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Cupra Raval 2026 : toutes les indiscrétions entendues à la présentation

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La révélation de la Cupra Raval, citadine électrique catalane, était l’occasion de faire le point sur les progrès de la jeune marque et la nouvelle plateforme MEB+.

C’est quoi, la Cupra Raval ?

La Cupra Raval est la première citadine électrique du constructeur catalan. Mesurant 4,05 m de longueur, elle se placera en concurrente des Renault 5 et Peugeot e-208, pour un tarif démarrant à 25 990 €. Elle inaugure un nouveau squelette technique du groupe Volkswagen, nommé MEB+.

Primeur

La Cupra Raval sera la première voiture commercialisée sur la plateforme MEB+. Il s’agit d’une version remaniée et adaptée aux petits véhicules du kit MEB des véhicules électriques du groupe Volkswagen, auquel appartient Cupra. Pourquoi lancer la Raval avant les Volkswagen ID.Polo, ID.Cross ou Skoda Epiq ?

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« C’était clair depuis le départ, explique Carlos Galindo, responsable marketing des modèles Cupra à l’échelle mondiale. C’est une politique maison du groupe VW : l’équipe qui développe les produits a droit au lancement ». Ce sont en effet les ingénieurs basés en Espagne du tandem Seat-Cupra qui ont développé le quatuor.

Viva España

Le pays bénéficie du savoir-faire de Seat côté coûts, mais aussi d’un réseau logistique efficace. La Volkswagen ID.Polo et la Cupra Born seront fabriquées ensemble à Martorell. Le site catalan a reçu 300 millions d’euros d’investissements pour 1 000 nouveaux robots ou une unité d’assemblage de batteries reliée au site principal par un pont. La lettre spécialisée Gigacasting Newsletter annonçait aussi l’utilisation d’une presse géante pour la protection de la batterie de cette famille de véhicules.

Les Volkswagen ID.Cross et Skoda Epiq verront le jour à Pampelune, à 400 kilomètres de là. Les deux usines sont aisément joignables par le rail et débouchent sur un maxi-port (Barcelone). Elles bénéficient de l’ample réseau de sous-traitants développé depuis des décennies en Espagne : Renault, Stellantis (Citroën/Opel) ou Ford y recourent abondamment.

Ajoutez au tableau l’usine de cellules de Valence menée par PowerCo, filiale « piles » de VW. Cette usine sera spécialisée dans l’assemblage de cellules de chimie lithium-fer-phosphate (LFP), dont la production sera logiquement orientée sur ces petits véhicules. Elle devrait être opérationnelle au deuxième semestre 2027.

Les LFP en fin d’année

Les porte-paroles de la marque nous indiquent que la commercialisation du Raval « petite batterie/LFP » aura lieu au deuxième semestre 2026. Si aucune confirmation officielle ne nous a été donnée, on peut donc déduire que Cupra fera appel à un fournisseur extérieur de cellules pendant les premiers mois de commercialisation.

Les chaînes de puissance :

• Raval : 116 ch / 37 kWh (LFP)

• Raval V Plus : 135 ch / 37 kWh (LFP)

• Raval V Endurance : 211 ch / 52 kWh (NMC)

• Raval VZ : 226 ch / 52 kWh (NMC)

Les grosses batteries seront pour leur part des PowerCo dès les débuts de la Raval, ce printemps. Elles proviendront de la Gigafactory – c’est le terme consacré – de Salzgitter, pas très loin de Wolfsbourg, au nord de l’Allemagne. Après le démarrage de la production en décembre, elle monte actuellement en cadence jusqu’à sa marche attendue à 20 GWh.

C’est un moment crucial. Si vous savez lire l’anglais, ce livre blanc donne une idée de la tâche en cours en phase de décollage (ramp-up). Et si vous préférez la VF, le cas ACC dans le nord de la France est tout aussi éclairant.

450 km d’autonomie

Lors de cette présentation statique, Cupra nous a communiqué une fiche technique encore provisoire. Le chiffre saillant était une autonomie « d’environ 450 kilomètres » pour la version V Endurance (211 ch/52 kWh).

Nous avons déjà envoyé un petit mot à Soufyane, l’auteur de nos Supertest. Selon ses calculs, on peut anticiper la consommation moyenne de la Raval 52 kWh autour de 11,6 kWh/100 km sur un cycle WLTP. Elle serait donc, en théorie, plus économe que la Peugeot e-208, actuelle référence sur le segment. Elle ferait aussi nettement mieux qu’une Renault 5… Attention, ces chiffres doivent être pris avec des pincettes.

  • Cupra Raval (211 ch/52 kWh) : « environ 450 km »
  • Peugeot e-208 (156 ch/54 kWh) : 433 km
  • Renault 5 (150 ch/52 kWh) : 410 km

Ils n’en sont pas moins remarquables. Parmi les éléments pouvant expliquer ce faible appétit, on peut pointer la nouvelle machine APP290 ou encore l’onduleur utilisant des semi-conducteurs au carbure de silicium (SiC).

Freins à disques

Lors de ce statique, notre Cupra Raval était dotée de freins à disques à l’arrière. Ce fait banal est bien une information. Car cela distingue la plateforme MEB+ de la MEB « tradi » (Volkswagen ID.4, Skoda Enyaq…) où l’on était revenu aux tambours.

Le groupe défendait jusqu’ici le tambour postérieur. Le gros du freinage s’effectue via la régénération ou les disques avant. Nous avions constaté les limites du système dans une descente alpine avec un lourd Volkswagen ID. Buzz avec batterie pleine : odeur de chaud, pédale allongée… Un cas de figure rare, mais problématique « psychologiquement » pour les acheteurs. La parenthèse du tambour semble donc refermée, même si la régénération abaisse les contraintes pour les systèmes de freinage.

Arrivée d’Android

Puisqu’elle est première de cordée sur la plateforme MEB+, la citadine catalane inaugure aussi un nouveau système d’exploitation (OS). Après bien des années de bugs avec des architectures Cariad, le groupe a décidé de se baser sur Android.

Cette décision devrait faciliter l’usage d’applications tierces comme Spotify ou Youtube. L’écran central 12,9 pouces offre ainsi une présentation chatoyante, bien que les menus soient encore nombreux. Mais il était encore difficile de se faire une opinion sur la fluidité ou le catalogue de prestations de la dalle lors de notre visite à Barcelone. Sur l’écran, la navigation nous localisait en Allemagne…

Cupra va très bien, merci

L’an dernier Cupra a doublé Nissan, Fiat ou Tesla au palmarès des marques automobiles les plus vendues en Europe, avec des immatriculations en progrès de 35 %.

Classement des marques en Europe en 2025 (28 pays) :

14 – Citroën : 352 521

15 – Volvo : 333 129

16 – SAIC (MG) : 305 717

17 – Cupra : 297 724

18 – Nissan : 291 720

19 – Fiat : 271 098

20 – Tesla : 238 656

(source : ACEA)

La part de marché est passée de 1,3 % en 2022 (21ᵉ) à 2,3 % l’an passé (17ᵉ). Les volumes additionnels de la Raval sur le segment B devraient rapprocher Cupra de constructeurs historiques dégringolants comme Citroën, Opel ou Ford.

Principal moteur de la croissance de la marque, le Formentor demeure le numéro 1 des ventes au sein de la gamme, avec près de 86 000 exemplaires immatriculés sur notre continent. Mais les Leon et Terramar dépassent les 50 000 unités. Cupra n’est donc plus dépendant d’un modèle.

Livraisons de Cupra dans le monde :

  • 2020 : 27 400
  • 2021 : 79 300
  • 2022 : 152 900
  • 2023 : 230 700
  • 2024 : 248 100
  • 2025 : 328 800

(source : Volkswagen Group)

Le million, le million…

Il y a un an et demi, nous vous entretenions du remarquable succès de la marque, capable de tripler les marges de Seat sur chaque véhicule vendu. On vous remet le lien ci-dessous.

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Cupra est désormais millionnaire. La barre du million de véhicules livrés a été franchie l’automne dernier, moins de huit ans après le lancement de la marque. « Nos attentes étaient bien moindres que ce que nous avons accompli, rembobine Carlos Galindo, qui occupe sa fonction depuis 2019.  Le groupe Volkswagen avait toujours acquis des marques, en créer une nouvelle était un véritable défi. Positionner la marque entre le segment grand public et le segment premium était également complexe : nous savions que d’autres marques avaient échoué ».

Peintures seyantes, design tranchant, utilisation des LEDs… La recette a pris : le client Cupra moyen a 47 ans et il s’agit dans 85 % des cas d’un homme. Le lancement de la Raval devrait un peu rééquilibrer la balance vers un public féminin.

La cible

Qui sont les acheteurs potentiels pour la plus petite Cupra de l’histoire ? Carlos Galindo nous dresse le portrait-robot : « Nous avons travaillé pour attirer des couples de 30 à 40 ans qui veulent un produit qui permet de se distinguer et qui veulent conduire quelque chose de différent. Un autre groupe cible est celui qui cherche une deuxième voiture pour le foyer capable de transmettre des émotions ».

Si l’on parle bien de segment B côté format extérieur (4,05 m), la Raval étonne par son vaste intérieur. En nous installant à l’arrière, nous nous sentions davantage dans une compacte de segment C façon Renault Mégane E-Tech ou Volkswagen ID.3. « En regardant l’état du marché de l’électrique, notre principal marché sera l’Allemagne, poursuit le responsable. Mais la France jouera aussi un rôle significatif en raison du poids qu’y joue ce segment ».

Pas si Espagnole finalement…

Les ambitions sur le marché espagnol demeurent contenues. La part de marché de l’électrique en Espagne était de 8,4 % en 2025, contre 20 % en France. Le gouvernement de Pedro Sanchez a récemment annoncé un programme de 400 millions d’euros d’aides directes à l’achat et des 300 millions d’euros pour le développement des bornes. Contrairement à la France, Madrid a choisi de rester agnostique concernant l’origine du véhicule « bonussé ». Précisons que les entreprises chinoises placent des pions dans le pays, avec les investissements de Geely (Ebro), CATL ou Leapmotor.

Tavascan sauvé des droits

Le Cupra Tavascan, concurrent des Tesla Model Y ou Ford Capri, effectue des débuts honorables. Les 35 000 exemplaires écoulés en Europe constituent ainsi le triple des livraisons de Volkswagen ID.5. Ce qui doit susciter des grognements à Wolfsbourg. Le modèle n’a pourtant pas eu des débuts faciles. Il est assemblé depuis ses débuts en 2024 dans l’usine VW d’Hefei, dans la province d’Anhui, en Chine. Et il a été précisément lancé au moment où la Commission européenne terminait son enquête sur la concurrence des VE chinois.

Le modèle a vu ses premières importations pénalisées par les droits de douane à plus de 30 % (contre 10 % « automatiques »). Rebondissement, en février : le groupe Volkswagen a obtenu une exemption de la part de Bruxelles en échange d’un prix plancher et d’un quota maximal de véhicule. Voilà qui pourrait donner des idées à d’autres et donner naissance à la « jurisprudence Tavascan ».

Formule E et raquettes

La griffe Cupra, pour « Cup Racing », s’appela d’abord Seat Sport (oh, l’Ibiza kit-car), produisit une GT de compétition aux traits gaudiesques, puis devint le label performance de la gamme. Logique, donc d’associer la marque aux sports mécaniques. Pour l’heure, l’effort porte sur la Formule E. Après avoir été partenaire de Abt, la marque catalane parraine l’équipe Cupra-Kiro. La chaîne de puissance est fournie par Porsche. L’an dernier, le volcanique Dan Ticktum avait remporté la manche de Jakarta (Indonésie). La marque est aussi le sponsor titre de l’e-Prix de Madrid, disputé sur le tracé historique de Jarama.

Mais la discipline peine encore à se faire apprécier du grand public ou de la communauté du VE. L’arrivée de la quatrième génération de monoplace en fin d’année (800 ch, 4×4, 55 kWh) permettra-t-elle de franchir un palier ? « Nous travaillons avec la discipline pour booster l’effort et faire savoir à tout le monde qu’il y a un championnat plaisant à regarder, nous explique Carlos Galindo. La Formule E a encore du potentiel ». Le responsable marketing compare : « C’est toujours un pari. Quand nous avons commencé à sponsoriser l’univers du padel, personne n’en parlait. Aujourd’hui, tout le monde y joue ».

Profitons-en pour ajouter un trait d’union avec une autre marque en quête d’image. Cupra est largement le fruit du cerveau de l’expert italien du marketing, Antonino Labate. Un homme qui se présente ainsi sur le réseau social Linkedin : « Je suis un créateur de marques, un stratège d’entreprise et un leader entrepreneurial possédant une solide expérience à l’intersection des secteurs de l’automobile, du lifestyle, du sport et des plateformes expérientielles ». Proche de Luca de Meo, il est aujourd’hui chez Alpine. Devinez-vous qui est entré dans le monde du padel ?

La suite

Le lancement de Raval remplira le gros de l’agenda cette année. Mais la marque prépare aussi l’arrivée d’une Born restylée. Et surtout l’arrivée d’un SUV électrique grand format, sans doute inspiré du récent Tindaya. Ce véhicule attendra sans doute un peu. Premièrement car il devrait être basé, selon nos confrères d’Auto Express, sur la très attendue plateforme SSP « 800 volts ». Mais aussi parce que ce modèle avait pour but d’attaquer le marché américain. Or, les politiques douanières de Donald Trump sont ce qu’elles sont.

Pour une fois, Cupra pourrait attendre un peu.

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