Les voitures électriques particulières débarquent en masse cette année. On ne peut pas en dire autant des vans et utilitaires, qui traînent à s’extraire du tout-diesel. Actuellement restreinte, l’offre s’élargira cet été avec le lancement du Mercedes e-Vito. Un véhicule aux performances assez frustrantes même s’il peut satisfaire les besoins d’une majorité de professionnels.

Pour tenter de séduire sa clientèle de professionnels, Mercedes organisait ces derniers mois un « eVan Tour ». Sur 8 circuits français, la marque a invité artisans et journalistes à tester son e-Vito « Cargo Van » fourgon et e-Vito « Tourer » 8-places. Nous les avons pris en main lors de leur passage au pôle mécanique d’Alès, faute d’essais libres sur route ouverte.

Tout simplement électrifiés à partir de la version thermique du Vito, les e-Vito Fourgon et Tourer sont équipés d’un moteur de 115 chevaux (84 kW) développant un couple de 300 Nm. La vitesse est bridée à 120 km/h afin de maximiser leur autonomie. Une caractéristique pertinente pour les flottes d’entreprises puisqu’elle permet également de limiter les éventuels comportements de conduite risqués de la part des livreurs et employés.

D’une capacité de 41,4 kWh, la batterie est disposée de façon assez originale : il s’agit de trois accumulateurs de 112 kg chacun placés côte-à-côte dans le plancher. Elle permet une autonomie de seulement 150 km en cycle WLTP. En effet, le e-Vito est assez gourmand en énergie : sur la poignée de kilomètres parcourus entre 50 et 110 km/h sur le circuit ponctué de plusieurs freinages simulant des feux rouges et stop, la consommation moyenne s’est située autour de 30 kWh/100 km.

Si elle s’avère loin de celle des dernières générations de voitures électriques, l’autonomie offerte par e-Vito peut toutefois satisfaire les besoins de la plupart des artisans. Selon un type d’utilisation présenté en exemple par Mercedes, ces professionnels passeraient la journée sur un chantier sans parcourir de grandes distances. Les 150 km d’autonomie seraient donc suffisants. Le constructeur met l’accent sur la possibilité de s’affranchir des interdictions de circulation liées à la pollution dans les grandes villes et de bénéficier de tous les avantages économiques liés à l’utilisation d’un véhicule électrique.

Absence de recharge rapide en courant continu

Côté recharge, certains professionnels risquent d’être déçus par le système de recharge embarqué. Dépourvu de capacité de recharge rapide en courant continu, le van électrique Mercedes peut uniquement faire le plein via son chargeur embarqué de 7,2 kW. Pour cela, il est équipé d’un connecteur type 2 dissimulé dans la partie inférieure du montant B côté conducteur. Le temps de charge minimum est de 6 heures, pas mieux !

Dans l’habitacle, l’instrumentation est assez sommaire, conçue à l’économie. Le tableau de bord comprend un indicateur de vitesse classique et un économètre à aiguille. Au centre, un minuscule écran indique le pourcentage de batterie et l’autonomie restante, quelques statistiques ainsi que le mode de conduite et de récupération sélectionné. Il y en a 4 à bord du e-Vito : D-, D, D- et D++. Le premier favorise au maximum la régénération au freinage alors que le dernier privilégie l’élan naturel du véhicule. Trois modes de conduite E, E+ et C permettent de limiter la consommation pour gagner en autonomie ou de profiter du maximum des performances. Un rayon d’action qui peut notamment être étendu grâce au siège conducteur chauffant de série, évitant ainsi d’utiliser le chauffage classique plus énergivore. Il est également possible de pré-climatiser le véhicule lorsqu’il est branché à une borne.

Espace de chargement identique au thermique

Sur le e-Vito Fourgon, la capacité de chargement est identique à son équivalent thermique. Le volume est 6 m3 sur la version longue (5,14 m) et 6,6 m3 sur la version extra-longue (5,37 m). Il peut emporter une tonne de charge utile pour un poids total autorisé en charge de 3,2 tonnes. Un PTAC partagé avec le e-Vito Tourer, qui peut embarquer jusqu’à 8 personnes, conducteur compris. Les courbes serrées du circuit d’Alès nous ont permis de tester le diamètre de braquage bluffant du e-Vito (12,9 m). L’unique ligne droite n’était pas assez longue pour pousser le véhicule jusqu’à sa vitesse maximale de 120 km/h. Si elle est correcte au départ, l’accélération devient beaucoup plus lente à partir de 70 km/h, particulièrement sur le Fourgon lesté d’une charge de 240 kg.

Nous avons regretté le sifflement assez fort émis par le système de refroidissement à air de le batterie, brisant le silence de la motorisation électrique. Nous aurions également aimé voir le e-Vito Tourer utilisé comme taxi ou VTC. Sa faible autonomie et l’impossibilité de recharger rapidement en courant continu l’empêchent hélas d’être exploité ainsi. Frustrant, même si l’on sait déjà que le futur Mercedes EQV et ses 400 km d’autonomie pourra effectuer cette mission à sa sortie en 2020.

Disponible à la commande à l’été

Le e-Vito sera disponible à la commande dès cet été pour des livraisons prévues à l’automne. Le e-Sprinter, version électrique du grand fourgon sera lancé à la fin de l’année avec une autonomie identique au e-Vito. Équipé du même moteur de 115 chevaux, il proposera deux configurations de batteries. La première de trois modules pour un total de 41 kWh et la seconde de quatre modules pour 55 kWh offrant respectivement 115 et 150 km d’autonomie.

Seul avantage, le e-Sprinter pourra recharger en DC jusqu’à 80 kW en plus de son chargeur AC embarqué de 7,2 kW. Le temps de charge passe ainsi à 30 minutes pour la version à autonomie « étendue ». Si le volume de chargement de 10,5 m3 est plus élevé qu’à bord du e-Vito, sa charge utile est presque identique : 1,04 t pour la version 41 kWh et 0,9 t pour la version 55 kWh.

Batterie garantie 8 ans

Pour accompagner les professionnels à intégrer un utilitaire électrique à leur flotte, Mercedes s’est associé à Proxiserve pour proposer deux solutions de recharge. La moins chère est à 1290 euros fourniture et pose comprise pour une wallbox Schneider 7 kW, la seconde est à 1790 euros pour une borne NewMotion de même puissante communicante et dotée d’un lecteur de badge RFID.

Si on ne connaît pas encore les tarifs définitifs, le e-Vito devrait être proposé autour de 40.000 euros hors taxes et hors bonus. Il sera vendu avec une garantie de 8 ans ou 100.000 km sur la batterie et 5 ans ou 100.000 km sur le reste du véhicule. Avec le e-Sprinter il semble déjà séduire les grandes flottes puisque Mercedes annonce plusieurs commandes de masse. Le logisticien allemand Hermes aurait ainsi réservé 1500 exemplaires parmi les deux modèles livrables en 2020. Amazon a également réceptionné 100 e-Vito fin 2018.

Bilan de l’essai

On a aimé
  • Le faible rayon de braquage
  • La capacité de chargement, identique à celle du thermique


On a moins aimé
  • L’autonomie, limitée à 150 km, qui limite la polyvalence du véhicule
  • L’absence de recharge rapide en courant continu
  • L’accélération qui traîne au-delà de 70 km/h

 


Essai Mercedes e-Vito : l’électrique pour les pros !
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