Chargemap Pass : il recharge votre voiture avec de l’électricité verte

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Lancé en juin 2017, le Chargemap Pass est un badge format carte de crédit qui permet aux électromobilistes d’utiliser des dizaines de milliers de points de charge, gratuits ou payants, ainsi que les plus grands réseaux de recharge rapide en Europe, tels que Ionity, Allego, Fastned ou encore Corri-Door. Sur son site, Chargemap affirme que toutes les recharges effectuées avec son pass se font maintenant avec de l’électricité verte. Comment est-ce possible ? Nous avons posé la question à son fondateur, Yoann NUSSBAUMER.

« Quand on roule avec une voiture dite « zéro émission », il est important de s’assurer que l’électricité utilisée pour les recharges provienne d’installations les plus respectueuses de l’environnement, c’est un point qui nous semble primordial » nous dit d‘emblée notre interlocuteur. Malheureusement, quand ils se rechargent sur une borne publique, les automobilistes ne maîtrisent pas la provenance du courant qui alimente leur véhicule…

Chargemap ne possède aucune borne de recharge, « nous n’avons donc aucun pouvoir sur le choix des contrats passés entre les propriétaires des bornes et leurs fournisseurs d’électricité » explique le chef d’entreprise.

Comment l’opérateur de mobilité peut-il alors promettre de l’électricité verte pour les recharges de ses clients ? « Cela mérite en effet quelques explications » avoue-t-il. « Pour arriver à proposer cette offre, nous nous appuyons sur le dispositif des Garanties d’Origine (“GO”), qui permet une stricte traçabilité de l’électricité “verte” à l’échelle européenne ». 

Yoann NUSSBAUMER : « Chaque borne compatible avec le Chargemap Pass devient un point de recharge en énergie verte »

Il s’agit du système utilisé par de nombreuses offres d’électricité verte sur le marché. Le mécanisme des GO est aussi le seul dispositif reconnu en France pour tracer les productions d’énergie provenant de sources renouvelables. Il a été mis en place par une directive européenne datant du 23 avril 2009.

Une garantie d’origine est un document électronique certifiant l’origine de l’électricité fournie par une unité de production renouvelable. Les installations de production délivrant des GO doivent s’enregistrer dans le registre national des garanties d’origine géré en France par Powernext, un organisme agréé par le ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie. Ces producteurs peuvent ensuite émettre une GO pour chaque MWh d’électricité verte produit et injecté dans le réseau électrique. Les certificats qui y sont attachés sont des documents officiels et infalsifiables.

« S’il est malheureusement totalement impossible de déterminer l’origine et la nature des électrons qui rechargent la batterie d’un véhicule, nous pouvons garantir, grâce au mécanisme des GO, que pour chaque kWh chargé avec le Chargemap Pass, un kWh a été injecté dans le réseau par un producteur d’énergie solaire ou éolienne » nous assure Yoann NUSSBAUMER. « Chaque borne compatible avec le Chargemap Pass devient maintenant en quelque sorte un point de recharge en énergie verte ! » se réjouit-il.

Pour chaque kWh chargé avec le Chargemap Pass, un kWh a été injecté dans le réseau par un producteur d’énergie solaire ou éolienne

Grâce à un partenariat avec l’énergéticien alsacien ES, Chargemap acquiert en effet auprès de Powernext les certificats d’origine garantie qui couvrent la totalité des recharges effectuées avec le Chargemap Pass, y compris celles des offres dédiées aux flottes d’entreprise. « Nous avons fait le choix de nous baser sur de l’électricité provenant à 50% de l’éolien et à 50% du solaire car ces modes de production encouragent une production d’énergie décentralisée et ouverte à tous », nous confie-t-il encore.

« Avec ce mécanisme, plus les conducteurs consomment de l’énergie renouvelable d’origine garantie, plus les producteurs sont incités à en produire. Nous sommes fiers d’être le premier et le seul opérateur de mobilité électrique à proposer une offre de ce type en itinérance » conclut le fondateur de Chargemap.

Vous l’aurez compris, si vous avez déjà un Chargemap Pass vous n’avez rien à faire pour bénéficier de cette offre d’énergie verte. Pas de nouveau badge à commander, pas d’abonnement supplémentaire à souscrire, pas d’augmentation de tarifs : toutes les recharges que vous effectuez depuis le 1er juillet 2019 sont couvertes.

En savoir plus : Article de présentation de l’offre d’énergie verte sur le blog de Chargemap

NDLR : Yoann NUSSBAUMER est aussi le fondateur et propriétaire d’Automobile Propre

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rvdboomil y a 7 ans

Sortir des termes comme "greenwashing" n'aide pas non plus à avoir un propos mesuré.
Soyons honnêtes, il y a une très forte résistance en France sur le fait de se donner les moyens de sortir du nucléaire, alors que le bas coût de cette électricité n'est ce qu'il est que parce que on n'a pas intégré dans son montant le coût du stockage et du démantèlement des vieilles centrales. Cette position a empêché le développement d'autres approches de production et de stockage de l'électricité, bien qu'avec les difficultés de l'EPR, la filière nucléaire paraisse aujourd'hui en grosses difficultés.
Dire que l'usager lambda va être "dépossédé" de la part verte de son mix énergétique est assez douteux, car il n'a jamais rien demandé et était très satisfait de sa situation d'il y a 10 ans où plus de 90% de son électricité venait du nucléaire. Sans politiques incitatives, on en serait encore là.
Aujourd'hui, certaines personnes, dont je suis, veulent s'assurer que l'électricité verte ait les moyens de son développement, quitte à payer l'électricité plus chère, afin que le mix énergétique total s'inverse. Ce système de certification permet d'isoler clairement quelle est la demande en électricité verte de manière à dimensionner la production en conséquence. En faisant appel à des fournisseurs qui tentent de garantir cette origine (Enercoop en ce qui me concerne), je m'assure que les investissements aillent vraiment à de nouvelles structures de production vertes et pas à couvrir l'énième surcout de Flamanville. Sachant qu'EDF et ses usagers en bénéficieront aussi.
Où est le problème?

rvdboomil y a 7 ans

Comme indiqué plus haut également, à partir du moment où la demande d'électricité avec certificat vert va dépasser ce que les systèmes de production verts peuvent produire, cela incite forcément les producteurs à investir dans les systèmes de production. Donc quelque part, oui acheter un bout de papier fait pousser une éolienne, c'est évidemment en différé mais l'important est que le système favorisera au fur et à mesure un changement dans le mix énergétique. Le PDF auquel vous faites référence évacue le fait que la production existante a suffit jusqu'à maintenant à couvrir la demande d'électricité certifiée, d'où une absence d'impact sur le mix énergétique. Mais cela changera si la demande d'électricité certifiée continue de croitre. Ce type de demande est très jeune, il faudra encore quelques années pour que l'effet soit sensible.

rvdboomil y a 7 ans

Loi de l'offre et de la demande : plus les clients demanderont une garantie que leur électricité soit verte, plus les fournisseurs devront en produire, et mécaniquement diminueront la production qui ne sera pas verte. Peu importe le mix à un instant donnée, le nombre croissant de certificats verts imposera d'investir.
C'est étonnant qu'autant de commentateurs ne comprennent pas cette logique pourtant assez simple.

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