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Voilà un peu plus d’un an que Renaud Lemaire et son épouse roulent dans les environs de Bordeaux (33) en Volkswagen e-Up! Déjà 21.000 kilomètres au compteur, sans aucune panne à ce jour. Président de Mobil’Eco, une association pour la promotion de l’usage des véhicules électriques, notre interviewé a dressé une longue liste de tout ce qu’il estime perfectible sur l’engin.

Dégoûté de la citadine VW branchée ? Pas du tout ! Au contraire, son épouse et lui referaient aujourd’hui le même choix. Non, Renaud Lemaire illustre ici parfaitement le proverbe « Qui aime bien, châtie bien » !

Laboratoire branché

Si l’association Mobil’Eco est connue pour son conservatoire de véhicules électriques anciens, son actuel président a fait de son cadre familial un véritable laboratoire d’essais. Electromobilien depuis 2008 avec un Scoot’Elec Peugeot, il a bouclé un tour en revenant dernièrement aux deux-roues avec un vélo assisté : le modèle Explorer de ISD. Entre temps, ce sont 2 106 du Lion et la e-Up! de Volkswagen qui ont assuré les déplacements familiaux. Au total, ce sont environ 170.000 kilomètres qui ont été effectués à l’énergie des batteries lithium ou NiCd : 12.000 avec le scooter, 80.000 et 55.000 avec les anciennes citadines, et plus de 21.000 avec la nouvelle.

Les raisons d’un choix

Avant de se décider pour la Volkswagen e-Up!, Renaud Lemaire et son épouse ont essayé plusieurs voitures branchées. Les C-Zéro et iOn de PSA ? « Elles déplaisaient à Madame ! », indique-t-il. En cause, le comportement routier et l’apparence des bestioles. La BMW i3 ? « Très agréable, mais hors budget ! », répond-il ! La Nissan Leaf ? « Trop volumineuse pour des déplacements effectués en majorité en ville ! », juge-t-il. La Volkswagen e-Golf ? « Pas disponible au moment de la décision d’achat, et de toute façon son coffre est trop ridicule » ! La Renault Zoé ? Euh, comment dire !? Eh bien le Papa, c’est Renaud ; et la fille de 12 ans, c’est Zoé ! N’y voyez pas un quelconque gag à la Sandra Geffroy : il y a 12 ans, le best-seller électrifié de Renault était encore inconnu. Les médias n’ont commencé à parler du concept sur lequel il s’appuie qu’en 2005, sous le nom de code Z17. Seule option demandée à l’achat de la e-Up!, le régulateur de vitesse, fourni en pack avec le radar de recul.

Pour des besoins professionnels

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Au final, c’est madame Lemaire qui a tranché pour la e-Up! Et c’est bien normal, puisque c’est elle qui l’utilise quotidiennement pour des besoins professionnels. « Au minimum, elle parcourt 32 kilomètres aller-retour dans ce cadre », témoigne son mari. « Mais lorsqu’elle effectue des livraisons inter-sites, ou qu’elle rentre déjeuner chez nous à la pause méridienne, elle frise les 100 km », poursuit-il. Cette barre symbolique, c’est aussi l’autonomie de confort estimée par les Lemaire pour la citadine VW branchée. « Que ce soit l’été ou l’hiver, avec ou sans le chauffage ou la climatisation, en conduite éco ou non, la e-Up! avale sa centaine de kilomètres », rapporte notre interviewé. Si, avec une vitesse maximale bridée à 130 km/h, le constructeur annonce 160 km réalisables après une charge, Renaud a déjà poussé le curseur jusqu’à 145, de nuit, et avec 4 personnes à bord ! « Un bip retentit lorsqu’il ne reste plus que 30 km d’autonomie potentielle », se souvient-il. « L’engin passe en mode dégradé beaucoup plus tard, peut-être même trop tardivement », estime-t-il.

Points forts

Les Lemaire mettent en avant « la taille de l’engin et la maniabilité » comme principaux points forts de la Volkswagen e-Up! C’est tout !? Quand vous allez lire la liste les points perfectibles, qui va s’étendre sur plusieurs paragraphes… C’est que Renaud n’est pas du style à trouver tout beau un engin, même s’il correspond parfaitement à ses besoins et à ceux de son épouse. Pour autant, ne fuyez pas cette voiture pour cela, car ceux qui l’utilisent déjà en France, et avec la plupart desquels il est en contact, parfois via l’espace forum proposé sur Automobile Propre, l’aiment, tout simplement !

Points faibles

Prêt pour un vertigineux voyage dans les points faibles qui, comme savait si bien le faire Raymond Devos lors de ses sketchs, doit vous redéposer doucement au point de départ : envisager la Volkswagen e-Up! comme une citadine électrique très efficace et parfaitement adaptée à une utilisation urbaine ponctuée de quelques sorties en milieux plus sauvages ! Commençons par le nombre de places : 4. Bien que l’occasion ne se soit pas présentée très souvent, cette limite a parfois imposé aux Lemaire un passage par la maison pour reprendre le véhicule thermique qui aime le chiffre 5, comme la cinquième roue du carrosse qu’il est devenu. Légère et survoltée, la e-Up! a tendance à patiner au démarrage, appréciant de se faire ainsi remarquer sur les revêtements instables ou glissants. Allemande oblige, « les suspensions sont sèches ! », reconnaît-il.

Instrumentation et programmation

« L’instrumentation est lisible, mais perfectible ! », continue-t-il ! Renaud Lemaire juge incohérente la façon de graduer en quarts la jauge d’énergie, « alors qu’on programme la recharge sur la base de pourcentages ». Ainsi, par exemple, si décharge en dessous de 30%, l’opération peut démarrer de suite en prévision d’un imprévu, s’interrompre à 50%, puis repartir avec le tarif « heures creuses », et finalement s’arrêter à 90% « pour profiter dès la première descente du freinage régénératif ». Plusieurs scénarios peuvent être définis à l’avance. « Il suffit d’en cocher un pour le rendre actif », explique notre interviewé. Ca, c’est dans l’indigeste documentation de 300 pages ! Mais en pratique, il semblerait que des conflits apparaissent toutefois et empêchent le bon déroulement de la sélection retenue. « Le chauffage et la climatisation sont aussi programmables », porte-t-il au crédit de la voiture. L’écran tactile Garmin n’est pas d’un usage très intuitif. « Des paramètres réglables permettraient d’éviter de faire défiler les écrans avant d’obtenir l’information souhaitée », plaide Renaud Lemaire. « Pourquoi afficher l’autonomie qui reste par défaut, alors qu’elle figure déjà derrière le volant ? », s’interroge-t-il.

Car-Net

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Disponible aussi sur les modèles Volkswagen thermiques, Car-Net est une application numérique, exploitable depuis un smartphone ou un ordinateur personnel, qui permet entre autres, sur les voitures branchées, de déclencher la recharge à distance… à condition, bien sûr que le câble soit déjà connecté aux deux extrémités. Sauf que, en pratique, la réponse du serveur VW vers l’engin tarde parfois à arriver, quand elle n’est pas tout simplement perdue. En outre, « les consommations enregistrées par le soft ne sont pas exportables sur matériel numérique individuel pour une utilisation à des fins statistiques », regrette Renaud Lemaire. Gratuite la première année, mais facturée ensuite 100 euros tous les 12 mois, l’option Car-Net a donc été éliminée par les Lemaire au premier anniversaire de leur e-Up!

Encore quelques bricoles

Un levier de vitesse compliqué à manier avec ses sous-sélections D1, D2, D3 et le mode B, pas d’éclairage de coffre, et un plafonnier qui oublie les passagers installés à l’arrière. Un détail, ce dernier point à revoir !? Et les enfants qui révisent sur le trajet qui les conduit au bahut, alors qu’il fait encore nuit ! « Descendre la vitre électrique de la porte avant droite ne peut se faire que depuis le bouton prévu à la seule intention du passager : pas de rappel à disposition du conducteur », témoigne Renaud Lemaire. « À l’arrière, les glaces surteintées assombrissent l’intérieur et ne peuvent que s’entrebâiller » selon des compas très en vogue dans l’industrie allemande dans les années 1970. Par défaut, passer la marche arrière, lorsqu’on dispose du radar de recul, coupe l’autoradio au profit d’une série de bip-bip. « Amusez-vous à retrouver dans la documentation comment empêcher ça ! », prévient le président de Mobil’Eco.

Visites en concessions

Avec seulement 40 points agréés en France, le réseau « électrique » Volkswagen est trop juste. Si une concession est présente à 5 kilomètres de chez les Lemaire, il leur faut tout de même amener leur e-Up! 20 km plus loin pour l’entretenir ou effectuer les mises à jour du soft embarqué. « C’est dissuasif ! », indique Renaud. Pour autant, il a trouvé « le vendeur correctement formé, mais ne pouvant se départir des références aux modèles thermiques ». Le commercial basait son argumentaire sur « le véhicule électrique comme seconde voiture réservée à la ville ».

Renaud recharge la nuit son VE avec des panneaux solaires

« Renaud Lemaire recharge sa voiture électrique la nuit avec des panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa maison » ! Lorsque notre interviewé a entendu les propos qui lui étaient ainsi prêtés au sein du magazine télévisé Turbo de rentrée, par ailleurs plutôt bien réalisé et favorable aux VE, il n’a pu que déplorer un malheureux raccourci journalistique. Dans les faits, Renaud Lemaire compense la consommation de sa e-Up! grâce à la production – de jour, bien évidemment – de son installation solaire domestique. Celle-ci lui permettrait de parcourir proprement chaque année environ 25.000 kilomètres. Un chiffre bien meilleur que les 15.000 attribués à la Peugeot 106, plus énergivore.

Wallbox

Dans la pratique, faire le plein de la batterie de traction passe par la wallbox 16 A, facturée environ 600 euros, reliée au réseau électrique domestique. « Cette intensité de 16 A, est le maximum accepté par la e-Up! pour la recharge classique », rappelle Renaud Lemaire, qui déplore qu’il ne soit pas possible d’effectuer l’opération deux fois plus vite, en 7 kW, voire même en 22 kW triphasé. En dépit de cette limite, la citadine allemande retrouve « 25 kilomètres d’autonomie par heure, contre une quinzaine pour la Peugeot 106, dans les mêmes conditions ». En exploitant la norme Combo 2, via un chargeur rapide 50 kW, la e-Up! reçoit suffisamment d’énergie en 15 minutes pour rouler une centaine de kilomètres.

Discrète e-Up!

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« Les autres automobilistes ne remarquent pas que la e-Up! est électrique », déplore Renaud Lemaire. Une discrétion que son épouse apprécie pourtant. Lui, il aimerait que la petite branchée « qui pousse aussi fort qu’une Golf GTI de 0 à 50 km/h » milite pour la mobilité électrique. Voilà pourquoi leur fille a réalisé un picto évocateur à l’arrière du véhicule. Pour convaincre les conducteurs de passer aux engins à batteries, notre interviewé souhaiterait que les émissions de polluants soient indiquées aux 100 kilomètres parcourus, comme c’est le cas pour la consommation. « Et pas seulement pour le CO2 qui ne représente que 10% des gaz d’échappement », espère-t-il. « Immobilisée à un feu rouge, une voiture à moteur 2 litres essence ou diesel rejette 1 m3 de gaz par minute, soit 1,2 kilo de polluants », chiffre-t-il ! Peut-on encore hésiter à envisager la voiture électrique comme une solution au problème de la qualité de l’air en ville ?

Automobile Propre et moi-même remercions Renaud Lemaire et son épouse pour leur disponibilité, notamment en se glissant dans les rues la nuit pour rendre à temps quelques photos de l’engin.

En savoir plus : Fiche technique Volkswagen e-Up

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