Ce constructeur de voitures électriques veut être le nouveau Tesla, mais à quel prix ?

La suite de votre contenu après cette annonce

Rivian travaille d’arrache-pied pour mener à bien le développement du R2, un SUV électrique attendu l’année prochaine. Souvent présenté comme le nouveau Tesla, ce constructeur californien n’hésite pas à dépenser énormément d’argent pour arriver à ses fins. Au fil des mois, les pertes se creusent. Mais la marque continue d’y croire.

Rivian creuse ses pertes mais…

Rivian continue de brûler du cash à un rythme impressionnant. Pour le troisième trimestre 2025, la société affiche une perte nette de 1,17 milliard de dollars, légèrement supérieure à celle de l’an dernier. Un chiffre qui traduit la difficulté à rendre rentable la production de ses véhicules électriques, et cela malgré une hausse significative du chiffre d’affaires. Celui-ci atteint 1,56 milliard de dollars, soit + 78 % sur un an, porté par la progression des livraisons et la montée en puissance de ses revenus dans le domaine du logiciel.

Dans le détail, les ventes automobiles ont généré 1,14 milliard de dollars (+ 47 %), tandis que les activités de logiciels et services, désormais stratégiques pour Rivian, ont bondi à 416 millions (+ 324 %). Le groupe a même dégagé un bénéfice brut consolidé de 24 millions de dollars, un signe encourageant, mais encore fragile.

Les volumes suivent la même tendance : 13 201 véhicules livrés entre juillet et septembre, contre 10 661 au trimestre précédent. La production s’établit à 10 270 unités dans l’usine de Normal, en Illinois. Rivian table désormais sur 41 500 à 43 500 livraisons pour 2025, tout en confirmant un résultat toujours négatif, entre -2,0 et -2,25 milliards de dollars.

À lire aussi
La marque de voitures électriques qui doit aider Volkswagen connaît des difficultés

Malgré ces pertes abyssales, le constructeur assure maintenir le cap. RJ Scaringe, son fondateur rappelle que « l’avenir de l’automobile sera électrique, autonome et défini par les logiciels ». Une conviction qui justifie des investissements colossaux. La société consacre près de 2 milliards de dollars à ses dépenses d’infrastructure et à la préparation de son futur modèle, le R2. Rivian dispose encore d’une trésorerie confortable de 7,69 milliards de dollars de liquidités, mais la rentabilité reste un horizon lointain.

Le R2, pari décisif pour l’avenir de la marque

Après la commercialisation de son premier modèle, le R1, c’est désormais sur le R2 que repose une grande partie des espoirs de Rivian. Ce SUV électrique plus compact, promis à un prix d’appel de 45 000 dollars, doit permettre à la marque d’élargir sa clientèle, bien au-delà des acheteurs aisés des R1T et R1S. Moins luxueux mais plus accessible, le R2 ambitionne de devenir l’équivalent du Model Y chez Tesla : un véhicule de volume capable de propulser Rivian vers la rentabilité. C’est toute l’ambition du groupe d’Irvine.

Les infrastructures sont prêtes. L’usine de Normal vient d’être agrandie pour accueillir une nouvelle ligne d’assemblage dédiée avec une capacité pouvant atteindre 155 000 unités par an. Un second site est déjà en construction en Géorgie. Les prototypes du R2 passent actuellement des tests de validation et les premières livraisons sont prévues pour le premier semestre 2026 aux États-Unis, et en 2027 chez nous, en Europe.

Plus petit, mais toujours fidèle à l’esprit d’aventure cher à la marque, le R2 promet une autonomie aux alentours des 550 km pour les versions les mieux équipées. Il bénéficiera d’un système à double moteur avec transmission intégrale et intégrera aussi la nouvelle plateforme logicielle maison de Rivian, commune à ses futurs modèles.

Mais la route reste semée d’embûches. Rivian affronte une concurrence de plus en plus féroce et fait face à une pression réglementaire importante depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. De sa réussite dépend non seulement son avenir, mais aussi la possibilité, pour la première fois, de voir émerger un vrai rival américain à Tesla.

Cet article vous a plu ? Rejoignez la discussion !

Accéder au forum
Bofil y a 6 mois

On en est avec Rivian, au même moment que celui où se trouvait Tesla, lors de la sortie du model 3, ou ce n'est pas passé loin de la faillite (dixit Musk lui même).
Néanmoins, les actionnaires semblent suivre, et les usines prêtes à produire le modèle " grand public ", qui peut se vendre au niveau international, de part son gabarit, contrairement aux modèles précédents de la marque.

1

perlybirdil y a 6 mois

Certains semblent l'oublier mais tesla à en effet mis 10 ans avant de devenir rentable.
C'est en effet la phase classique de la vallée de la mort de toute startup, lorsque la totalité du cash des business angels à été brulé.
Pour Rivian, cela va être le cas à partir de l'année prochaine lorsque la dette nette va passer en négatif et que l'entreprise est encore loin d'avoir atteint la rentabilité. Vu que le break event n'est pas attendu avant 2028, tout va se jouer dans les prochaines années.
Mais avec Amazon et Volkswagen comme actionnaires, je ne pense pas que ça devrait être un problème, même si il devait être nécessaire de remettre la main à la poche pour financer le développement.

Nos guides