AccueilArticlesBatteries des voitures électriques : il y a trop de production et pas assez de demande

Batteries des voitures électriques : il y a trop de production et pas assez de demande

La suite de votre contenu après cette annonce

Un récent rapport montre que les capacités mondiales de production de batteries pour les voitures électriques sont bien au-dessus de la demande. Cette situation fait peser des risques financiers sur les fabricants. Nous avons pu le constater en Europe avec Northvolt.

La filière mondiale des batteries pour véhicules électriques affiche un déséquilibre inquiétant entre capacités industrielles et débouchés commerciaux. Un rapport publié il y a quelques jours par le groupe AlixPartners montre que la production de cellules dépasse désormais largement la demande projetée à l’échelle mondiale. Fin 2024, la capacité mondiale atteignait plus de 3 TWh, soit environ trois fois la demande réelle pour les véhicules électriques et le stockage d’énergie cette année-là.

Une situation très marquée en Chine

Cet écart croissant entre l’offre et la demande fait peser un risque industriel majeur. Cette situation, particulièrement marquée en Chine, s’explique par un cycle d’investissements massifs. Au sein de l’empire du Milieu, la production prévue en 2025 est plus de cinq fois supérieure à la demande domestique actuelle. En Europe et en Amérique du Nord, la situation semble moins extrême, mais le problème est également présent. La capacité installée ou en construction dépasse du double les besoins réels du marché.

À lire aussi
Batteries : ces deux géants chinois détiennent toujours plus de la moitié du marché mondial

Pour dire les choses autrement, les fabricants de batteries ont parié sur une adoption rapide et massive du véhicule électrique. Tout ne s’est pas déroulé comme prévu. La demande progresse, c’est indéniable, mais à un rythme plus modéré qu’espéré. En 2024, la consommation mondiale de batteries pour véhicules électriques a augmenté de 25 %, une progression en-deçà des niveaux attendus. Les consommateurs se montrent encore prudents face à des modèles dont les prix restent élevés, malgré la baisse du coût du kWh.

La réduction des subventions publiques en Europe et aux États-Unis freine également la progression du marché. Pour beaucoup d’automobilistes, l’équation économique du véhicule électrique ne paraît pas encore évidente.

L’exemple Northvolt

Cette surcapacité a des conséquences directes. La faillite de Northvolt illustre bien ce phénomène. La firme a suspendu la production dans son usine de Skellefteå en raison de difficultés financières. Des centaines de personnes ont été licenciées. D’autres acteurs européens, mais pas que, pourraient connaître le même sort si la consommation ne rattrape pas le rythme de production.

Pour les fabricants du Vieux Continent, la compétition est rude face aux géants asiatiques. Les industriels doivent dès maintenant revoir leurs ambitions, adapter leurs capacités et diversifier leurs débouchés, notamment vers le stockage stationnaire ou la mobilité légère. Bref, pour éviter l’éclatement d’une bulle industrielle, le secteur doit désormais passer d’une logique de volume à une logique d’ajustement. L’heure est venue de produire moins, mais mieux. Mais attention à la casse.

Cet article vous a plu ? Rejoignez la discussion !

Accéder au forum
Nemoaddil y a 5 mois

Une batterie sans terre rares, c'est 100% des batteries depuis quelques années.

6

Domdemigil y a 5 mois

C'est à en perdre son latin.

D'un côté les énergéticiens ont du mal à lisser la production d'énergie entre les renouvelables et le nucléaire si bien qu'ils sont obligés de modifier les heures creuses, si bien que parfois ils sont obligés de vendre à prix négatif sur le marché de gros.
De l'autre côté les fabricants de batteries sont à la dure, certaines entreprises font faillite tandis que les autres sont en surproduction et les prix sont orientés à la baisse.
Malgré ces éléments les constructeurs automobiles continuent à nous embrouiller sur le prix des batteries, les intégrant au prix de l'or sur leurs véhicules.
Malgré ces éléments la production d'électricité n'est toujours pas lissée alors que le stockage stationnaire serait idéal pour y parvenir.
Malgré cette surproduction de batteries, l'article parle de trois fois la demande, certains pays comme l'Allemagne par exemple, continuent d'extraire du charbon en grande quantités pour faire tourner des centrales électriques et rejeter des milliers de tonnes de
CO2 dans l'atmosphère.

Quelle est la logique dans tout ceci ?
Quelles sont les volontés politiques derrière ceci ?

Pour rappel à tous nos dirigeants, nous sommes à mi-novembre et les températures moyennes sont encore d'au moins 10° au dessus des normales saisonnières.
Pour rappel, certaines localités de montagne démantèlent des stations de ski car il n'y a plus de neige pour les faire tourner alors qu'il y a moins de 50 ans elles tournaient à plein régime.

Nos dirigeants sont-ils si obtus ? Ne peut-il y avoir un consensus mondial sur l'avenir de notre planète ? à quoi servent toutes ces conventions sur le climat ?

Beaucoup de questions et très peu de réponses, ou du moins une réponse sous forme de question: la géopolitique ?

5

expatil y a 5 mois

C'est un excellent occasion pour les constructeurs d'automobile de augmenter les volumes de production des voitures electriques et baisser les prix.

Au lieux de strategie style "Tavares" de reduire les volumes afin de augmenter les marges par voiture. Voila comment perdre des parts du marche...

4

Nos guides