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On entend souvent dire que la recharge rapide a un impact sur la perte de capacité des batteries. C’est vrai, mais à quel point ? Des chercheurs se sont intéressés au sujet. Ils ont analysé les données sur l’état des batteries de 22 700 véhicules électriques de 21 marques. Voilà ce qu’il faut retenir.
La question de la recharge rapide cristallise de nombreuses inquiétudes chez les conducteurs de voitures électriques. Dans l’imaginaire collectif, brancher régulièrement son véhicule sur une borne rapide en courant continu (DC) reviendrait à « abîmer » prématurément la batterie. Les données issues du terrain dressent un tableau plus nuancé.
Avant tout, il faut rappeler ce que recouvre la notion de dégradation. Une batterie de voiture électrique perd forcément une partie de sa capacité au fil du temps, sous l’effet de l’âge, des cycles de charge et des conditions d’utilisation. C’est normal, et c’est vrai pour tous les appareils équipés de batteries, pas seulement les voitures électriques.
Cette perte est irréversible et se traduit par une autonomie moindre. Les constructeurs l’ont intégrée depuis longtemps. La plupart garantissent aujourd’hui un maintien d’au moins 70 % de la capacité initiale après huit ans ou 160 000 km. Une étude a d’ailleurs montré récemment que la dégradation des batteries serait en moyenne de 1,8 % par an.
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Quelle est la durée de vie d’une batterie de voiture électrique ? Voilà enfin une réponse précise !Pour mesurer l’impact réel des habitudes de recharge, Geotab a analysé plusieurs années de données télématiques issues de 22 700 véhicules électriques répartis sur 21 marques. Cela a permis de comparer l’évolution de l’état de santé des batteries selon que les véhicules sont majoritairement rechargés lentement en courant alternatif ou fréquemment via des bornes rapides en courant continu.
Premier enseignement, la dégradation moyenne annuelle des batteries est légèrement en hausse par rapport aux constats des années précédentes. Elle atteint désormais environ 2,3 % par an, contre 1,8 % observé précédemment. Cette progression reste modérée, mais elle coïncide avec un recours plus fréquent aux infrastructures de recharge rapide.
Dans le détail, les différences apparaissent plus nettes lorsque l’on segmente les usages. Les véhicules principalement rechargés en courant alternatif affichent une perte de capacité moyenne d’environ 1,5 % par an. À l’inverse, ceux qui utilisent régulièrement des chargeurs rapides (à plus de 100 kW) voient ce taux grimper autour de 3 %.
La recharge rapide a donc bien un effet mesurable sur le vieillissement des batteries, mais nous sommes assez loin des scénarios alarmistes souvent évoqués. Il est d’ailleurs important de souligner que la dégradation ne suit pas une courbe parfaitement linéaire. Les données montrent une baisse plus marquée durant les premières années de vie du véhicule, avant une phase de vieillissement plus lente et plus stable.
Les habitudes de recharge peuvent également évoluer avec le temps, ce qui complique toute projection trop rigide sur la durée de vie exacte d’une batterie. Si l’on se projette sur la durée classique de garantie, les chiffres restent rassurants. Sur huit ans, une batterie majoritairement rechargée en courant alternatif (AC) perdrait environ 12 % de sa capacité.
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Faut-il arrêter les recharges complètes avec les voitures électriques qui ont une batterie LFP ?Avec un usage mixte, la perte pourrait être autour de 17 %. Même dans le scénario le plus contraignant, avec un recours fréquent à la recharge rapide, la perte serait de l’ordre de 22 %. Dans tous les cas, l’état de santé resterait au-dessus du seuil critique de 70 % fixé par la majorité des constructeurs automobiles. Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer.
D’autres facteurs entrent également en jeu. Les véhicules utilisés de manière intensive présentent une dégradation légèrement plus rapide que ceux qui roulent moins souvent (cela compte pour 0,8 % par an). Le climat a aussi un effet. Les batteries utilisées dans des régions chaudes vieillissent un peu plus vite (0,4 % par an) que dans des zones tempérées.
Cette étude se veut donc plutôt rassurante. Oui, la recharge rapide accélère la perte de capacité des batteries, mais dans des proportions contenues. Il ne faut donc pas éviter à tout prix de se brancher sur des bornes en courant continu, mais c’est mieux de les utiliser de manière raisonnée, en complément d’une recharge lente au quotidien.
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