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A 20 000 €, la nouvelle Renault Twingo électrique est-elle finalement moins chère que la première Twingo ?

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Près de 20 000 € la Twingo électrique : c’est trop ? Attention, cette analyse va bousculer vos idées reçues car il faut remettre les choses dans leur contexte.

Quand Renault a dévoilé les tarifs de la nouvelle Twingo électrique, on a pu voir deux types de réactions. Avec un prix de base de 19 490 €, il y a ceux qui y ont vu une réelle avancée et ceux qui ont trouvé cela trop cher. Il est vrai que le prix semble élevé pour une petite voiture. Mais c’est un progrès, car à ce prix, on a une Twingo produite en Europe, avec une autonomie WLTP de 265 km et un équipement riche.

Un équipement bien plus généreux

Déjà, la Twingo 4 est moins chère que la 3, tout en étant meilleure. Ainsi, la précédente Twingo électrique avait été lancée à 21 350 € avec 190 km d’autonomie. Il est vrai qu’elle faisait mieux sur la recharge, en embarquant en série le chargeur 22 kW. La nouvelle venue se contente en série d’un chargeur AC 6,6 kW. Mais pour 500 €, donc un prix de 19 990 € en cochant cette option, il y a un chargeur bidirectionnel 11 kW avec fonction V2L/V2G et une recharge rapide 50 kW.

L’équipement de base est aussi bien plus généreux. D’ailleurs, de manière plus globale, il faut bien comparer ce qui est comparable. Lorsqu’une Twingo 3 commençait à 10 800 € en 2014, il n’y avait rien, ou presque, en équipement.

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La nouvelle embarque de série les aides à la conduite imposées par l’Europe, comme le freinage d’urgence autonome, l’aide au maintien dans la voie ou les radars de recul, mais propose aussi d’office des équipements que les clients attendent. C’est le cas de la clim (manuelle) et de l’écran tactile 10 pouces. Il y a également le régulateur de vitesse et les sièges arrière coulissants.

En 2014, la finition Life se contentait de quatre airbags, de la direction assistée, de l’ordinateur de bord, du limiteur de vitesse et de la fermeture centralisée par télécommande !

Le SMIC n’est plus le même

L’écart de prix se justifie aussi par l’inflation, qui s’est accompagnée d’une hausse des salaires. Justement, sur ce point, une étude de l’institut mobilités en transition va faire réagir ceux qui trouvent que les voitures sont trop chères. L’étude s’est penchée sur le cas de la Twingo 4 en allant plus loin dans le passé pour la comparaison, puisqu’elle se fait avec la toute première Twingo thermique de 1993, vendue 55 000 francs.

L’étude compare le prix d’achat avec l’évolution des salaires. Ainsi, en 1993, le prix d’une Twingo correspondait à 12 SMIC net de l’époque. Pour la Twingo 4 électrique, cela correspond à 14 SMIC net du moment. Un peu plus de temps donc, mais avec un véhicule ultra équipé en rapport d’une première Twingo dépouillée ! De plus, il y a en France une prime coup de pouce, le nouveau bonus, accordé à tous. Selon les revenus, le montant chez Renault va de 3 620 à 5 740 €. Dans le meilleur des cas, il faut 10 SMIC net actuel.

Moins chère à l’usage

Mais une voiture, ce n’est pas qu’un achat, c’est aussi un usage. Il y a donc des coûts liés à l’énergie, l’entretien, l’assurance, le stationnement, les péages… Plus quelques dépenses qui découlent du type de carburant, comme l’installation d’une borne de recharge. Cela donne donc un coût total de possession.

L’institut s’est penché sur cet aspect, en s’aidant des archives de l’INSEE. Selon l’étude, en considérant une distance annuelle parcourue identique en 1993 et en 2026, et un achat avec un crédit auto, « la Twingo thermique de 1993 apparaît nettement plus coûteuse que la Twingo électrique de 2026 : elle représente 21 % du revenu disponible d’un ménage en moyenne en 1993 contre 13 % en 2026 ».

Au passage, l’étude souligne que le coût total de la Twingo électrique de 2026 est également inférieur à celui du véhicule thermique de segment A le moins onéreux à l’achat, la Fiat Pandina – qui représente 14 % du revenu total disponible. Et même sans la prise en compte du bonus, cela reste plus intéressant.

Parmi les éléments du calcul, on retient par exemple qu’un salarié au SMIC « devait travailler 1h32 pour acheter l’essence nécessaire pour parcourir 100 km en 1993 contre 19 minutes pour le service identique avec une Twingo électrique de 2026 », en tenant en compte que la recharge se fait surtout à domicile avec ce type de véhicule. D’ailleurs, avec la fonction V2G qui permet de restituer de l’électricité dans le réseau, on peut faire baisser la note.

D’autres dépenses pèsent sur les ménages

On pourrait donc en déduire qu’en tenant compte de l’évolution des salaires, la Twingo est moins chère en 2026. Mais ce n’est évidemment pas l’impression que les Français auront. A juste titre, l’institut souligne que les dépenses budgétaires des ménages ont évolué : de nouveaux postes de dépense et le renforcement important du prix du logement exercent une pression croissante sur la part du revenu disponible pour les transports.

Les auteurs de l’étude concluent d’ailleurs avec ceci : « L’objectif de cette analyse n’est donc pas de suggérer que l’achat de véhicules neufs est devenu plus abordable. Elle montre simplement que, contrairement à certaines idées reçues, à modèle de véhicule identique, les véhicules électriques contemporains sont moins onéreux que leurs équivalents thermiques d’il y a 30 ans lorsqu’on en compare le coût aux montants des salaires, alors même qu’en termes de prestations ils ont fait l’objet d’améliorations substantielles ».

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