu’il faut chercher la véritable raison du tout récent couac de communication ?

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jp.januelil y a 6 ans

Total a raison, seuls les consommateurs peuvent décider de consommer des énergies décarbonées au lieu des énergies fossiles. D'ailleurs, Total a bien compris quel est son intérêt à long terme : il acheté Saft, qui participe au projet d'Airbus des batteries, et il achète à tour de bras des parcs solaires et éoliens, en plus de ceux de ses filiales Lampiris et Direct énergie (voir l'article "Total" de Wikipedia).

SIDil y a 6 ans

Bonjour à tous,

C'est vrai, quelle drôle d'idée a Total de vouloir produire du carburant, du jet, accessoirement du bitume pour construire des routes sur lesquelles roulent aussi... les voitures électriques ? Quelle drôle d'idée aussi ont les gens de vouloir se déplacer ou transporter des marchandises pour se nourrir, s'équiper,....C'était tellement mieux d'être confinés !
Et au fait, comment sont transportées les batteries fabriquées en Chine ou en Corée pour être installées dans nos véhicules électriques ? Je ne pense pas que la marine à voile soit de la partie... Bonne idée finalement de Total, via sa filiale Saft, de vouloir produire des batteries en "local", avec PSA et Renault.
Bien sûr, on ne peut pas se contenter de faire un tel constat, et des évolutions profondes sont nécessaires pour faire évoluer le mix énergétique vers moins de carbone (et surtout faire des économies de consommation). Mais il n'y a pas de solution miracle :
- Les véhicules électriques ça n'émet pas de CO2, effectivement. Mais quid de l'analyse du cycle de vie complet de tels véhicules depuis la production des terres rares pour les batteries, leur production, leur transport, leur recyclage,... ? Les bilans montrent que ce n'est pas vraiment la panacée. Encourageons les équipes de recherche qui, espérons-le, nous permettront d'améliorer ce bilan.
Quant à la recharge, d'où peut bien venir l'électricité ? Ah oui, en France, c'est le nucléaire. Top, ça n'émet pas de CO2, on devrait en installer davantage... qui en veut ? L'éolien : super, ça ne pollue pas, il en faudrait plus ! Qui en veut sur sa commune ? Le solaire: super ! Au fait comment et où sont produits les panneaux, comment sont-ils recyclés ? Comment gérer l'intermittence de ces énergies ? ah, oui, il faut des batteries de stockage...On le voit, on e peut pas appuyer sur un bouton ou poster un message sur un forum en disant "voila la solution !" C'est légèrement plus complexe....
Et encore, on raisonne ici avec notre petit confort de français. Le débat serait intéressant aussi à avoir auprès des populations qui n'ont même pas accès à une source d'énergie abordable pour se chauffer, faire cuire leur aliments ou s'éclairer....
Alors oui, on peut se donner bonne conscience en achetant une Tesla quand on en a les moyens et en se plaignant qu'on n'a pas suffisamment de bornes de recharges, ou qu'on va s'acheter une tondeuse électrique pour tondre sa pelouse. Mais, il me semble que le débat est légèrement plus large que ça, et je suis d'accord, Total, comme beaucoup d'autres, doit prendre sa part.

PS: au fait, quel est le bilan énergétique de tous ces forums qui nécessitent des data centers dont la consommation énergétique globale est supérieure à 200 TWh /an au niveau mondial ? ;)

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[email protected]il y a 6 ans

Il est prouvé que la fabrication d"un véhicule électrique revient moins chère à la chaîne de production que le thermique, pourquoi ont ils des moteurs de plusieurs centaine de chevaux alors qu'il n'y a pas de place pour les batteries donc autonomie réelle ridicule, pourquoi ces véhicules coûtent ils le double d'un thermique. Les gouvernements ne veulent pas perdre la poule aux œufs d'or qu'est l'énergie fossile qui ne coûte presque rien mais est vendue avec des accises énorme plus une TVA sur ses même taxes, (où est la valeur ajoutée )
Les motoristes arrivent à faire des moteurs peu exigeant en carburant mais les constructeurs de voitures on alourdi leurs voitures de plus de 30% comparer aux voitures des années 70/80 pourquoi? soit disant pour la sécurité avec des par-chocs qui n'en sont plus et des carrosseries en tôle ultra fine, d'où vient ce poids? une BMW 2002 tii turbo de 1969 pesait +- 900 kilos pour +-170 ch l'équivalent aujourd'hui serait une série 5 de chez BMW et est à +- 1650 kg étrange ! ce même véhicule avec un moteur moderne ne consommerait pas 3,5 litres aux cent Km.
Alors oui Totale n'est pas responsable car la demande est là mais comme dit plus tôt au début des années 1900 c'était la voiture électrique qui avait le dessus mais ce foutus pétrole a rapidement repris le devant et tant que nos soit disant dirigeants n'auront pas trouvé le moyen de ne pas perdre un rond et même d'y gagné plus car notre électricité maison pour ceux qui n'auront pas le chance d'avoir des panneaux photovoltaïque paieront sec et comme toujours ce sera le plus faible qui casquera ou peut-être le cpas (Belgique)comme avec l'eau et le droit de puisage( magouille belge pour enrichir certaines personnes). La solution est de faire table rase, d'éjecté tout ces profiteurs et de repartir sur de bonne base, mais je peu rêvé c'est pas encore taxé.

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