Pour recharger ses semi-remorques dévoilés en novembre dernier, Tesla a promis d’installer un réseau de méga-chargeurs. Les premières stations devraient cependant être réservées aux multinationales qui l’ont déjà pré-commandé.

La production de la Model 3 a des ratés au démarrage, l’argent s’évapore à grande vitesse et le semi-remorque doit sortir l’année prochaine. Le calendrier de Tesla est serré, d’autant plus que le constructeur doit s’investir, au-delà de la construction des véhicules, sur les solutions de recharge.



Après le réseau de superchargeurs dédiés à ses Model S, X et 3, Tesla doit désormais s’attarder sur des méga-chargeurs destinés à la recharge de ses camions. Des stations de très forte puissance, alimentées à l’énergie solaire, théoriquement capables de recharger les batteries géantes du poids-lourd en 30 minutes et dont l’élaboration semble ne pas être sans difficultés. Selon Reuters, la firme de Palo Alto collaborerait en effet avec les principaux futurs clients du semi pour réserver les premières implantations de bornes à leurs sites privés.

Près d’un mégawatt de puissance

Recharger en une demi-heure un camion disposant d’une autonomie d’environ 800 kilomètres (500 miles) nécessite probablement près d’un mégawatt de puissance. Une énergie conséquente que l’on n’extrait pas du réseau électrique si facilement et qui complique grandement l’installation d’un réseau public étendu.

Tesla se concentre donc sur les hubs que les semi-remorques quitteront le matin pour revenir se charger en fin de journée. S’il est confirmé que le constructeur fournira la solution avec ses propres technologies, on ne sait pas encore comment les coûts de conception et d’installation seront répartis entre Tesla et ses clients.

Certains clients veulent leur propre solution de recharge

PepsiCo, qui a réservé 100 camions, a annoncé qu’il pourrait éventuellement étudier la possibilité de répartir les coûts d’installation des méga-chargeurs avec d’autres sociétés. UPS, qui s’est engagé sur 125 camions, a également annoncé travailler en étroite collaboration avec Tesla pour la construction de stations sur ses sites.

Le géant de la bière Anheuser-Busch, souhaiterait quand à lui installer ses propres stations dans ses grandes brasseries et autres sites-clés pour recharger les 40 semis qu’il a pré-commandé. Enfin, l’enseigne de grande distribution Loblaw Companies Ltd a annoncé qu’elle rechargera ses 25 camions à l’énergie solaire et fera appel à Tesla en même temps qu’à d’autres sociétés pour mettre en place sa solution.

Les transporteurs routiers Américains frileux

D’après un rapport publié en 2016 par le California Air Ressources Board, une station de recharge rapide équipée pour six autobus coûterait environ 249 000 dollars. Un coût très élevé et dont certains analystes et dirigeants du monde automobile estiment qu’il pourrait atteindre le million de dollars pour les méga-chargeurs.

Ces incertitudes sur les capacités de Tesla a relever le défi technologique et économique expliquent l’absence de commandes de la part des grands opérateurs de transport routier américains. Ces derniers attendent des données sûres et éprouvées sur le temps de recharge, les prix et la charge utile du semi Tesla avant de se lancer.