En proie à d’importants problèmes de disponibilité il y a encore quelques mois, la CNR semble avoir trouvé la parade pour améliorer la fiabilité de son réseau.

Souvenez-vous ! En juillet dernier nous évoquions avec Frédérick Storck, Directeur Transition Energétique et Innovation au sein de la CNR, les difficultés rencontrées par la CNR sur son réseau de bornes rapides. En toute transparence, ce dernier avait évoqué avec Automobile-Propre les différentes problématiques rencontrées et les solutions à mettre en œuvre… Alors que le taux de disponibilité tournait à l’époque autour de 50 %, tout semble aller aujourd’hui beaucoup mieux !

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« On a aujourd’hui un taux de disponibilité de 90 %. C’est remonté depuis septembre. Une période à partir de laquelle notre mainteneur – la SNEF – a accéléré ses opérations après avoir apporté quelques modifications aux bornes » résume Frederic Storck. Changement des connectiques, étanchéité… la CNR s’est attelée à corriger les problèmes récurrents. « On a pris la décision de modifier certaines pièces. On a corrigé les défauts de jeunesse de ces bornes et on arrive à des solutions plus stables. Le taux de disponibilité a bondi. La bonne nouvelle, c’est que cela se maintient » poursuit notre interviewé.

L’ensemble des problèmes n’a toutefois pas encore été résolu. « On a 48 bornes fonctionnelles, 5 en panne et 1 hors service » chiffre notre interviewé. « Il y en a deux pour lesquelles le diagnostic n’a pas été finalisé – il ne s’agit pas d’un défaut courant – 2 pour lesquelles nous allons changer les transformateurs et une qui va être déplacée sur notre nouvelle station située au Quai des Energies, au niveau du port de Lyon » détaille-t-il.

Le cas de la dernière borne est particulier. Installée à Bellegarde, celle-ci a été détruite par un incendie. « On a capuchonné la borne en attente de solution. Contrairement à ce qu’ont déclaré les médias au départ, ce n’était pas un acte de vandalisme. La borne a chauffé et fumé de l’intérieur. Il n’y avait pas de véhicule en charge au moment de l’incident. C’est un défaut d’origine électrique qui n’est pas encore totalement diagnostiqué » précise-t-il. Les premiers éléments de l’enquête menée par la CNR et son mainteneur confirment toutefois qu’il s’agit d’un cas isolé. « Il ne s’agit pas d’un défaut susceptible de se reproduire sur d’autres bornes » rassure Frédéric Storck.

Fréquentation en hausse

Pour Frédéric Storck, l’amélioration de la disponibilité a contribué à booster la fréquentation du corridor CNR. Au total, 8600 sessions de charge ont été réalisées en 2019. « On attribue environ 20 % d’entre elles à l’amélioration de la disponibilité » chiffre notre interviewé. « Notre cible 2020, c’est de passer le cap des 10.000 recharges » poursuit-il. « Nous restons confiant sur la stabilité du matériel. En parallèle, on a aussi demandé à Freshmile (qui assure la supervision des bornes ndlr) de se rapprocher du mainteneur pour partager des informations en temps réel pour améliorer les délais d’intervention » complète-t-il.

Perspectives

Si le suivi de la disponibilité du réseau existant reste une priorité absolue pour les équipes de la CNR, une suite est d’ores et déjà envisagée. « L’arrivée de nouveaux modèles va pousser à aller au-delà de 50 kVA. C’est quelque chose que l’on va regarder sur 2020. Plutôt dans une logique de remplacement des bornes existantes ou de renforcement de certaines stations » nous explique Frédéric Storck. A préciser que la CNR mettra en service une première borne 130 kW d’ici quelques semaines. Installée à Lyon, au sein de la future station multi-énergies du Quai des Energies, celle-ci est fournie par le groupe industriel ABB.

Autre sujet : celui de la tarification du réseau. « Aujourd’hui on travaille de manière forfaitaire (5€/45 min). Avec l’augmentation de la taille des batteries, il serait plus moderne et plus adapté de proposer un tarif au kWh. On pense aller sur un système composé d’un coût fixe et d’une part variable en fonction de l’énergie absorbée sans pour autant aller sur des tarifications Ionity » explique le représentant de la CNR. « L’idée est de rester sur des modèles économiques proches de ce que l’on connait actuellement. Nous sommes encore au début des réflexions… »

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