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Automobile-Propre répond à vos questions. Cette semaine, on parle des carburants de synthèse, qui ont été mis à l’honneur dans l’actualité par un inattendu pataquès au sommet de l’Europe.
« L’Allemagne défend les carburants de synthèse. Mais en matière d’écologie, ces carburants sont-ils mieux, ou au moins aussi bons, que la motorisation électrique ? »
Les carburants de synthèse ont en effet fait parler d’eux cette semaine. Ils sont carrément à l’origine du blocage d’un vote très important, la décision finale de la réglementation actant l’arrêt des voitures à moteur thermique dans l’Union européenne ! Ce vote a dû être reporté.
A l’origine de ce rebondissement surprise : l’Allemagne. Celle-ci a voulu faire pression sur la Commission européenne pour qu’elle intègre dans la future réglementation la possibilité d’utiliser des carburants de synthèse. C’était déjà dans les tuyaux, mais nos voisins ont visiblement eu besoin d’éclaircissements. Avec à la clé un sacré enjeu : l’utilisation de ces carburants pourrait sauver les voitures thermiques !
Certains se demandent alors comment l’Allemagne peut oser ajouter des carburants dans une réglementation qui doit imposer le zéro CO2 (« à l’échappement ») dans les ventes de nouvelles voitures. Parce que les carburants de synthèse, aussi nommés e-fuel, sont présentés comme neutres en CO2.
Les carburants de synthèse sont fabriqués de manière « artificielle » à partir de plusieurs composants qui contiennent du carbone (CO et CO2) et de l’hydrogène. Ils ne sont pas issus du pétrole.
L’aspect écologique va donc d’abord dépendre des méthodes de production des composants et du produit final. Cela commence ainsi par l’hydrogène ! Pour l’obtenir, il faut faire une électrolyse, séparant l’hydrogène et l’oxygène présents dans les molécules d’eau. Ce qui demande de l’énergie. Comme pour l’hydrogène des voitures à pile à combustible, celle-ci doit être renouvelable, sinon aucun intérêt.
Aspect positif : l’autre élément de la recette est donc du CO2, qui est capté dans l’air. Porsche, qui travaille beaucoup sur les carburants de synthèse, explique que ce CO2 est « filtré et combiné avec l’hydrogène pour produire du méthanol synthétique, qui est à son tour transformé en eFuel ».
Le constructeur allemand a d’ailleurs inauguré il y a quelques semaines son premier site de production de eFuel, situé au Chili. Pour avoir une énergie renouvelable, l’usine utilise une éolienne. Bien mieux donc que l’électricité souvent issue du charbon en Allemagne ! On se dit qu’il aurait peut être d’ailleurs été mieux de capter le CO2 à côté d’une usine qui brûle du charbon plutôt que dans le désert chilien.
Si la recette d’un eFuel peut être intéressante, il ne faut pas oublier toute la chaîne de production et d’utilisation. Avec Porsche, cela reste un carburant de synthèse, qui devra prendre le bateau pour rejoindre l’Europe ! Puis, une fois mis dans le réservoir d’une voiture, ce carburant produit toujours des polluants. Une voiture abreuvée à l’eFuel émet encore des oxydes d’azote et des particules.
Il faut donc regarder l’ensemble du bilan carbone des eFuel… mais c’est valable pour toutes les énergies. Ainsi, si l’électrique ne rejette pas de CO2 à l’usage, il a bien fallu produire l’électricité. Encore une fois, l’électricité issue du charbon allemand a un bilan CO2 catastrophique. Et côté production du véhicule, la batterie pèse toujours lourd dans le bilan écologique du cycle de vie du véhicule.
Selon les calculs de l’ONG Transport & Environment, sur l’ensemble de son cycle de vie, un véhicule 100 % électrique rejette moins de CO2 qu’un modèle eFuel, même si le carburant a été produit à partir d’énergies renouvelables et solaires. Bien sûr, dans ce genre de raisonnement, chaque élément de l’équation, en clair chaque étape de production et d’utilisation, peut tout changer.
Le carburant de synthèse peut être intéressant s’il est produit avec de l’énergie verte à proximité du lieu de sa consommation. Reste que l’énergie verte créée pour sa production peut finalement directement alimenter une voiture électrique ! Celle-ci doit en échange faire attention à l’origine de sa batterie.
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Le problème de ce genre d’article c’est qu’il ne répond pas à la question. Car tout dépend toujours de tout. Donc bien sur qu’en fonction de sa méthode de production une voiture ne polluera pas de la même façon, qu’elle soit électrique ou non. Donc tout fonctionne bien sur au cas par cas on le sait déjà ça. La vraie question est donc surtout de savoir : est ce que ce type de carburant émet du co2 dans l’atmosphère à L’USAGE ? A la fabrication on s’en fout de le savoir puisqu’il n’y a pas de réponse vu que ça dépend du mode de production. Ce qu’on veut savoir c’est donc A L’USAGE. Est ce que ça émet du CO2 ? Si oui à combien par rapport au diesel et à l’essence ? Et y’a t-il d’autres émissions que le co2 (type particules fines) ? C’est à ces questions qu’il faudrait répondre précisément pour se faire une idée. Dommage.
Note: ceci est en ligne avec le commentaire de gt4w4al
Un autre élément de calcul très important: le rendement énergétique.
Calcul très approximatif: en supposant que toute l'électricité est produit à partir de renouvelables ou de zero CO2.
Avec 1 MWh, on doit produire l'hydrogène (rendement 30% ?) et capter le CO2 pour extraire le carbone (rendement ?).
En oubliant pour le moment les pertes en transport, il est probable que sur les 1 MWh, environ 100 kWh seront transformés en eFuel.
Alors que pour un véhicule électrique (là aussi, en ignorant les pertes de réseau et en charge (moins de 10%)), ce sont 1 MWh qui sont disponibles pour la batterie.
Et en plus, à la fin on réémet le CO2 que l'on avait chèrement capté !
Donc, sauf dans les cas où la batterie est difficile à embarquer (aviation par exemple), les eFuels ressemblent à un tour de passe passe.
Un calcul précis serait intéressant dans ce débat.