Mercedes-Benz GLE, W 166, face lift 2015

Il ne se passe plus un mois sans que les constructeurs ne dévoilent un nouveau modèle de voiture hybride rechargeable. Introduit sur des véhicules haut de gamme et/ou premium, l’objectif est d’élargir l’offre en direction du milieu de gamme afin de rendre cette technologie intrinsèquement couteuse, accessible au plus grand nombre. Faut-il vraiment y croire ?

I. Le grand écart

Un rapide coup d’oeil sur l’excellent site SpritMonitor, suffit pour s’en convaincre : en matière de consommation de carburant, les véhicules hybrides rechargeables sont capables du pire comme du meilleur. Selon l’autonomie offerte en mode électrique, le type de parcours effectué et la fréquence à laquelle les utilisateurs les branchent, la consommation moyenne de carburant varie énormément. Rien de très surprenant dans la mesure où ce type de motorisation est véritablement bi-énergie : 100 % électrique batterie pleine. Hybride le reste du temps.

II. Le plug-in de façade

Accusée d’être une technologie de inconvénient pour permettre aux constructeurs de grosses berlines et SUV de luxe d’atteindre les objectifs européens d’émissions de CO2, l’hybride rechargeable ne fait pas toujours l’unanimité.

Sous le capot d’un très lourd et très imposant BMW X5 ou Audi Q7 par exemple, l’intérêt d’une telle technologie interpèle. Si c’est uniquement pour offrir un mode zéro émission compatible avec les contraintes du monde urbain, là où ce genre de véhicule n’a rien à y faire, ses détracteurs ne manqueront pas de l’accuser de « greenwashing ». D’autant que sur les longs trajets autoroutiers et/ou en cas d’absence de rechargement, ce type de motorisation pourra même être synonyme de surconsommation comparativement à une version diesel non hybride compte tenu du surpoids engendré par la batterie.

III.Recharge normale exclusivement

Du fait d’une capacité de batterie relativement modeste et de la présence d’un (puissant) bloc thermique sous le capot, rares sont les hybrides rechargeables qui offrent en plus de la charge normale, une recharge rapide ou accélérée.

A ce jour, seul le Mitsubishi Outlander PHEV déroge à cette règle. Pour tous les autres hybrides rechargeables du marché, la recharge de la batterie se fera donc quasi exclusivement au domicile ou sur le lieu de travail, sous réserve de pouvoir compter sur la présence d’une prise domestique (ce qui est rarement un problème)

IV. L’hybride classique dans la course pour quelques années encore

A l’instar de l’électrique, l’hybride rechargeable est donc une technologie qui ne conviendra pas à tous les publics ni à tous les usages. C’est particulièrement vrai pour celles et ceux qui n’ont pas la possibilité ou l’envie (?!) de recharger très régulièrement leur véhicule ou pour les gros rouleurs qui parcourent régulièrement de longues distances sur autoroute notamment. Pour tous les autres cas de figure, l’hybride rechargeable a les moyens de séduire les automobilistes qui ne se sentent pas (encore) prêts pour le tout électrique mais néanmoins séduit par l’idée de rouler à l’électricité.

Reste que par rapport à un hybride classique, l’hybride rechargeable n’est pas toujours synonyme d’économie de carburant. Toujours par rapport à l’hybride classique, l’équation économique reste à ce jour difficile à résoudre même en prenant soin de recharger très fréquemment.

Rendez-vous l’an prochain pour apprécier l’évolution du marché de l’électrique, de l’hybride et de l’hybride rechargeable…