AccueilArticlesVoitures électriques : les fabricants de batteries misent sur cette technologie pour contrer la hausse du lithium

Voitures électriques : les fabricants de batteries misent sur cette technologie pour contrer la hausse du lithium

La suite de votre contenu après cette annonce

Depuis quelques mois, le prix du lithium s’est envolé. Selon certains analystes, la tonne pourrait même atteindre les 30 000 dollars d’ici fin 2026. Les raisons ? Une demande croissante pour les véhicules électriques et des conditions d’approvisionnement tendues. Pour éviter une trop forte dépendance à l’or blanc, certains fabricants de batteries s’organisent.

Le prix du lithium repart à la hausse

Ce n’est pas nouveau, le secteur des matières premières stratégiques a toujours été particulièrement volatil. Ce marché est soumis à des cycles d’offre et de demande difficiles à synchroniser. Après un pic historique en 2022, suivi d’un net repli en 2023 et 2024 lié à une surproduction temporaire, le marché semble de nouveau entrer dans une phase de tension. En toile de fond, la perspective d’une forte accélération de la demande mondiale ravive les anticipations des acteurs industriels et financiers.

Comme vous pouvez le voir sur ce graphique, le prix de la tonne de lithium a atteint un pic à 180 000 yuans (environ 26 000 dollars), soit une augmentation de 110 % en un an. Un tarif jamais atteint depuis 2023, très loin des 60 000 yuans (8 600 dollars) de cet été.

Sans surprise, le premier moteur de cette hausse reste l’essor rapide du véhicule 100 % électrique. En quelques années, le parc mondial a quasiment doublé, et les projections tablent sur 50 millions de ventes annuelles d’ici 2030. Comme vous le savez, les batteries lithium-ion demeurent la technologie dominante pour alimenter ces automobiles. À cela s’ajoute la montée en puissance du stockage stationnaire d’électricité, ainsi que l’électrification progressive des utilitaires légers, des poids lourds et des bus.

Cette dynamique de demande se heurte à une offre contrainte. La production mondiale de lithium est concentrée dans un nombre limité de pays (Australie, Chili, Chine, Argentine), avec des projets miniers longs à développer et dépendants de facteurs géopolitiques, environnementaux et réglementaires. Les mises en sommeil de certaines exploitations lors de la précédente baisse des prix ont réduit les capacités disponibles. Résultat, le marché anticipe un rééquilibrage plus tendu dès le milieu de la décennie.

Comment CATL et BYD s’adaptent ?

Pour les fabricants de batteries, cette situation représente un enjeu stratégique majeur étant donné que le lithium compte généralement pour un quart du coût d’une batterie. La volatilité des prix du métal alcalin pèse donc directement sur les marges et sur le prix final des véhicules électriques.

Face à ce constat, les deux géants du secteur, CATL et BYD (plus de 50 % du marché à eux deux), investissent massivement dans des chimies alternatives, en particulier dans les batteries sodium-ion. Le sodium est un matériau beaucoup plus abondant et mieux réparti géographiquement que le lithium. Il offre une piste crédible pour réduire la dépendance à l’or blanc, même si ses performances restent aujourd’hui inférieures en termes de densité énergétique.

À lire aussi
Présentée comme la première batterie solide prête à la production, cette techno est-elle une « arnaque » ?

CATL prévoit notamment une industrialisation progressive de batteries sodium-ion à partir de 2026. Selon le fabricant, cette technologie offre de meilleures performances à basse température et une recharge plus stable à forte puissance. À moyen terme, le leader mondial des batteries pense pouvoir atteindre des niveaux de performance proches de ceux des batteries LFP (lithium-fer-phosphate), aujourd’hui très répandues sur les véhicules d’entrée et de milieu de gamme.

BYD suit une trajectoire comparable, mais avec une approche plus industrielle. Le constructeur automobile et fabricant de batteries a lancé la construction de sa première usine dédiée aux batteries sodium-ion, avec une capacité de 30 GWh/an à terme. Là encore, la stratégie consiste à réserver cette technologie à des segments précis du marché, sans remettre en cause, en tout cas à court terme, la domination du lithium.

Nos guides