Ford a présenté son premier utilitaire électrique, nommé E-Transit. Conçu pour répondre à une large demande d’entreprises voulant électrifier leur gamme, le van sera au centre de la stratégie d’électrification de la marque sur le marché professionnel. Si le design n’est pas révolutionnaire, de nombreuses fonctionnalités et technologies en font un véhicule visant à satisfaire le plus grand nombre de clients possible.

Le premier besoin a évidemment été celui de répondre à une inquiétude qui entoure les véhicules électriques, et qui sera centrale dans le cas d’entreprises dépendant des trajets et des livraisons ou collectes : l’autonomie. Ford a ainsi installé une batterie de 67 kWh dans son utilitaire, se vantant au passage d’une capacité 30 % plus élevée que la moyenne de ses rivaux, et annonce une autonomie de 350 kilomètres en cycle WLTP combiné. Côté motorisation, on retrouve un bloc de 198 kW et 430 Nm.



Jusqu’à 350 km d’autonomie

Pour concevoir un fourgon adapté au besoin du plus grand nombre, l’entreprise a collecté de nombreuses données de la part d’entreprises, et a puisé dans les relevés télématiques pour jauger au mieux les besoins de ses clients. Cela lui a permis de tourner la conception de l’E-Transit autour de cette récolte d’informations.

Côté recharge, l’offre proposée par le constructeur se révèle plutôt polyvalente. Le chargeur embarqué de 11,3 kW permet une recharge complète en 8 heures environ, soit l’équivalent d’une nuit. Le constructeur a passé un accord avec le réseau Ionity pour la recharge rapide. Tolérant jusqu’à 115 kW de puissance, l’E-Transit passe alors de 15 % à 80 % d’autonomie en approximativement une demi-heure. Enfin, Ford met à disposition le réseau FordPass, en partenariat avec NewMotion, afin de donner accès à 160 000 bornes en Europe.

Outre son autonomie, l’E-Transit a été pensé pour répondre aux besoins de tous les artisans et de tous les professionnels, et c’est pour cela qu’il est décliné en 25 variantes. Il est possible de choisir parmi trois longueurs et deux hauteurs différentes, mais Ford se targue surtout d’avoir respecté un volume de chargement similaire à celui de son équivalent diesel, en installant les batteries sous le plancher.

De fait, le van électrique proposera entre 9 et 15 m3 de volume, avec une charge utile allant de 1 616 à 1 967 kilos. En revanche, il n’y a pas de volume de chargement à l’avant, car l’ensemble des technologies liées au groupe motopropulseur et à l’optimisation de la batterie sont situées sous le capot. Il offre les mêmes points d’accès et de chargement que la version diesel, et la même architecture afin que les clients de la marque puissent directement y installer leurs aménagements spécifiques au Transit à moteur thermique.

Pour assurer robustesse et longévité à son utilitaire zéro émission, Ford a développé une suspension arrière indépendante et résistante aux charges lourdes, tout en renforçant le châssis pour qu’il réponde au même cahier des charges. Les roues arrière sont motrices, et Ford ne prévoit pas de version quatre roues motrices puisque la configuration propulsion est jugée suffisante par les développeurs.

L’E-Transit offre trois modes de conduite nommés Eco, Normal et Slippery. Le premier permet de réduire de 8 à 10 % la consommation d’énergie, tandis que le dernier a été développé pour renforcer la sécurité des clients de Ford. La marque insiste d’ailleurs sur la sécurité puisque l’E-Transit est équipé de la reconnaissance des panneaux de signalisation, de caméras 360 degrés, et du reverse break assist, qui permet un freinage d’urgence même en marche arrière, lors des manœuvres à basse vitesse.

Le constructeur révèle avoir soumis son utilitaire à des séries de tests aussi rudes que les autres utilitaires du même nom, pour qu’il « mérite de porter le badge Transit ». Dans les faits, les prototypes ont subi des tests sur des routes plus ou moins bien entretenues, dans toutes les conditions, routières ou météorologiques. Ces 240 000 kilomètres de mise à l’épreuve ont permis à Ford de s’assurer que l’E-Transit offrait les mêmes capacités, été comme hiver, et dans toutes les régions.

Un « atelier sur roues »

Des capacités qui ont été au centre de l’attention, puisque l’E-Transit est pensé pour être un atelier roulant. Ford a développé un système appelé Pro Power Onboard, qui est un générateur intégré offrant jusqu’à 2,3 kW pour alimenter des outils ou de l’équipement. Suffisant pour divers outils ou même un système réfrigéré embarqué, il ne compromet pas l’autonomie du véhicule, d’autant qu’une limite de consommation ou de temps peut être fixée par le conducteur via l’écran central.



L’écran central de 12 pouces est d’ailleurs équipé d’une toute nouvelle version de son logiciel, nommée Sync 4, et qui est déployée pour la première fois dans les utilitaires à l’ovale bleu. Outre un système amélioré de reconnaissance vocale, le système comporte un assistant de recherche pour les bornes de recharge, avec la possibilité de connaître leur état en temps réel. Grâce au modem intégré, le système FordPass Connect permet aussi des améliorations téléchargeables de l’interface et de la connectivité.

Ce qui est décrit comme un « écosystème d’outils numériques » par Ford comporte aussi un outil télématique pour surveiller à distance l’état des batteries, le fonctionnement du véhicule, et compiler les données de consommation pour les gestionnaires de flotte. Grâce à un système nommé Ford Data Service, il est possible de récupérer les données collectées et de les transférer vers un autre outil de surveillance télématique, pour les entreprises en utilisant déjà un.

Lancement en 2022

Le Ford E-Transit sera construit en Turquie, sur les mêmes de production que le Transit PHEV, et arrivera sur le marché européen au printemps 2022. L’E-Transit sera livré avec un service de maintenance d’un an. Les équipements haute tension, notamment la batterie, seront garantis 8 ans ou 160 000 km. Si le tarif n’est pas encore révélé, Ford assure qu’il sera compétitif face au reste du marché.