Nosmoke élargit sa gamme ! Le Trucki est un utilitaire au style vintage, et à la partie arrière modulable. Il reprend les fondamentaux techniques de la Nosmoke. Nous avons pu essayer le prototype en avant-première et en exclusivité.

Maintenant que la Nosmoke est arrivée à maturité (lire notre essai), son constructeur peut élargir sa gamme. Comme de nombreux constructeurs de quadricycles, cela passe par l’arrivée d’un utilitaire, dénommé Trucki. Comme sa sœur dont il reprend bon nombre d’éléments, il adopte un look vintage, renforcé par la couleur gris opaque de ce prototype et par les jantes en tôle assorties de pneus à flancs blancs. En exclusivité, le constructeur nous a laissés effectuer les premiers tours de roue de ce prototype qui n’avait encore jamais quitté l’atelier d’assemblage !



Ce qui change

On reconnaît aisément le nez de la Nosmoke, lui-même inspiré de la Mini Moke. Au maximum, le constructeur a essayé de conserver les éléments techniques déjà connus. Si on voulait résumer, on peut considérer que le Trucki n’est autre qu’une Nosmoke dotée d’une cabine fermée à l’avant, et d’une zone arrière modulable. Sur ce premier exemplaire, on y trouve un plateau entouré de rehausses grillagées, aux dimensions étudiées pour pouvoir accueillir une palette standardisée. Mais le Trucki pourra disposer de configurations diverses : fourgon, caisson frigorifique, équipements pour food-truck… Le but étant de pouvoir répondre aux demandes du maximum de professionnels ayant besoin d’évoluer en milieu urbain.

D’un point de vue technique, tout le châssis est identique à celui de la Nosmoke, à l’exception de la partie avant des pontons, creusée pour faciliter l’accès à bord. La partie supérieure de la cabine, qui englobe le pare-brise, est évidemment inédite. En avant des passages de roue arrière, on note un raccord de tôle supplémentaire, qui permet de faire la jonction avec le plancher de la benne. Le porte-à-faux arrière de ce prototype n’est pas définitif : il sera plus long sur le modèle de série et doté d’un pare-chocs renforcé.

 

La simplicité à bord

Contrairement à la Nosmoke dont il dérive, il est possible de qualifier le poste de pilotage du Trucki d’intérieur. En effet, il y a ici un habitacle fermé. On y accède par des portes en tôle à ouverture « suicide ». La poignée est rudimentaire, mais séduit par son look vintage, totalement en accord avec l’allure générale de l’engin. La porte en tôle est dépourvue de garniture (elle disposera de vitres à ouverture façon Citroën 2CV, encore non montées le jour de notre passage) et se ferme dans un claquement de tôle pas vraiment feutré, mais qui inspire la solidité.

On retrouve sinon, à quelques détails près, exactement le même environnement que dans la Nosmoke. Le tableau de bord extrêmement simple ne comporte qu’un compteur de vitesse central et une jauge de batterie, à gauche du volant. L’autoradio de ce premier exemplaire dispose d’une façade chromée qui fleure bon les années 1960. Et on retrouve les mêmes sièges, plutôt confortables pour la catégorie, que sur la Nosmoke. Surtout, la cabine spacieuse permet un réglage longitudinal suffisant sans buter dans la cloison arrière. De quoi satisfaire tous les gabarits.

 

La technique

Comme la Nosmoke, le Trucki est homologué en catégorie quadricycle lourd. Cela limite donc la puissance à 15 kW (20 ch), et le moteur asynchrone est identique à celui de la Nosmoke. L’usage étant différent, cet utilitaire dispose toutefois d’une gestion électronique spécifique qui favorise le couple à bas régime à la vitesse de pointe. Nécessaire selon le constructeur, pour satisfaire des clients qui utilisent ce modèle pour la livraison du dernier kilomètre, dans des entrepôts en sous-sol aux rampes d’accès parfois très pentues.

Du côté de la batterie, on retrouve les mêmes 16 modules au lithium que dans la Nosmoke, pour une capacité totale de 12 kWh. Si la Nosmoke conserve une version à batterie au plomb pour limiter le tarif de base, ce n’est pas le cas du Trucki, pour une raison d’encombrement : les batteries au plomb occupent toute la longueur des pontons de la Nosmoke, contrairement à celles au lithium, concentrées à l’arrière. Il aurait donc été impossible de creuser l’avant pour faciliter l’accès à bord avec les accumulateurs au plomb.

 



Au volant du Nosmoke Trucki

Comme sur la Nosmoke la position de conduite, avec la colonne de direction très verticale et un pédalier décalé vers la droite, apparaît particulière. Mais finalement assez naturelle pour un utilitaire. Comme sur la sœur, la direction apparaît douce et progressive, même en l’absence d’assistance.

Le démarrage se fait en poussant le commodo de droite vers l’avant. Les accélérations sont plus modestes que sur la Nosmoke, malgré un poids similaire selon le constructeur. Il faut y voir une conséquence de la cartographie spécifique qui favorise la capacité de charge et le couple à bas régime. Voilà qui tend à faire du Trucki un véhicule purement urbain, comme en témoigne ses dimensions : 3,15 m de long et 1,59 m de large dans cette configuration prototype. La longueur pourrait augmenter, le porte-à-faux arrière n’étant pas encore définitif.

Si le comportement routier de la Nosmoke est un atout par rapport aux autres voitures de plage, le Trucki creuse encore plus l’écart dans sa catégorie ! Nombreux sont les petits utilitaires, homologués en quadricycles ou dérivés de quadricycles, à présenter des comportements fantasques, surtout ceux à cabine avancée. Du coup, le Trucki avance une assurance inédite pour ce genre d’engins, avec son centre de gravité bas et son équilibre sain. La direction est tout aussi précise que sur la Nosmoke.

Le Trucki se distingue aussi par son confort. On a déjà évoqué les sièges, il en va de même de la suspension. L’exemplaire essayé a beau être un prototype inachevé, on note l’absence de bruits parasites. Voilà qui promet pour les modèles à venir, qui seront fabriqués en série.

Pour conclure

Avec le Trucki, Nosmoke s’attaque à une niche déjà bien encombrée, notamment par Goupil, Ligier Professional, Bellier, XYT ou encore Little. Mais ce petit véhicule, dont l’homologation est prévue pour la fin de l’année, semble apporter un vent de fraîcheur grâce à son look particulier, qui pourrait en faire la monture préférée des entreprises en quête de visibilité. Pour l’instant, les tarifs sont encore inconnus.