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Voitures hybrides rechargeables : encore une preuve qu'elles consomment beaucoup plus qu'annoncé

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C’est la plus grande étude jamais réalisée avec les véhicules hybrides rechargeables. Près d’un million de PHEV ont été analysés. Et les résultats sont sans appel… Les hybrides rechargeables consomment 300 % de carburant en plus par rapport à ce qui est annoncé par les marques. On fait le point.

Une consommation moyenne à 6,12 litres/100 km

Une étude menée par l’Institut Fraunhofer apporte un nouvel éclairage sur la consommation réelle des voitures hybrides rechargeables. Celle-ci repose sur les données embarquées de près de 981 000 PHEV qui circulent en Europe. De par la taille de son échantillon, c’est tout simplement la plus grande analyse jamais réalisée sur ce sujet. Les données proviennent des relevés OBFCM, collectés directement par les voitures. Et les conclusions sont assez déroutantes. Alors que la réglementation européenne (basée sur le cycle WLTP) annonce une consommation moyenne de 1,57 litres/100 km pour ces modèles, la consommation réelle observée atteint en réalité 6,12 litres/100 km. Soit 3,9 fois plus que prévu.

Cet écart est d’autant plus frappant que le WLTP est censé refléter un usage combiné entre moteur thermique et batterie. Mais l’étude révèle que même lorsque le véhicule est supposé rouler principalement à l’électricité jusqu’à épuisement de la batterie, la consommation moyenne grimpe à 2,98 l/100 km. Autrement dit, même dans leur configuration la plus vertueuse, les hybrides rechargeables consomment presque deux fois plus que les chiffres officiels censés représenter la consommation combinée.

Ce n’est pas (que) de la faute des constructeurs

D’autres études réalisées par le passé avaient déjà pointé un décalage entre promesses et réalité, mais rarement à ce niveau. Les véhicules thermiques classiques affichent en moyenne une surconsommation réelle d’environ 20 % par rapport aux homologations. Ici, on dépasse les 326 %.

Preuve que le cycle d’homologation est bien trop gentil. Mais figurez-vous que ce n’est pas que de sa faute. En effet, la raison principale tient au comportement d’usage. Nombre de propriétaires de PHEV ne rechargent pas suffisamment leur véhicule. Bien souvent, les voitures hybrides rechargeables se transforment alors en simples thermiques… lestées d’une batterie.

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Quand on regarde les chiffres dans le détail, l’analyse par marque révèle des disparités marquées. Les modèles les moins souvent branchés appartiennent majoritairement au segment premium. Porsche, Bentley et Ferrari figurent en tête de liste des véhicules les moins rechargés. On constate carrément que la moitié des 11 307 Porsche hybrides rechargeables analysées n’ont pas été branchées une seule fois pendant la période étudiée. Un constat qui interroge sur l’usage réel de ces modèles. On comprend qu’ils sont choisis pour une fiscalité avantageuse à l’achat.

Que va faire l’Europe ?

Ces résultats tombent à un moment clé. L’Union européenne prévoit de revoir cette année le « facteur d’utilité » appliqué aux PHEV. C’est-à-dire l’hypothèse officielle sur la part de kilomètres parcourus en mode électrique. Derrière cette révision réglementaire, l’idée est de rapprocher les émissions homologuées au plus près de la réalité. Les constructeurs plaident pour le maintien des règles actuelles car elles leur permettent de comptabiliser les hybrides rechargeables comme des véhicules très faiblement émetteurs dans leurs moyennes de flotte. Mais les données issues du terrain fragilisent cette position.

À l’heure où la trajectoire climatique européenne se durcit, la question n’est plus seulement technologique. Elle porte désormais sur la crédibilité des chiffres affichés et sur la place réelle que doivent occuper les PHEV dans la transition automobile.

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