Boite de vitesse mécanique

Elle fait partie de la culture automobile française au même titre que la 2CV ou la 4L et pourtant son avenir apparait de plus en plus menacé. En cause : le perfectionnement et l’hybridation croissante des moteurs peu compatibles avec les limites inhérentes aux boîtes de vitesses manuelles.

I. D’abord une question de culture

Pour qui a déjà voyagé aux USA, au japon ou même dans le Nord de l’Europe, il ne fait aucun doute : la boîte de vitesses manuelle fait partie de ses curiosités tricolores que le reste du monde a beaucoup de mal à comprendre. Une attache culturelle qu’il va pourtant falloir classer dans les (bons) souvenirs du siècle dernier tant les évolutions technologiques à venir vont lui mener la vie dure.

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Comme à chaque fois qu’il s’agit de bousculer des habitudes, cette évolution vers l’automatique va néanmoins prendre un certain temps. Rendez-vous en 2020 pour faire un premier bilan.

II. Encore dans la course mais plus pour très longtemps

On sait tous que les idées reçues ont la vie dure et que les technologies évoluent beaucoup plus vite que les mentalités. Les boîtes de vitesses n’échappent pas à ce constat. L’époque où les voitures automatiques engloutissaient 1 bon litre (voire 2…) de plus que les versions mécaniques est définitivement révolue.

Si un véhicule équipé d’une boîte de vitesses manuelle est potentiellement économique pour qui maîtrise parfaitement les techniques de l’éco-conduite, force est d’admettre que nombre de véhicules équipés de boîte de vitesses automatique à 6, 7 voire 8 rapports font désormais presque aussi bien sinon mieux. La raison est simple : les adeptes de l’éco-conduite ne sont pas encore majoritaires parmi les automobilistes.

III. Incompatible avec le « + d’intelligence »

Continuer à perfectionner les moteurs thermiques pour grapiller quelques points de rendement tout en les associant à des boîtes de vitesses mécaniques n’a plus beaucoup de sens. A part pour les amateurs d’éco-conduite, le gain moteur potentiel risque de partir en fumée faute à une utilisation non-optimale du moteur. C’est déjà le cas aujourd’hui avec les véhicules équipés de motorisation essence ou diesel de dernière génération. Ca le sera encore plus demain, même en généralisant l’usage des boîtes de vitesses manuelles à 6 rapports.

Même sur les voitures de sport où la « boîte méca » a longtemps fait référence, les boîtes séquentielles ont fini par s’imposer.

IV. Incompatible avec l’hybride

Honda s’y est bien essayé avec son coupé sport CRZ mais avec l’objectif de privilégier la sportivité (l’amusement?) à l’économie de carburant. Sur tous les autres modèles hybrides du marché, la boîte de vitesses manuelle a du laisser la place à une transmission automatique à même de pouvoir gérer en permanence les interactions potentielles entre la partie électrique et la partie thermique. Toyota, le leader incontesté de l’hybride-essence est même allé plus loin encore : la totalité de ses modèles hybrides est dépourvu de boîte de vitesses. Même constat pour l’électrique pur : la pertinence d’une boîte de vitesses ne se pose même pas sauf peut-être à très haute vitesse ce qui n’est pas (encore) la raison d’être de l’électrique.

V. Bientôt réservées au low cost ?

En fait, le principal atout des boîtes de vitesses manuelle, c’est leur coût de fabrication très inférieur à celui des meilleures transmissions automatiques du marché. Une caractéristique qui les rend jusqu’à présent incontournables sur le créneau très disputé du low cost. Les Dacia Logan et autres Duster diesel équipées de boîtes de vitesses manuelles à 5 voir 6 rapports ont donc encore de beaux jours devant eux (hélas).

Vive le futur sobre et intelligent !

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