AccueilArticlesCette filiale de Renault dévoile un nouveau moteur hybride qui promet une consommation record

Cette filiale de Renault dévoile un nouveau moteur hybride qui promet une consommation record

La suite de votre contenu après cette annonce

Horse Powertrain, une filiale de Renault, a travaillé avec Repsol sur la conception d’un nouveau moteur hybride, le HORSE H12. Ce dernier peut fonctionner avec de l’essence 100 % renouvelable et atteindre une consommation sous 3,3 litres/100 km.

Un bloc hybride à 3,3 litres/100 km

Les constructeurs ont-ils encore vraiment un intérêt à innover sur des technologies hybrides à l’origine d’un grand nombre d’émissions de gaz à effet de serre ? Renault pense que oui. Avec sa filiale Horse Powertrain, une co-entreprise fondée avec Geely et Aramco, la marque au losange continue de faire des efforts pour améliorer l’efficience des moteurs à combustion afin de leur conserver un rôle dans la transition énergétique. Avec une consommation annoncée sous les 3,3 litres/100 km et un rendement de 44 %, le H12 se positionne parmi les moteurs thermiques les plus optimisés du moment.

Une question de bilan carbone global

Mais attention… Les arguments climatiques de ce bloc reposent en grande partie sur l’utilisation d’un carburant 100 % renouvelable fourni par Repsol. Dans cette configuration, Horse estime que les émissions annuelles d’un véhicule moyen (12 500 km/an) seraient réduites de 1,77 tonne de CO2 par rapport à un modèle essence conventionnel. Une baisse significative sur le papier, mais qui dépend de la capacité à produire ces carburants à grande échelle. Car à l’échappement, on a toujours du carburant qui est brûlé et qui émet du CO2. Le bénéfice repose donc sur le bilan carbone global du carburant.

Ce projet arrive alors que l’Europe poursuit sa trajectoire en faveur du tout-électrique, malgré quelques assouplissements accordés récemment. De son côté, Horse défend une approche où hybrides, carburants bas carbone, électrique et hydrogène coexisteraient pour réduire les émissions. Un discours qui reflète avant tout une réalité industrielle. Aujourd’hui, l’immense majorité du parc automobile européen fonctionne encore avec un moteur à combustion, et son renouvellement complet prendra du temps.

Bonne ou mauvaise idée ?

Si la démarche derrière le projet est plutôt intéressante, on peut se demander si cela ne risque pas de retarder un inévitable basculement ? D’un côté, améliorer l’efficience permet de réduire immédiatement une partie des émissions, notamment sur les marchés où l’électrification progresse plus lentement. De l’autre, continuer d’investir dans de nouveaux moteurs thermiques interroge sur la cohérence avec les objectifs climatiques à long terme. On a donc là une technologie de transition plus qu’une technologie d’avenir, dont la durée de vie dépendra moins de ses performances techniques que des choix politiques.

À lire aussi
Ce moteur ingénieux de Renault peut transformer une voiture électrique en voiture hybride

Ce moteur sera développé en Espagne, avant tout pour l’Europe. Selon Luis Cabra, DG adjoint de Repsol en charge de la transition énergétique, « soutenir une réglementation qui stimule les investissements dans les carburants renouvelables et les moteurs très efficaces est essentiel pour que l’Europe réduise plus rapidement les émissions des transports ». Bref, avec ce nouveau moteur, Horse cherche surtout à démontrer qu’il est possible d’améliorer l’efficience d’un bloc thermique et qu’il ne faut pas forcément attendre le développement de technologies plus complexes et plus longues à industrialiser.

Cet article vous a plu ? Rejoignez la discussion !

Accéder au forum
light is rightil y a 2 mois

Quand dans un seul article on lit ''Bilan carbone / Emissions réduites / Aramco / carburant 100% renouvelable'' c'est pour moi encore et toujours du greenwashing.
44% de rendement moteur...wow ! la belle jambe !

11

CAC72il y a 2 mois

En Chine, 65% des voitures neuves vendues sont encore équipées d'un moteur thermique. GWM (qui vient de présenter un V8 biturbo !), Chery, BYD et même Xpeng investissent encore en R&D pour améliorer ce type de moteur. A l'échelle mondiale (sans parler des Etats-Unis où l'électrique recule), on est très loin d'un basculement qui justifierait qu'on ne cherche pas à l'améliorer. De plus, le moteur thermique va continuer à exister ailleurs que dans l'automobile.

8

CAC72il y a 2 mois

Quelques précisions pour ceux qui nous lisent :
- c'est De Meo qui a lancé Horse.
- ce n'est pas du tout un "investissement" au sens classique (qui coûte) : Renault apporte des actifs existants (usines, activité, ingénierie). Les partenaires apportent du cash pour acheter une part de cette activité. Ca partage donc les coûts et les risques, et ça libère au contraire des ressources pour l'électrique.
- abandonner le moteur thermique (équipant encore 80-85% du marché mondial?) aux chinois et aux américains ne changera pas la vitesse de conversion mondiale à l'électrique. On ne voit pas bien pourquoi Renault devrait faire seule ce sacrifice alors qu'elle a un savoir-faire et qu'il y a un potentiel énorme de réduction du CO2 grâce à des améliorations qu'on peut mettre en place rapidement.
- l'utilitaire Flexis développé par Renault est bien en 800v. Ne pas le proposer encore sur les berlines est donc sans lien avec le projet Horse. Tesla ne le propose pas non plus sur ses berlines.
- Renault n'a jamais fait de "leçon de patriotisme" à personne. Fabriquer une voiture en France et dire qu'elle est fabriquée en France, ce n'est pas sermonner les consommateurs ou les concurrents.

6

Nos guides