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C’est un fait, avec la montée en puissance de l’économie numérique, les modes de vie ont beaucoup évolués. Les modes de consommations aussi et avec eux les activités industrielles qui en dépendent. Dans de nombreux domaines d’activités, Internet et les nouveaux usages du numérique ont littéralement transformé notre quotidien à une vitesse sans précédent. Après la presse, la culture, le commerce ou encore le tourisme, l’automobile à pétrole sera t-elle la prochaine victime de la révolution numérique en cours ?

I. La révolution des usages a déjà commencé

Autopartage, covoiturage, « peer to peer » : chez les 18 – 35 ans, l’auto solo façon XXème siècle ne sera bientôt plus qu’un vieux souvenir. C’est particulièrement vrai dans les grandes villes, là où l’automobile à pétrole n’a plus beaucoup la cote. Trop chère, trop difficile à garer, trop polluante, l’automobile à pétrole continue de perdre des parts de marché au bénéfice des transports collectifs, du vélo, des vélos à assistance électrique, etc…

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À l’extérieur des grands centres urbains en revanche, l’automobile à pétrole reste de très loin le mode de transport préféré des français. Le potentiel du covoiturage y demeure très élevé et là encore, le numérique va continuer à jouer un rôle déterminant pour améliorer les usages. Objectif : faire mieux avec moins.

II. Le véhicule électrique : l’inévitable transition à venir

Outre les problèmes récurrents de pollution de l’air et/ou de bruit auxquels l’automobile à pétrole est souvent associée, l’autre (gros) point faible, c’est son extrême dépendance au pétrole. Une faiblesse qui va très vite devenir rédhibitoire, au fur et à mesure de la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

À l’instar de beaucoup de vieux schémas hérités du XXème siècle, l’automobile à pétrole a en effet cet inconvénient majeur d’obliger l’usager à passer à la pompe pour faire le plein d’énergie avant de pouvoir repartir. Une contrainte d’autant plus insupportable que le précieux fluide est vendu à un prix relativement élevé, qu’il est produit dans des conditions absolument lamentables et que son impact environnemental global dépasse l’entendement. Un schéma qui fait le bonheur des rentiers du pétrole au détriment de millions de consommateurs soumis. Un système fermé, à l’opposé de ce qui caractérise aujourd’hui l’Internet collaboratif, les plateformes d’échange et autres blogs sur lesquels une part croissance de citoyens partagent des informations.

Avec le VE, le consommateur éclairé peut d’ores et déjà opter pour le fournisseur d’énergie de son choix : avec ou sans énergie nucléaire, la diversité énergétique est déjà au rendez-vous. Elle le sera plus encore demain avec l’augmentation programmée des énergies renouvelables décentralisées. Plus besoin de passer à la pompe ni de se brancher sur une infrastructure dédiée, en cas de besoin, une « simple » prise de courant peut permettre de recharger la batterie. Un système ouvert, bien plus intéressant que le vieux schéma de l’automobile à pétrole complètement daté.

III. L’Allemagne sur la bonne voie

Contrairement à ce que l’on peut lire un peu partout dans la presse française notamment, c’est paradoxalement en Allemagne que la révolution électrique s’annonce la plus prometteuse. Grâce à l’energiewende (= transition énergétique), déjà aujourd’hui, des millions de ménages sont directement impliqués dans la transition énergétique. Un modèle infiniment plus démocratique que le vieux schéma hyper-centralisé de production électrique à la française.

De fait, l’energiewende va inévitablement favoriser le développement de synergies futures à l’échelle des territoires, entre les VE et les énergies renouvelables décentralisées, solaire photovoltaïque en tête. Des synergies relativement simples à mettre en oeuvre au début dans la mesure où l’automobile électrique devrait surtout s’imposer dans les flottes captives et les services d’autopartage (l’Allemagne est le pays d’Europe où l’autopartage est le plus développé à ce jour).

De ce point de vue, l’Allemagne dispose donc d’une (très) grosse longueur d’avance sur la France. Hélas, vu depuis la France, l’energiewende se résume bien souvent à un peu plus de charbon et un peu moins de nucléaire…

IV. Les atouts de la France

Malgré le retard pris par la France en matière de transition énergétique, notre pays dispose de solides atouts pour sortir du vieux schéma daté de l’automobile à pétrole. La France dispose par exemple d’un des meilleurs réseaux électriques européens. Elle dispose également d’un potentiel éolien et solaire supérieur à celui de l’Allemagne.

Par ailleurs, la culture automobile française est historiquement ancrée autour de la « petite » voiture économique (2cv, 4L, Twingo, clio…) quand celle de l’Allemagne est clairement orientée en direction du très haut de gamme.

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En attendant une improbable coopération franco-allemande autour de la transition énergétique, pourquoi ne pas commencer plus modestement par l’élaboration d’une feuille de route commune pour sortir enfin du tout pétrole dans le transport ? Il y a urgence…

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