AccueilArticlesPourquoi les prolongateurs d'autonomie sont une bonne idée pour apprendre à rouler en électrique

Pourquoi les prolongateurs d'autonomie sont une bonne idée pour apprendre à rouler en électrique

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Depuis quelques mois s’enchaînent les annonces pour des voitures électriques avec prolongateur d’autonomie. Est-ce un mal nécessaire pour qu’une plus large partie des automobilistes se décide à passer un cap ?

Rex et les frites

Campons le décor : qu’est-ce qu’une voiture électrique à prolongateur d’autonomie ? C’est tout d’abord une véritable voiture électrique dont on peut recharger classiquement les batteries chez soi ou à l’extérieur. Il est donc possible de l’utiliser sans limite sans jamais démarrer le moteur thermique. C’est donc toujours le ou les machines électriques qui font avancer le véhicule, le bloc fonctionnant avec du pétrole plus ou moins coupé avec du bio-ceci ou du bio-cela ne servant qu’à envoyer de l’énergie dans les batteries.

De vous à moi, on est bien d’accord qu’avec toutes les bornes de recharge que l’on trouve maintenant quasiment partout en France, ce truc-là est carrément obsolète ! Nous, on le sait, mais pas encore ceux qui ont toujours comme freins principaux à l’électromobilité l’autonomie et la recharge.

Le prolongateur d’autonomie que l’on nomme aussi Rex (Range EXtender), c’est comme les frites (en mousse, pas de pommes de terre) ou la bouée quand on a encore peur de couler à la piscine alors que tous les copains montrent que c’est si simple de nager. Mais il n’y a rien à faire, ce sacré prof de sport, ce mono, ce père ou ce grand frère qui pousse à avancer dans l’eau bouscule les sécurités intérieures et, na, pas question de lui donner raison ! Il faut alors une béquille pour jouer le rôle de cette volonté que l’on n’a pas à ce moment-là. Bien des années plus tard, alors que même s’élancer dans la mer ne fait plus peur, on rigole de cette période.

C’est pareil pour la voiture électrique : pour beaucoup c’est vécu comme un cap qu’on les force à passer : « Peu importe que ce soit bon pour l’environnement, la santé, la planète, le budget personnel… c’est imposé, donc j’y avance à reculons et j’ai besoin pour me lancer de ma bouée à défaut de volonté ». Et plus tard on rigolera bien d’avoir craint autant de passer à l’électrique alors qu’au quotidien c’est si simple quand on peut recharger chez soi, au travail ou dans les environs.

D’abord, une voiture électrique

Qui a été le premier à imaginer un prolongateur d’autonomie pour les voitures électriques ? Sait-on dans quelle piscine les frites ont servi pour la première fois ? Peut-être, après tout, mais je ne vais pas faire cette recherche. J’ai lu sur le Net que l’on pouvait attribuer à Ferdinand Porsche l’invention en 1900 ou 1901 du prolongateur d’autonomie sur la Semper Vivus (Toujours vivante) réalisée dans le cadre d’une collaboration avec le fabricant de véhicules hippomobiles Ludwig Lohner. Sur ce lourd engin, les moteurs électriques sont dans les roues avant ou dans les quatre. Comme sur des vélos électriques à moteur dans un moyeu, ça se remarque très vite à cette sorte de sabot qui a mangé les rayons en bois.

Ce sont bien toujours les batteries au plomb qui alimentent ces moteurs, rechargées grâce à deux blocs à essence De Dion-Bouton de 3,5 ch. Mais ces derniers ne sont-ils bien que des prolongateurs d’autonomie rechargeant au besoin les batteries, ou jouent-ils le rôle principal comme avec la technologie e-Power de Nissan que l’on ne peut pas brancher à l’extérieur ? Difficile de le savoir tant la Semper Vivus est à la croisée des chemins.

Avant l’ajout des moteurs thermiques, la Lohner-Porsche avait été réalisée pour répondre à une commande du carrossier britannique E.-W. Hart souhaitant participer à des compétitions. C’était donc alors un véhicule 100 % électrique. Rechargé comment ? A l’époque, pour éviter les longues recharges, remplacer les batteries était la solution employée, par exemple par Charles Jeantaud en 1895 pour la course Paris-Bordeaux-Paris.

Mais qui connaît tout cela parmi les automobilistes pas encore devenus électromobilistes ? Déjà la proportion ne doit pas être très élevée de ceux qui savent que la BMW i3 lancée en 2013 pouvait recevoir un Rex en option. Même si auparavant on a pu voir ce principe sur d’autres voitures électriques, c’est ce modèle qui, pour beaucoup, sert de référence quand revient sur le tapis le sujet du prolongateur d’autonomie. Avec des réseaux de recharge carrément pas développés, les utilisateurs de voiture ont pu s’élancer sur de longues distances sans craindre la panne d’électricité.

Cette option que les autres constructeurs n’avaient pas adoptée à ce moment-là avait du sens pourtant. Elle est beaucoup moins utile aujourd’hui quand on sait se jeter à l’eau avec confiance. Et pourtant, depuis quelques mois, l’idée d’un prolongateur d’autonomie semble hanter les bureaux d’études chez les constructeurs.

Multiples exemples

Que trouve-t-on en remontant quelques mois en arrière les actualités sur Automobile Propre concernant les marques qui s’intéresseraient aujourd’hui aux voitures électriques à prolongateur d’autonomie.

Février 2025 : on apprend que Ford veut proposer d’équiper ses gros SUV et pick-ups d’un prolongateur d’autonomie pour éviter de les rendre hors de prix avec des batteries fortement capacitaires.

Juin 2025 : avec ZF, BMW voit très bien son X5 avec un Rex comme autrefois la i3. Cette fois-ci, il s’agirait de profiter du succès rencontré en Chine par Li Auto pour cette architecture.

Septembre 2025 : à travers la coentreprise Horse, Renault et Geely ont développé le moteur ultra-compact C15 devant servir de prolongateur d’autonomie.

Octobre 2025 : Xpeng poursuit avec les G6 le développement d’une gamme de voitures électriques à prolongateur d’autonomie Kunpeng.

Octobre 2025 : autre marque chinoise, Leapmotor continue aussi, avec le SUV D19, à diversifier ses voitures électriques en ajoutant un tel système.

Novembre 2025 : Directeur général du groupe Renault depuis alors quelques mois, François Provost laisse entendre que des électriques à prolongateur d’autonomie pourraient être proposées en version sur de futurs modèles.

Décembre 2025 : Au tour de Volkswagen de s’y mettre en pensant à deux moteurs différents comme prolongateur d’autonomie à ses voitures électriques des segments respectifs B et C. L’ID. Polo en ferait partie.

Décembre 2025 : à nouveau Xpeng, cette fois-ci pour ajouter la berline P7+ à son catalogue des VE à Rex. Les clients européens en profiteraient.

Janvier 2026 : retour chez Volkswagen avec le SUV 6 places ID. Era 9X développé pour la Chine en partenariat avec SAIC. Il aurait lui aussi sa version à Range Extender.

Janvier 2026 : en s’appuyant sur son partenariat avec Leapmotor, Stellantis pourrait ajouter aux catalogues des marques Opel, Citroën, Peugeot, DS et Fiat des VE à Rex.

Mars 2026 : Mazda nous avait déjà servi le moteur rotatif en prolongateur d’autonomie de sa MX-30, pourquoi pas cette turbine chez Subaru ?

De la mesure avant tout

Ça part donc dans tous les sens, même à imaginer les prolongateurs d’autonomie pour les utilitaires et les poids lourds. Au passage, on remarque que nos constructeurs européens sont fortement influencés en cela par leurs partenaires homologues concurrents chinois. Ce qui inquiète d’ailleurs pas mal d’observateurs lorsqu’il s’agit d’associer des grosses batteries avec un Rex. On est alors clairement dans un gaspillage de ressources qui va nuire à l’efficience, mais qui répond à cette demande d’une voiture électrique capable de couvrir 1 000 km sans avoir à s’arrêter.

Est-ce que les automobilistes qui avancent cet argument pour ne pas passer aujourd’hui au VE le feront alors vraiment ? Rien n’est moins sûr ! Dans une démarche mesurée, un prolongateur d’autonomie ne devrait être associé qu’à une batterie suffisante, sans excès, pour les déplacements locaux du quotidien. Par exemple de quoi parcourir de l’ordre de 200-250 km, le Rex permettant de doubler l’autonomie.

L’intérêt d’une telle motorisation ne devrait être que d’apporter la confiance dont pas mal d’automobilistes auraient temporairement besoin avant de se sentir prêts à se passer de leurs frites. Sauf peut-être en développant un système justement temporaire. Je pense à la capacité de retirer le prolongateur d’autonomie une fois la confiance prise, avec, dans l’idéal, la possibilité de profiter de la place libérée pour ajouter un module de batterie.

Je sais, j’en demande peut-être beaucoup là. Je peux même aller encore plus loin, avec une sorte de location temporaire du moteur thermique pour qu’il soit ensuite utilisé par d’autres. Ce qui aurait le mérite de réduire le gaspillage de matière, d’énergie et d’émissions de CO₂. Ces prolongateurs d’autonomie ne doivent pas être un prétexte à continuer à traire l’automobiliste façon vache à lait, mais à accélérer l’adoption de l’électromobilité auprès de ceux qui ont besoin d’un temps d’accoutumance.

Plutôt que de devoir acheter une hybride rechargeable à conserver quelques années avant de prendre une électrique, un VE avec prolongateur d’autonomie qui pourrait être rendu au bout de quelques mois serait un bon compromis. Ce qui est juste très difficile à estimer, c’est le nombre potentiel d’automobilistes qui seraient vraiment intéressés au point de concrétiser l’achat d’une telle voiture. Et quels constructeurs seraient également prêts à soutenir un tel concept ?

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P6310JMPil y a 3 heures

Le REX reste une très bonne solution, à condition de ne pas mettre un moteur thermique de 1500cc ! Une batterie de 60kw et un REX de 900cc au maximum pourrait être une bonne solution. J'ai une BMW I3 et je n'ai jamais dû rouler avec le REX parce que je n'avais plus de batterie. C'est une sécurité.

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EVADDICTil y a 23 minutes

Cette solution est à envisager uniquement pour certains types de véhicules dont l'aérodynamisme peu favorable les rend inutilisable sur longue distance.

Je pense aux utilitaires avant tout type Kangoo / Trafic / Master.
Et j'inclus dedans l'ID Buzz qui serait certainement bcp plus attractif avec un Rex.

Quant aux SUV c inutile, avec le X3 Electric, Le Model Y ou encore le Xpeng G6...etc.
Il y a tout ce qu'il faut pour voyager loin en Electric.

Philou du 17il y a une heure

C'est une complète absurdité !!!
La solution électrique a été motivée par le fait de supplanter les moteurs thermiques quels qu'ils soient... dans le but de diminuer les émissions de Co2 !
Pourquoi revenir dessus et proposer des véhicules avec extension ?
Il va véritablement falloir que "les hésitants" se documentent et s'informent sur le sujet !
C'est encore un business qui rapportera à certains constructeurs/profiteurs, une fois de plus !

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