Les pétroliers n’essaient même pas de limiter le dérèglement climatique


Les entreprises pétrolières sont tenues de respecter certains engagements dans le cadre des Accords de Paris. Une récente étude collaborative montre que ce n’est pas du tout le cas.

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Comme les constructeurs automobiles, les compagnies pétrolières peinent à respecter leurs engagements écologiques. C’est ce que montre l’étude Big Oil Reality Check, en référence au nom américain du lobby pétrolier. Pour cela, Oil Change International a ainsi travaillé avec 35 entreprises mondiales.

La méthodologie a consisté à opposer les actions de huit producteurs de pétroles à celles qu’il faudrait effectuer pour maintenir l’augmentation de 1,5 degré des températures moyennes.

Les entreprises sont BP, Chevron, Eni, Equinor, ExxonMobil, Repsol, Shell et TotalEnergies. Ces pétroliers américains et européens prévoient plus de 200 projets d’expansion dans les trois prochaines années.

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Outre les dégâts à l’écosystème, ces projets pourraient générer jusqu’à 8,6 milliards de tonnes de CO2. Ces 8,6 gigatonnes d’émissions polluantes sont totalement aberrantes, à une époque où la pollution tue plus que jamais.

Outre le CO2, c’est aussi du méthane que l’industrie pétrolière rejette. Ce gaz à effet de serre est 80 fois plus dévastateur que le dioxyde de carbone, notamment pour la santé humaine.

Les pétroliers accélèrent le dérèglement climatique

Oil Change International a classé ses critères en trois grandes parties, et en 11 sous catégories. Dans la partie « Ambitions », il y a l’arrêt de l’exploration, l’arrêt de nouveaux projets d’extraction, la réduction de la production de pétrole et de gaz dès maintenant ou en 2030, et l’établissement de dates précises pour remplir ses objectifs.

Dans la catégorie « Intégrité », on retrouve l’objectif que se fixent les pétroliers, la capacité à ne pas s’appuyer sur la séquestration du carbone, l’honnêteté quant à la pollution générée par les énergies fossiles et l’arrêt du lobbying qui empêche l’établissement de solutions environnementales.

Enfin, la troisième catégorie se nomme « Transitions autour de l’humain ». Elle comporte les plans et financements pour soutenir la transition et le respect des droits de l’homme.

Le classement se fait en cinq catégories : « grandement insuffisant », « insuffisant », « en partie aligné », « proche d’être aligné », « entièrement aligné ». Sans surprise, aucune entreprise ne parvient à s’aligner entièrement sur un seul critère.

Seul Eni parvient à s’approcher de l’alignement au niveau des objectifs qu’il se fixe pour réduire ses émissions. C’est d’ailleurs dans cette catégorie que les pétroliers parviennent à s’approcher un peu plus d’un semblant de vertu.

Pour le reste, les entreprises sont loin d’être proches de ce qu’elles devraient faire pour limiter le dérèglement climatique. Ainsi, Chevron et ExxonMobil ne sont que dans la catégorie « grandement insuffisant ».

Un impact direct sur la santé des populations

Bien que les forages semblent lointains sur le plan géographique, la proximité de sites pétroliers concerne une grande partie de la population. Une nouvelle analyse de FracTracker Alliance et Earthworks donne des chiffres impressionnants.

Ainsi, 17,3 millions de personnes résident à moins de 800 mètres d’un site de production de pétrole ou de gaz. Ce chiffre, qui ne concerne que les États-Unis, inclut par ailleurs 3,9 millions d’enfants de moins 18 ans.

Cette proximité pose une menace réelle sur la santé des habitants, sur une surface avoisinant les 344 000 km². L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) travaille sur un plan pour réduire les émissions polluantes sur les nouveaux sites de production de pétrole et de gaz.

L’EPA essaie également de faire arrêter le torchage, qui consiste à brûler des énergies fossiles. Cela se produit à plusieurs étapes de la transformation, notamment dans les raffineries.

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Le reste du projet de l’agence inclut aussi la rénovation des puits de pétrole plus modeste. Ceux-ci sont en effet prompts à fuir, ce qui cause une menace pour la biodiversité.

L’étude rappelle que ces constatations cachent un véritable constat de santé, proche dans le temps et dans l’espace. L’industrie pétrolière, en plus de menacer l’avenir de la planète et des espèces animales qui la peuplent, est une menace directe pour l’humain.

Parmi les conséquences possibles de cette proximité des usines, on trouve de nombreuses maladies respiratoires, sanguines et neurologiques. Et celles-ci posent un risque encore plus important pour les personnes à risque et les enfants en croissance.

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