Quelques mois après un « Power Day » dédié aux batteries, le géant allemand vient de présenter sa stratégie « New Auto ». Fixant les objectifs du constructeur à horizon 2030, celle-ci confirme les ambitions électriques du groupe et la sortie progressive des motorisations thermiques.

Alors que l’Union européenne s’apprête à acter la fin des voitures thermiques, le groupe Volkswagen accélère sur l’électrique et annonce de nouveaux investissements. Reconduit il y a quelques jours dans ses fonctions à la tête du groupe, Herbert Diess a détaillé ce mardi 13 juillet le nouveau plan stratégique « New Auto » dont les lignes sont en grande partie dictées par les nouvelles normes CO2 imposées par l’Europe.



« Nous prévoyons que d’ici 2030, les ventes de voitures électriques dépasseront celles des voitures à combustion », a déclaré le directeur financier du groupe, Arno Antlitz.

SSP, une plateforme électrique unique

Du côté des plateformes, Volkswagen compte encore accélérer les synergies. Sans donner beaucoup de détails à ce stade, le groupe allemand prépare une nouvelle plateforme modulaire. Baptisée SSP (Scalable Systems Platform) et déjà annoncée il y a quelques mois, celle-ci fonctionnera en 800 volts. Elle vise à réunir sur une seule et même architecture l’ensemble des plateformes existantes. D’ici 2030, elle devrait surpasser les volumes combinés des plateformes MEB et PPE, tout juste lancées.

« Nous avons besoin d’une réduction drastique des variantes », déclare Duesmann. « C’est pourquoi le SSP se compose de modules standardisés qui peuvent être combinés selon certaines spécifications » Markus Duesmann, PDG d’Audi qui cite pour exemple le nombre de configurations batteries du groupe. Alors qu’il compte aujourd’hui 22 systèmes batteries, le groupe compte réduire son panel à 8 dans les prochaines années. Une simplification essentielle à la réalisation d’économies d’échelle importantes.

Les travaux de développement de cette plateforme se dérouleront principalement à Wolfsburg où Volkswagen investira 800 millions d’euros dans un nouveau centre de développement. Comme la MEB, aujourd’hui partagée avec Ford, la SSP sera ouverte à d’autres constructeurs.

Sur le thermique, la tendance sera inverse. À l’avenir, les différentes marques du groupe proposeront moins de modèles à combustion et moins de choix de motorisations.

Nouveau partenariat dans les batteries

Sur la partie énergétique, les ambitions du groupe dans le domaine des batteries avaient déjà été détaillées en mars dernier lors du Power Day. Souhaitant maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, le groupe prévoit six gigafactories en Europe. Celles-ci seront dotées d’une capacité de production totale de 240 GWh d’ici 2030.

Prévu à Skellefteå, en Suède, le premier site entamera sa production en 2023. Il sera exploité par Northvolt, entreprise dans laquelle le groupe Volkswagen vient d’investir 500 millions d’euros supplémentaires.

À Salzgitter, en Allemagne, un accord a été officialisé avec le spécialiste chinois Gotion High-Tech pour un démarrage de la production en 2025.



Alimentant les rumeurs depuis plusieurs semaines, le troisième site de production sera localisé en Espagne. « Le groupe Volkswagen vérifie l’option d’une gigafactory avec un partenaire stratégique », explique le groupe qui évoque une capacité annuelle de 40 GWh d’ici la fin de la décennie. En parallèle, le constructeur étudie avec les autorités espagnoles la possibilité de produire en Espagne sa nouvelle gamme « Small BEV Family » à compter de 2025.

À l’instar de Renault, Volkswagen compte produire d’ici 2030 des cellules unifiées. Objectif : réduire de moitié les coûts de production.

Également très actif dans le domaine de la recharge, Volkswagen a annoncé la création d’une nouvelle joint-venture avec Enel X pour le déploiement d’un réseau de charge ultrarapide en Italie. Un accord qui rejoint ceux déjà conclus avec BP et Iberdrola il y a quelques mois.

À l’échelle mondiale, le groupe Volkswagen compte investir massivement dans les chargeurs haute puissance. L’objectif 2030 est fixé à 18 000 points en Europe, 17 000 en Chine et 10 000 aux États-Unis et au Canada.

Cap sur le véhicule autonome et les services de mobilité

Le groupe Volkswagen prévoit l’intégration de systèmes permettant l’exploitation de flottes et de navettes autonomes. Un dispositif déjà en cours de test sur des bus en Allemagne en partenariat avec Argo AI. En 2025, Volkswagen prévoit d’offrir son premier service de mobilité autonome en Europe, suivi de peu par les États-Unis.

Un marché stratégique pour le constructeur qui estime que les services de mobilité pourraient peser 70 milliards de dollars d’ici 2030 sur les cinq plus grands marchés européens.