Marché du véhicule électrique : que de frustration !


bmw-i3

Trois ans déjà que je ne manque pas une occasion de mettre en avant les qualités intrinsèques des véhicules électriques pour répondre aux enjeux de notre époque. Trois ans que je prends le temps d’expliquer comment et pourquoi les véhicules électriques sont inévitablement une partie de la réponse pour réduire l’extrême dépendance au pétrole de l’automobile tout en continuant à satisfaire les besoins en mobilité individuelle motorisée de millions de citoyens. Avec un petit peu de recul, force est d’admettre que le changement opère très (trop) lentement…

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I. Il faut que tout change pour que rien ne change

La France du XXIème siècle a beau ne plus avoir grand chose en commun avec celle du XXème siècle, il y a au moins une chose qui a peu évolué : l’origine des carburants qui alimentent 99,9 % des véhicules en circulation. Dans le détail, les pro-pétrole ne manqueront pas de rappeler que la composition chimique des carburants vendus à la pompe a néanmoins été améliorée : moins de souffre, suppression du plomb, incorporation croissante de « biocarburant » et d’huile végétale usagée, etc… Un argumentaire bien connu histoire de faire oublier les conditions environnementales dramatiques dans lesquelles le pétrole est désormais exploité.

Quand bien même les pétroliers se découvraient un jour une passion pour la préservation de l’environnement (??), la question qu’il faut désormais que tous les automobilistes se posent est la suivante : dans la France urbaine du XXIème siècle, est-il normal que la quasi-totalité des véhicules en circulation continuent de rouler à l’essence ou au gazole ? Est-il bien raisonnable de continuer à vivre à ce point dans le déni face à l’impasse pétrolière vers laquelle le pays continue d’avancer ?

Désormais, il appartient à chacun, en son âme et conscience, de faire l’effort de s’interroger sur la provenance du pétrole distribué à la pompe et surtout les conséquences que son exploitation engendre sur les éco-systèmes terrestres, marins et sous-marins. Une interrogation d’autant plus légitime que depuis quelques années on ne peut plus faire falloir l’excuse de l’absence d’alternative !

II. Les atouts de la France

Contrairement à une idée bien ancrée dans les mentalités françaises, l’électricité abondante et bon marché n’est pas le seul atout dont dispose la France pour développer massivement l’électromobilité. Dans certain cas, c’est même plutôt un obstacle étant donné la part que continue d’occuper l’énergie nucléaire dans le mix-électrique français (…).

En réalité, la France dispose de bien d’autres atouts, bien plus importants et bien moins contestables que l’électricité nucléaire : la qualité de son réseau électrique, son omniprésence sur le territoire, son potentiel éolien et solaire considérable (auquel on pourra peut-être ajouter demain les énergies marines ?), une culture automobile historiquement orientée vers la « petite » voiture économe, etc…

III. Mais alors qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?

Outre les faiblesses du VE qui reviennent sans cesse lorsque l’on évoque le sujet (autonomie, prix, manque d’infrastructures de charge, etc…), ce qui ne fonctionne pas c’est la complexité à faire comprendre aux automobilistes que l’électricité, c’est l’énergie de la force motrice par excellence. Que c’est elle qu’il va falloir désormais privilégier pour couvrir une partie de nos besoins en mobilité, que ce soit en ville ou la campagne. Pour arrêter de gaspiller inutilement l’énergie dans un moteur à pétrole à 35 % de rendement maximum qui en milieu urbain est bien moins efficace encore, surtout comparé au 95 % de rendement d’un moteur électrique quelque soit son usage. Un gaspillage d’autant plus inadmissible que ce pétrole agit depuis plusieurs années déjà comme un poison toxique pour l’économie française.

IV. Faire preuve de pragmatisme

Aujourd’hui, tous les spécialistes du véhicule électrique s’accordent au moins sur un point : le changement va prendre du temps. Pour celles et ceux qui roulent déjà au quotidien au volant d’un véhicule électrique, c’est une réalité difficile à admettre tant le VE mériterait dès à présent d’être davantage répandu. Faut-il être résigné pour autant ? Non !

En acceptant les compromis et avec un maximum de bonne volonté, les constructeurs automobiles ont le savoir-faire pour accélérer le changement.

Pour y parvenir, il est très probable que le véhicule électrique à prolongateur d’autonomie embarqué constitue la solution technologique la plus à même de booster les ventes. Certains rétorqueront que cette solution aura surtout pour conséquence de renchérir le prix d’acquisition des véhicules tout en alourdissant leur masse à vide. Dans de nombreux cas de figure, l’option prolongateur d’autonomie conduirait à transporter inutilement 100 à 150 kg de plus que nécessaire. C’est certes pénalisant d’un strict point de vue énergétique mais si cela peut aider les automobilistes à abandonner l’auto à pétrole, on ne s’en plaindra pas !

En attendant que les premiers acquéreurs de la BMW i3 équipée de l’option prolongateur d’autonomie viennent apporter leur précieux témoignage sur ce blog, croisons les doigts pour que du coté des constructeurs français, cette solution technologique pragmatique soit déjà en phase de réflexion très avancée.

Une chose est sûre : si plusieurs options restent à étudier pour aboutir d’ici à 2018 à une voiture de grande série capable de se satisfaire de moins de 2L./100km dans la vraie vie, on peut affirmer que la voiture électrique à prolongateur d’autonomie en fait d’ores-et-déjà partie aujourd’hui.

Vive le futur sobre, intelligent et pragmatique !

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