À la suite du repli du service Autolib, il règne un certain flottement sur les stations de recharge pour véhicules électriques associées, ainsi que sur celles de Belib. La ville de Paris se dirige vers une reprise par Total.

Plus loin que les exigences de départ

Parmi les 8 candidats identifiés en juillet 2019 à la suite de la consultation initiale, différents noms connus, parfois combinés en partenariats pour l’occasion : Shell, Izivia, Renault, Schneider Electric, Spie, Bouygues Énergies & Services, etc.



En allant bien plus loin que les exigences formulées au départ par la collectivité, Total semble être le seul désormais à pouvoir décrocher le contrat. Il est vrai que son offre semble particulièrement bien pensée pour la capitale.

Le nouveau réseau Belib imaginé par le pétrolier-énergéticien serait composé de 1 830 bornes simples 7 kW, 70 doubles de 3 kW pour les deux-roues électriques, et 80 chargeurs rapides DC répartis dans 10 parcs de stationnement souterrains. Soit une augmentation de 56 % des points de recharge par rapport à la situation actuelle.

Validé ou pas dans quelques jours

Total s’est engagé à maintenir ce matériel neuf avec un taux minimum de disponibilité de 95 %. Une équipe de 13 personnes y veillerait, visitant chaque station en moyenne 1 fois par semaine, et se tenant prête à intervenir dans les 30 minutes au besoin. Elle serait associée à une hotline accessible 24/7 par les utilisateurs particuliers comme professionnels.

Le paiement sans contact à l’acte par carte bancaire serait possible sur tout ce réseau qui devrait être intégralement mis en place sous 13 mois après signature de l’accord définitif.

Dans moins de 15 jours, un dernier vote interne à la ville de Paris permettra de sceller le sort de ce programme.

Le réseau Bolloré repris à Londres aussi

En septembre dernier, Total est aussi passé derrière Bolloré pour reprendre le réseau Source London qui compte plus de 1 600 points de recharge dans la capitale britannique, alimenté en électricité verte. Même logique dans la région d’Amsterdam, aux Pays-Bas, où ce sont 20 000 bornes de recharge qui sortiront au final de terre, connectées à des sources solaires et éoliennes.

Globalement, l’entreprise s’active à suivre sa feuille de route vers 2025 par laquelle elle espère être à la tête d’un maillage géant comptant 150 000 points de recharge pour véhicules électriques dans les grandes agglomérations européennes.

Le groupe poursuit également un programme d’équipement de ses stations-service, en cherchant peut-être encore le meilleur modèle en fonction de l’évolution des voitures électriques sur le marché. Et ce, en misant en particulier sur les chargeurs haute puissance 150 kW.



Avis de l'auteur

Que ce soit pour la France ou quelques pays limitrophes, on sent monter chez Total une volonté de mettre en place des services de recharge susceptibles de compenser dans sa comptabilité la décroissance des ventes d’essence et de gazole.

Quand on gratte un peu chacun de ses projets les plus récents, on s’aperçoit que le pétrolier-énergéticien part dans chacun d’eux avec quelques ingrédients indispensables que ses concurrents peuvent avoir tendance à oublier : paiement par carte à l’acte, bornes 7 kW plus nombreuses que des 22 kW, chargeurs rapides installés à plusieurs en stations, disponibilité et état du matériel, etc.

La promesse d’une disponibilité à 95 % du réseau de recharge, j’y crois personnellement davantage qu’avec des acteurs comme Bolloré. Total semble avoir beaucoup appris des erreurs de ses concurrents. On a même l’impression parfois que le pétrolier-énergéticien devine les besoins réels des électromobilistes sur le terrain, en allant plus loin que les exigences des collectivités responsables des sites publics où il commence à s’installer.

Que les responsables de la mobilité électrique chez Total, et également lecteurs d’Automobile Propre, lèvent la main ! Ah oui, quand même…