Le norvégien Hydrovolt vient d’annoncer une implantation à venir dans le nord de la France. L’entreprise prévoit de construire une usine de recyclage pour batteries à Hordain, une petite ville qui se trouve à quelques kilomètres de Tourcoing, au cœur de la Vallée de la batterie.

Hydrovolt s’apprête à construire une unité de recyclage pour les batteries lithium-ion à Hordain, en France. Une entreprise suédoise partiellement détenue par un géant de la batterie de la même nationalité : Northvolt. L’activité du site doit démarrer à la mi-2025, une fois les permis d’exploitation obtenus. Hydrovolt n’a pas choisi le nord de la France par hasard. Surnommée la Vallée de la batterie, cette région bien placée en Europe accueille désormais de nombreux acteurs du secteur des batteries.

Un nouvel acteur dans la Vallée de la batterie

Après la fermeture des mines et de la majeure partie des usines sidérurgiques, la région des Hauts-de-France a retrouvé son passé industriel en devenant un pôle spécialisé dans les batteries pour voitures électriques. On compte 4 gigafactories (certaines encore en construction) et plusieurs sites de recyclage dans le nord de la France. Il faudra désormais compter sur un nouvel acteur. Le montant de l’investissement prévu n’a pas été précisé. Nous savons toutefois que le suédois prévoit d’embaucher « entre 10 et 20 » salariés.

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« C’est une étape importante pour Hydrovolt, et l’entrée sur le marché français nous aidera à maintenir notre position de leader européen du recyclage des batteries lithium-ion », précise Ole-Christen Enger, le directeur général d’Hydrovolt. Avant d’ajouter qu’il est « essentiel pour nous d’établir une présence locale à travers l’Europe pour contribuer à construire une chaîne de valeur circulaire pour les batteries ». L’entreprise dispose déjà d’un site à Fredrikstad, dans le sud-est de la Norvège.

Jusqu’à 95 % des métaux sont récupérés

L’activité de la firme suédoise consiste à recycler les matériaux présents dans les batteries des voitures électriques. Le lithium, le nickel et le cobalt sont extraits des batteries usagées. Les matériaux recyclés sont ensuite remis dans le circuit pour qu’ils puissent être utilisés dans des modules neufs. « Jusqu’à 95 % des métaux sont récupérés », selon Hydrovolt. Une récente étude a montré qu’une circularité totale pourrait permettre d’économiser 32 milliards d’euros et 32,5 millions de tonnes de CO2 en Europe.

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Au fil des années, l’approvisionnement en matériaux est devenu un enjeu de souveraineté majeur pour le Vieux continent. Avec le recyclage, les dirigeants européens espèrent pouvoir se passer de la Chine. « La demande européenne de batteries augmente de façon exponentielle, principalement en raison de l’électrification des transports, avec une hausse accrue prévue d’ici 2030 », ajoute Hydrovolt. Et le recyclage permet la mise à disposition d’une nouvelle source de métaux, « préférable aux matériaux extraits des mines ».