A l’origine prévue pour le mois d’avril, la législation encadrant l’équipement des véhicules de kits E85 est finalement parue. Une belle avancée pour la filière.

Si l’installation d’un kit E85 n’était jusqu’ici pas formellement interdite par la réglementation française, aucun texte de loi n’encadrait la mise en place du dispositif. C’est désormais chose faite avec cet arrêté publié le 15 décembre au Journal Officiel qui vient définir les conditions d’homologation et d’installation de ces kits.



Permettant de palier au manque d’offre de véhicules E85 en « première monte », ces kits – des boîtiers installés entre le calculateur et le moteur – rendent les véhicules « flex-fuel », c’est-à-dire capables de fonctionner aussi bien à l’essence qu’à l’E85. Censé garantir une efficacité maximale et une installation sécurisée, l’arrêté du 15 décembre encadre le type de véhicule qu’il est possible d’équiper, précisant que seules les voitures particulières et utilitaires légers essence ou hybride répondant à la norme Euro 3 ou supérieure sont « éligibles ». Le texte exige également une compatibilité avec le carburant SP95-E10 et l’absence d’un système de piège à particule ce qui risque de poser problème sur les modèles essence nouvellement homologués pour lesquels le filtre à particule est désormais obligatoire.

En termes d’installations, seuls les professionnels habilités par les fabricants peuvent réaliser la manipulation. Après l’installation du dispositif, le texte impose la mesure des émissions gazeuses, de particules et de CO2.

Un nouvel élan

Pour les différents acteurs de l’éthanol, cette nouvelle réglementation apporte le cadre qu’il manquait à la filière. De quoi rassurer les automobilistes et booster les équipements.

Selon la Collective du bioéthanol, le parc accessible à une telle transformation serait de près de 10 millions de véhicules en France. Sur le plan économique, le coût du boitier, à partir de 700 euros pour un modèle 4 cylindres à injection directe, serait rapidement rentabilisé à l’usage. Car si l’E85 engendre une légère surconsommation par rapport à l’essence, son prix est beaucoup à la pompe moins élevé : 0.70 €/l en moyenne. Pour un véhicule parcourant 13000 km par an, l’économie serait de l’ordre de 500 euros chaque année ce qui permettrait de rentabiliser l’investissement en moins de deux ans voire beaucoup moins pour les gros rouleurs. De quoi motiver plus d’un utilisateur et notamment les professionnels. A Paris, un grand nombre de motos-taxis roulent déjà à l’E85. Cette nouvelle réglementation devrait encourager taxis et VTC à leur emboîter le pas…. sous réserve que les constructeurs ne soient pas trop alarmistes quant à une éventuelle perte de garantie.

Quant aux stations de ravitaillement E85, elles deviennent de moins en mois rares. Déjà distribué dans plus de 950 stations-service en France, soit sur un peu moins de 10 % des 11.000 stations françaises, le Superéthanol-E85 s’étend rapidement avec en moyenne 3 nouvelles ouvertures par semaine.

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