La face avant du Soul EV le distingue de ses équivalents thermiques

En quatrième position des véhicules électriques immatriculés en France en mai 2016, le SUV Kia Soul EV commence à se rencontrer sur les routes. Un modèle à considérer à l’heure d’acheter une voiture électrique ?

Une valeur montante

Abouti, moderne, bien équipé, d’une conduite agréable et d’une utilisation intuitive, le Kia Soul EV satisfait ses propriétaires de la première heure qui n’hésitent pas à témoigner des qualités du SUV appréciés au quotidien.

Depuis avril, l’engin est accroché à la quatrième place des immatriculations mensuelles des véhicules électriques, entre la BMW i3 et la Bolloré Bluecar. Elle est à ce jour le plus jeune VE du Top 5 ! Avec un cumul 2016 de plus de 400 exemplaires vendus, dont 80 immatriculés en mai dernier, elle semble indiquer à son constructeur qu’il peut miser sur elle pour se faire une place sur le marché branché.

Les feux arrière à LED du KIA Soul EV@

3 au VET

Aussi surprenant que cela puisse paraître, 3 Kia Soul EV étaient engagés au Vendée énergie Tour, sur la liste des particuliers qui comptait 47 participants. Un chiffre qui n’a rien d’anecdotique, si on le compare aux 4 BMW i3, 4 Nissan Leaf, 4 Tesla Model S, 2 Citroën C-Zéro, et 0 Citroën E-Méhari, Peugeot iOn, Volkswagen e-Golf et e-up! comptabilisés dans ce groupe !

Blanche et bleue, bleue et blanche, rouge et noire : elles ne passaient pas inaperçues dans la colonne du Rallye des ambassadeurs. Il ne manquait que la blanche et la gris moyen métallisé pour disposer sur place de toute la palette disponible à ce jour.

Kia Soul EV au Vendée Energie Tour

La cour des grands

Le Soul EV 5 places joue désormais dans la cour des grands. Avec ses dimensions (L x l x h = 4,14 x 1,8 x 1,59 m) et le volume de son coffre (340/818 litres), il concurrence directement les Nissan Leaf (4,44 x 1,77 x 1,55 m ; 355/720 l) et Volkswagen e-Golf (4,2 x 1,78 x 1,48 m ; 341/1.231 l). A son constructeur de transformer valablement et durablement l’essai !

Sur le papier, l’engin semble disposer d’atouts convaincants, parmi lesquels la recharge rapide CHAdeMO, et une batterie 27 kWh un peu particulière, lithium-ion polymère, logée sous le plancher. Sa technologie semble quelque peu gommer en hiver les effets du froid. Le controversé cycle NEDC accorde au SUV une autonomie de 212 kilomètres. Thierry Bertin, que nous avions interviewé début novembre 2015 (voir notre article), et qui participait au VET cette année, nous avait confié à l’époque pouvoir aller bien au-delà, de plusieurs dizaines de kilomètres. C’est forcément intéressant !

Le système de recharge du KIA Soul EV

EV et Ultimate

Le Kia Soul EV est proposée en 2 versions : EV et Ultimate (ou EV+), légèrement mieux équipée.

De base, l’EV adopte déjà la recharge rapide CHAdeMO, l’allumage automatique des projecteurs, le système d’entrée et de démarrage sans clé, les assistances au démarrage en côte et de direction selon 3 modes (confort, normal, ou sport), le volant réglable en hauteur et profondeur, les rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement, le surteintage des vitres arrière, les jantes 16 pouces en alliage, la caméra de recul et les radars de parking arrière, la climatisation avec fonction « driver only », la ventilation programmable par jour de la semaine et activable lorsque la voiture est branchée, le régulateur de vitesse, la pompe à chaleur, etc.

Que peut-il donc bien rester pour que l’Ultimate se démarque !? Pas grand chose, finalement : éclairage dynamique des haut-parleurs, sellerie cuir avec liseré bleu ou noir, radars de parking avant, sièges arrière chauffants et ventilés à l’avant, et, une prise 12 V dans le coffre.

Les prises de recharge du KIA Soul EV

De série, le Kia Soul EV propose la charge classique ou la charge rapide CHAdeMO

Difficilement identifiable

kia-soul-ev-eco-elcetricA l’instar des Volkswagen e-Golf, Smart Fortwo ED et Mercedes Classe B, mais en opposition aux Renault Zoé, Nissan Leaf, Tesla Models S et Citroën C-Zéro, le Kia Soul EV reprend tout simplement la caisse d’un modèle qui existe déjà avec des motorisations thermiques.

Pas facile d’identifier rapidement la version électrique ! Sauf à pouvoir lire l’indication « ECO Electric » sur le hayon, interpréter la face avant dont la pièce en plastique qui figure la calandre doit être de la même couleur que la caisse, ou de savoir faire parler les roues. Conçues pour améliorer l’aérodynamisme, les jantes spécifiques de 16 pouces en aluminium sont repérables grâce à leurs 5 branches blanches plus rapprochées.

Une voiture équilibrée

Au volant du Kia Soul EV, l’automobiliste ne retrouvera pas les accélérations fulgurantes qui caractérisent nombre de véhicules électriques. S’il n’a l’habitude de conduire que de sages diesel, sans doute appréciera-t-il tout de même une puissance plus élevée qu’à son habitude et disponible de suite. Pour les déjà électromobiliens, embarqués dans des Renault Zoé, BMW i3, Citroën C-Zéro, Nissan Leaf… ou Tesla Models S, la coréenne pourrait sembler manquer de vivacité, même en inhibant les dispositifs d’aide à l’éco-conduite. Mais attention : l’engin réussit très bien à s’insérer sur une voie rapide.

Ce qui ressort systématiquement de l’essai de ce SUV électrique, c’est le sentiment d’avoir eu entre les mains une voiture au comportement très équilibré, qui sait négocier les virages et traverser les ronds-points sans trop bousculer ses passagers, en virant relativement bien à plat. De fait, l’adhérence des pneus n’a pas été un problème, dans les conditions de notre essai, c’est-à-dire sur sol sec. En consultant la Toile, on trouve quelques témoignages qui préconisent toutefois de changer la monte d’origine pour plus de sécurité sur route mouillée.

Le KIA Soul EV et sa peinture bi-ton

Ambiance feutrée

Très précise, la direction du Kia Soul EV s’adapte à l’envie de son conducteur qui devra choisir le type d’assistance qui lui convient le mieux. Le volant est d’autant plus agréable à manier et à toucher que l’on se trouve dans une version Ultimate, la mieux équipée, dans laquelle il est gainé de cuir. Le SUV étonne par un rayon de braquage excellent pour un engin de son gabarit, par ailleurs juste ce qu’il faut suspendu, entre souplesse et fermeté.

En revanche, le freinage progressif surprendra plus d’un automobilistes aujourd’hui plutôt habitués à devoir doser précisément la pression sur la pédale dès que les plaquettes mordent, sous peine de secouer tout son petit monde. L’effet « frein moteur » via le système électronique de régénération de la batterie se fait bien discret, même en mode « B ». Le Soul EV appelle donc à conduire à l’anticipation, ce qui est d’ailleurs aussi un excellent moyen pour bénéficier d’une autonomie maximale.

A bord

Entrer et descendre du Kia Soul EV se fait aisément, grâce à une garde au sol relativement élevée. Ca n’a peut-être l’air de rien, mais nombre d’automobilistes choisissent un véhicule offrant cette disposition, qui soulage quelques maux articulaires et muscles des jambes plus difficiles à solliciter.

En outre, l’encadrement des portes évite de se cogner la tête dessus, tant qu’on ne dépasse pas une taille d’au moins 1,85 m, et même plus, selon souplesse et habitudes. Une fois assis, le conducteur bénéficie d’une position de conduite reposante, et les passagers, d’un bon maintien du corps, sur des sièges qui, selon options et version, peuvent être chauffants aux 5 places, et ventilés à l’avant. Avant d’engager le SUV sur la route, son pilote devra s’assurer au préalable que le siège est bien réglé à sa convenance : une fois qu’il est lancé, il est difficile de redresser l’inclinaison du dossier.

L'espace à bord du Kia Soul EV

Infos au tableau de bord

Globalement, retrouver les informations principales au tableau de bord se fait intuitivement sur les 2 cadrans. Celles au centre, qui peuvent être redondantes, demandent un temps d’adaptation. L’écriture fine dans un petit cadre encombré peut déranger, voire détourner l’attention du conducteur de la route. Dans le cadran de gauche, l’autonomie restante saute bien aux yeux, mais sa lecture a été pointée comme source de stress par quelques utilisateurs qui trouvent la donnée peu fiable, et longue à tenir compte des dernières performances. Elle est flanquée de part et d’autre du graphe de consommation/régénération et de celui de la jauge à énergie divisée en 18 barrettes. Ces dernières disparaissent progressivement, jusqu’à une zone en rouge qui inclue les 3 dernières.

Au fur et à mesure de la vitesse prise, une arche de barrettes se forme sur le cadran de droite, qui porte en son milieu la vitesse instantanée en chiffres. Un équipement qui demandera un peu de temps pour s’y accoutumer : la console tactile. Bien intégrée au tableau de bord, elle surplombe un sélecteur de marche bien dessiné, d’un maniement et d’une utilisation intuitive.

177 euros par mois jusqu’au 30 juin 2016

Avec peu de différences en équipements entre les versions EV (35.400 euros hors bonus de 6.300 euros et superbonus de 3.700 euros) et Ultimate (36.900 euros), les prix, hors options, sont proches : seulement 1.500 euros d’écart ! Ils étaient largement négociables lors de notre essai.

En outre, Kia propose jusqu’au 30 juin 2016 une formule en location longue durée plutôt alléchante, si l’on a un vieux diesel à sacrifier qui permet de décrocher le superbonus : 177 euros mensuels, avec un apport de 1.650 euros en premier loyer, et les 2 suivants offerts.

A savoir : la mise à jour de la cartographie GPS est assurée gratuitement pendant 7 ans. Le Kia Soul EV et sa batterie sont garantis sur cette même durée, ou 150.000 kilomètres.

Kia Soul EV : la fiche technique complète