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La faute à une offre tout électrique encore très limitée et à une stratégie clairement orientée à la faveur de l’hybride rechargeable, les constructeurs allemands ne semblent pas (encore) décidés à emboiter le pas à Nissan ou Tesla pour déployer des chargeurs rapides compatibles avec leurs VE.

Dommage, car une fois encore, le produit est bon mais sans l’indispensable infrastructure de charge qui va avec, impossible d’en tirer pleinement profit.

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I. Le standard CCS à la traine partout en Europe

Incapable d’affirmer son autorité face aux lobbys, l’Union Européenne a une nouvelle fois failli en donnant raison au vieux monde de l’auto à pétrole. En faisant cohabiter plusieurs standards de charge rapide, l’auto électrique part divisée pour moins bien régner. Un scénario qui fait indirectement le jeu des vieux constructeurs et du lobby pétrolier qui voient dans le VE une menace plus qu’une opportunité.

Faire cohabiter plusieurs standards de charge rapide n’est pas rédhibitoire en soi. À condition de pouvoir compter très vite sur une offre de service digne de ce nom quelque soit le standard retenu. Ce n’est clairement pas le cas aujourd’hui avec les bornes CCS qui manquent cruellement à l’appel dans la plupart des pays d’Europe.

Ironie du sort, c’est en Norvège et plus précisément dans la grande région d’Oslo que la densité de bornes rapides au standard Combo est la plus élevée du continent européen. De précieuses bornes sans lesquelles la Volkswagen e-Golf n’aurait probablement pas réussi à voler la vedette à la Nissan LEAF sur le marché norvégien. Chacun en tirera la conclusion évidente qui s’en suit.

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Toutes les prises Combo d’Europe sont listées sur Combo-map.com.

II. Le modèle Tesla

En matière de VE, Tesla a compris avant les autres que l’innovation et le pragmatisme pouvaient avoir raison de l’auto à pétrole. Pour permettre à son modèle phare de concurrencer fièrement les berlines de luxe à pétrole, Tesla offre aux heureux propriétaires de model S, un accès gratuit et illimité aux fameux SuperCharger. Outre une autonomie assez confortable pour un VE, la vraie valeur ajoutée de la Model S comparativement aux autres VE réside dans sa capacité à pouvoir recharger sa batterie en quelques minutes seulement avant de poursuivre sa route jusqu’à l’étape suivante.

En théorie, rien n’empêche les concurrents de Tesla d’en faire autant. C’est particulièrement vrai avec le standard CCS conçu pour une puissance maxi pouvant atteindre 100 kW. À condition de ne pas avoir un catalogue rempli d’hybrides rechargeables et d’auto 100 % pétrole…

Pour un géant comme Volkswagen, un plan d’investissement de 100 M€/an pendant 3 ans, c’est potentiellement jusqu’à 10 000 chargeurs CCS en plus en service d’ici à 2018 pour accompagner vraiment le lancement du VE. Encore faut-il le vouloir… ou y être contraint ?

III. Un grand projet européen

Au lieu de continuer à faire le jeu des lobbys en tout genre par des réglementations absurdes ou d’investir dans des projets qui datent du siècle dernier, l’Europe a une belle carte à jouer en mettant très rapidement en place un dispositif obligeant les vieux constructeurs automobiles à investir dans les infrastructures de recharge pour VE.

En obligeant par exemple les constructeurs implantés en Europe à réinvestir 1 % de leur bénéfice dans des infrastructures de charge rapides pour VE, l’Europe dispose d’un formidable levier d’action pour accélérer la transition énergétique dans un secteur où l’hyper-dépendance au pétrole devrait être une priorité absolue en matière de politique énergétique.

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IV. L’Europe du Nord en modèle à suivre

Outre la Norvège, c’est l’Europe du Nord toute entière qui fait figure de modèle à suivre en matière d’infrastructure de recharge pour VE. Si les prises normales y sont disponibles en grand nombre, les 5 pays que sont la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark et les Pays-Bas totalisent à ce jour près de 40 % du nombre total de chargeurs rapides CCS implantés en Europe.

Pourtant ces 5 pays représentent moins de 15 % de la population européenne. Le marché du VE y est certes assez contrasté du fait de politiques fiscales très différentes d’un pays à l’autre mais la multiplication du nombre de bornes de charges rapides participe indiscutablement à accompagner la montée en puissance rapide du VE, notamment à l’intérieur des zones urbaines. Une situation qui mérite d’être doublement saluée compte tenu des dispositifs déjà en vigueur pour limiter l’usage des voitures à pétrole dans bon nombre de grandes villes ainsi que des hivers rigoureux synonymes d’autonomie réduite pour les véhicules 100 % électrique.

V. Priorité à la recharge rapide !

Au lieu de poursuivre dans la voie du « 7 millions de bornes à l’horizon 2030 » prônée par Madame Royale, il serait grand temps que nos décideurs comprennent que pour lever le frein persistant de l’autonomie réduite, et surtout du temps de rechargement, ce qu’attendent vraiment les utilisateurs potentiels de VE, ce sont des bornes de recharge rapide. Car seule la recharge rapide ou accélérée (20 kW mini) est synonyme de service qui soit réellement complémentaire avec la recharge à domicile et/ou sur son lieu de travail.

Cela ne veut pas dire que les bornes de recharge normales n’ont pas leur place dans les plans de déploiement actuellement en projet ou en réflexion. Mais si les gestionnaires futurs de ce type de bornes veulent avoir l’assurance qu’elles seront vraiment utilisées dans le futur, il va falloir faire preuve de pragmatisme en investissant prioritairement dans des bornes rapides. Tesla a ouvert la voie à sa façon. Les autres acteurs du VE n’ont plus qu’à copier ce qui va très vite s’imposer à eux…

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