Nicolas Dupont Aignan voiture électrique

Nicolas Dupont-Aignan est l’un des quatre candidats à avoir répondu au courrier adressé par l’AVERE France afin de connaître la position des candidats à la présidentielle française sur la voiture électrique. Voici sa réponse.

Madame,

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Je tiens à vous remercier de l’intérêt que vous portez à ma candidature en me questionnant sur mes positions en matière d’accompagnement de la France au développement des véhicules électriques et hybrides.

Enfin les industriels de l’automobile et des poids lourds, mais également ceux des deux roues, des bateaux et même des avions, commencent à réagir face à la situation particulièrement tendue et cruciale de la rareté et des prix consécutifs des carburants. Le réchauffement climatique vient en rajouter une couche supplémentaire, et pas n’importe quelle couche ! Le tout remet grandement en cause l’utilisation de moteurs thermiques très polluants et de leurs carburants qui font de nous des dépendants économiques à 100% de l’étranger, et en plus des pollueurs importants au niveau des industries de production. CO2 garanti à tous les étages !

La transition vers un futur encore plus propre et plus indépendant qui je pense sera incarné par l’Hydrogène, ne peut se faire dans l’immédiat et pour certainement 30 à 50 ans, que par des véhicules mus par l’énergie majoritairement électrique.

La filière Hydrogène que j’appelle de mes vœux est une question d’industrie lourde et très vraisemblablement issue d’un nucléaire (Iter par exemple). Cette recherche continue et est très largement subventionnée. Débouchés dans environ 30 à 50 ans. Il faut assumer.

Dans ce domaine éminemment sociétal, le France a un rôle à jouer de premier plan. Dans tous les secteurs de cette industrie encore naissante qui concerne tous les métiers dont vous parlez et sûrement quelques autres en plus, la France, sa science et son industrie doivent éclore de façon magistrale, ayant tous les atouts en main. Comme toujours dans ces domaines sociétaux, la France se doit d’être à l’avant-garde.

Vous n’ignorez pas que ma démarche politique va vers la libération de la France de tous ses carcans financiers et administratifs de l’Union Européenne et de la mondialisation financière.

Dans ma stratégie, les concurrences étrangères non alignées socialement parlant seront assujetties à une taxation en proportion des écarts de coût social à la production et à la distribution. Moyennant quoi nos industriels ne seront pas gênés sur leur marché.

Parmi les mesures importantes de soutien à ces entreprises je prévois :

  • l’exonération de 50% des impôts sur les bénéfices pour celles qui investissent en France, tant à la production et la distribution qu’aux études techniques et brevets ;
  • des mesures spécifiques d’exonération de charges pour les emplois de jeunes et les plus de 50 ans (capacité, dynamisme et savoir-faire réunis) ;
  • des soutiens ponctuels à mettre en place en fonction de la qualité et de l’intérêt innovant ou performant des projets industriels.

Concernant ces véhicules électriques ou hybrides, le problème dans l’immédiat est d’ordre technique, et ceci amène à réfléchir quant aux engagements à prendre.

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-Pour l’instant, la fabrication des véhicules hybrides émet plus de CO2 qu’ils n’en économisent ensuite à l’usage. Il y a là un sujet à solutionner impérativement, ce n’est pas sur ces bases que nous devons construire l’avenir. Gageons que nos ingénieurs sauront trouver la solution rapidement.

-Pour les véhicules électriques, on en est encore aux balbutiements. Chacun y va de sa technique et de sa philosophie socio-industrielle. Aucune ligne claire ne se dégage pour l’instant, et les différences de résultats sont énormes. De même en ce qui concerne les systèmes de recharges, de prises, etc… Bien sûr qu’on devrait s’orienter sur un seul type de prise. Mais dans ce cas, nous pouvons être certains que le KWh ainsi distribué le sera à un tarif très renforcé de taxes multiples. Il faut bien construire et entretenir ces systèmes et les productions complémentaires importantes d’électricité nécessaire qui ne doit pas provenir de centrales émettrices de CO2, sans quoi on aura tout manqué. Y aura-t-il vraiment une économie sensible à l’usage pour le client ? On est loin d’avoir résolu tout l’aspect sociétal.

Les caractéristiques d’autonomie et de temps de recharges des ces véhicules les cantonnent pour l’instant à un usage essentiellement citadin ou similaire. Cela oblige pratiquement à avoir un second véhicule pour les autres fonctions. A la sortie, l’économie de CO2 s’en trouve réduite.

A moins évidemment qu’on arrive –ce que je souhaite- à ce que tous les déplacements un peu lointains se fassent en transports combinés avec aux départs et arrivées des systèmes de récupération et de mises à disposition faciles et économiques de véhicules électriques en quantités suffisantes. C’est encore une grosse réforme à adopter sur notre organisation des transports et nos comportements sociaux et en équipements lourds. D’autant que pour fonctionner, le principe doit être généralisé.

Il en va de même avec les Batteries. Recherche et Développement seront soutenus de la même manière que l’industrie des véhicules électriques. Les besoins de cette technicité dépassent et de loin le simple créneau des véhicules. Ils concernent aussi tous les besoins de stockage de l’énergie électrique par éoliennes ou photovoltaïque… Débouchés immenses.

Pour l’instant, les industriels butent sur les prix de revient et donc de vente. Et les clients y sont hyper sensibles. Les aides qui sont mises en place pour le soutien à ces produits, ne pourront se généraliser et durer éternellement. Il faut que techniquement on arrive à produire des véhicules accessibles au public, en France et à l’étranger.

Le problème de la circulation en ville n’est à mon avis pas radicalement changé par la présence de véhicules électriques ou non. Moins pollueurs, d’accord, ce qui est bien, mais qui ne change pas le fond du problème de la circulation. On peut penser à des tarifs de stationnement moins onéreux, mais il n’est pas question pour moi d’autoriser la circulation dans les couloirs de bus ou alors très temporairement. Les péages urbains quasi inexistants en France, pourraient bénéficier d’une tarification un peu réduite pour ces véhicules. Mais ce n’est pas la solution. Les centres ville sont engorgés et doivent être dégagés. Electrique ou pas c’est le même problème.

Vous soulevez le problème des constructeurs français indépendants de véhicules électriques légers. Ces produits rentrent en plein dans mon idée de réforme des transports combinés, idéaux en ville en relais de transports en commun Fers ou Urbains. Ils peuvent aussi correspondre tout à fait à une clientèle citadine ou rurale à faibles déplacements Cette industrie doit être soutenue au même titre que l’autre et les collectivités locales doivent être incitées à s’équiper de parcs relais ainsi constitués. Ils peuvent aussi représenter une solution très intéressante pour les administrations et entreprises (La Poste, EDF, etc…).

Espérant avoir répondu à vos interrogations et vous remerciant de votre intérêt,

Bien Cordialement.
Nicolas DUPONT-AIGNAN

En savoir plus : Lire la lettre de l’AVERE France adressée aux candidats

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