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Batteries de voitures électriques : la Chine contrôle désormais 70 % du marché mondial

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La domination chinoise dans la voiture électrique ne se limite plus aux modèles eux-mêmes. Elle s’étend désormais très largement à leur composant clé : la batterie. En 2025, les fabricants chinois ont représenté près de 70 % du marché mondial des batteries pour véhicules électriques, selon une analyse relayée par Nikkei Asia. Une progression spectaculaire en quelques années.

En 2021, la part des acteurs chinois était encore inférieure à 50 %. Quatre ans plus tard, elle frôle les 70 %, confirmant un basculement rapide de l’équilibre industriel mondial. Au sommet de cette hiérarchie, CATL (Contemporary Amperex Technology Co. Ltd.) reste largement leader. Le groupe, fournisseur de nombreux constructeurs internationaux dont Ford, a enregistré en 2025 un bénéfice net record de 72,2 milliards de yuans (environ 9 milliards d’euros), en hausse de 42 % sur un an. Plus largement, les entreprises chinoises dominent les classements : elles occupent six places dans le top 10 mondial des fabricants de batteries en termes de capacité installée.

Face à cette montée en puissance, les industriels sud-coréens, longtemps leaders sur le marché, sont sous pression. Des acteurs comme LG Energy Solution ou SK On subissent de plein fouet le ralentissement du marché des véhicules électriques aux États-Unis. Ce contexte les a contraints à s’adapter rapidement. Ainsi, le premier a engagé une restructuration, notamment via la cession d’actifs liés à sa coentreprise avec Honda dans l’Ohio, tandis que le second a supprimé près de 1 000 emplois dans son usine de Géorgie. Contrairement à leurs concurrents chinois, ces groupes sont fortement exposés au marché nord-américain, où les politiques de soutien à l’électrique évoluent et ralentissent la dynamique.

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Les fabricants chinois, eux, continuent leur expansion à l’international, en particulier en Europe. BYD, numéro deux mondial derrière CATL, multiplie les projets industriels, spécifiquement avec des usines en Hongrie et en Turquie. Le constructeur chinois produit ses propres batteries pour ses véhicules, mais fournit aussi désormais d’autres marques, comme Stellantis ou Xiaomi. Cette stratégie d’intégration verticale afin de produire ses batteries en interne constitue un avantage clé, permettant de maîtriser les coûts et d’assurer les volumes.

Malgré cette domination, l’année 2026 pourrait s’annoncer plus contrastée. En Chine, les ventes de véhicules électrifiés ont reculé de 28 % sur les deux premiers mois de l’année, notamment après des ajustements des subventions publiques. Ce ralentissement pourrait accélérer une phase de consolidation du secteur. Les acteurs les plus solides, que ce soit technologiquement ou financièrement, devraient en sortir renforcés, tandis que les plus fragiles pourraient disparaître.

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Cette situation souligne un point clé pour l’industrie européenne : la dépendance aux batteries étrangères reste élevée. Alors que les gigafactories se multiplient en Europe, la domination chinoise rappelle que la bataille ne se joue pas uniquement sur les voitures, mais aussi (et surtout) sur la maîtrise de la chaîne de valeur des batteries.

Dans un marché de plus en plus concurrentiel, celui qui contrôle les batteries contrôle une grande partie de l’avenir de la voiture électrique.

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