Sait-on encore faire de belles voitures chez Mercedes ?

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Notre râleur en chef n’est pas fan du design de Mercedes depuis quelques années et se désespère de voir les choses empirer avec les derniers modèles présentés !

Il y a une dizaine d’années, j’ai acheté une Mercedes, un modèle compact, le GLA. Evidemment pas la Mercedes qui pouvait le plus faire rêver dans la gamme à ce moment. Une AMG GT aurait été parfaite, mais le GLA était un achat adapté à mes besoins… et mes moyens !

On voit souvent ces modèles plus accessibles comme des portes d’entrée à l’univers de la marque, qui capte ainsi un client et espère qu’il montera ensuite en gamme. En ce qui me concerne, je n’ai plus de Mercedes.

J’ai été satisfait de mon véhicule, que j’ai revendu en saisissant une bonne opportunité, mais pour la suite, le remplaçant ne me plaisait pas spécialement sur le plan du style, critère ô combien subjectif mais important pour moi. Et le reste du catalogue de l’étoile n’a pas trouvé grâce à mes yeux… et en trouve de moins en moins.

Depuis le début de l’année, la marque enchaîne les nouveautés, entre véhicules inédits et restylages. Je suis allé de déception en déception. J’ai d’abord eu peur face au groin du VLE, puis sursauté avec le restylage des GLE et GLS, petit massacre en règle. Clou du triste spectacle, la nouvelle Classe C électrique. C’est mou, c’est lourd.

Oubliez toute finesse avec le restylage du GLE !

Pourtant, avec la Classe C, qui fait suite au GLC électrique, j’avais un espoir. Mercedes prend en effet un nouveau départ sur le marché de l’électrique. Cela se traduit par un réel bond en avant technologique, afin d’arriver enfin à ce qui se fait de mieux, comme l’architecture 800V. Et il faut reconnaître que la refonte technique porte ses fruits, comme l’a prouvé la nouvelle CLA.

A cela s’ajoute un changement de stratégie esthétique. Comprenez par là que les Mercedes électriques reviennent à un look normal, proche du design des équivalents thermiques. Plus question donc d’avoir des électriques qui se démarquent avec des looks plus futuristes.

Pour bien le faire comprendre, la marque utilise maintenant les appellations des modèles classiques, abandonnant déjà les EQ. Avec la gamme EQ, Mercedes a pris des risques. Et forcément, ils n’ont pas été payants. Trop bizarres, les EQE et EQS sont des échecs, qui seront classés sans suite. Plutôt prévisible dans un secteur du premium qui ne goûte guère à la fantaisie.

Gorden Wagener, responsable du design de Mercedes, n’avait toutefois pas vu le problème. Pour lui, ces voitures ne sont pas moches, elles sont trop en avance sur leur temps : « Je pense que l’EQS a été lancée 10 ans trop tôt ». Phrase qui revient souvent face à des bides esthétiques… dont le look n’est curieusement jamais réutilisé dix ans plus tard !

Avec l’EQS, Mercedes a pris des risques. Visiblement trop, la voiture est un échec.

La Classe C électrique a donc une silhouette plus classique, ou presque, car on sent encore l’influence EQ dans les proportions, avec ce côté mollasson. A cela s’ajoutent des éléments qui ne font pas dans la finesse : la grosse calandre illuminée, les phares qui s’en approchent maladroitement ou l’épais bandeau noir sur le coffre. L’ensemble m’est indigeste.

Même si je donne un avis bien personnel ici, il suffit de regarder les forums pour voir que le modèle suscite des réactions mitigés, bien que certains apprécient le résultat. Or, à mon sens, on attend d’une Mercedes d’être belle de manière évidente, qu’elle ne suscite pas le débat, du moins pas à ce point.

Je note au passage que la marque suit une direction opposée à ses principaux concurrents. Pour faire sa révolution électrique avec la Neue Klasse, BMW a conçu un nouveau design plus sobre, comme en témoigne sa nouvelle i3. Audi s’apprête à faire de même. Après des années d’exagérations peu glorieuses, le nouveau patron du style veut revenir à de la pureté. Il faudra attendre toutefois encore un peu pour le voir en série.

Traitement plus sportif pour la finition AMG Line
Quel nez pour le VLE…

Point de tout cela chez Mercedes, qui en reste au clinquant et au dégoulinant, et n’a pas encore l’intention de créer de rupture esthétique. Mine de rien, ce design plutôt arrondi était déjà en vigueur sur mon GLA présenté en 2013. Le design a depuis évolué par petites touches, sans rupture. Ce qui mène généralement à un souci : on force petit à petit le trait. On a pu le voir avec la Mini moderne, dont la troisième itération était ratée, avant un retour salvateur à la simplicité pour la quatrième.

Pendant ce temps, les ventes de Mercedes chutent. Elles ont baissé de 10 % en 2025. Au premier trimestre 2026, elles ont encore reculé de 6 %. Le contexte géopolitique est pointé du doigt, mais n’est-ce pas aussi les effets de ce manque de renouveau esthétique, d’un changement qui relance le désir.

Preuve que la question n’est pas infondée, Gorden Wagener a quitté son poste en début d’année, après plus de 30 ans de carrière au sein de l’étoile. Officiellement, il a demandé à partir. Mais le doute subsiste, a-t-il été incité à quitter l’entreprise ? Fin 2025, Automotive News Europe évoquait des divergences avec le big boss, des critiques en interne sur les EQ ou encore une déclaration acide de Wagener sur le design d’Audi qui a fait réagir. Il y avait peut-être aussi un épuisement créatif ou un manque de recul. Dire que l’homme qui a validé ces peu glorieuses EQ avait signé la première CLS, véritable chef-d’oeuvre qui semble n’avoir pris aucune ride plus de 20 ans après ses débuts.

Puisse son remplaçant faire souffler un vent de renouveau qui m’incitera peut-être à repousser la porte d’un showroom à l’étoile.

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LEVE1789il y a 23 minutes

"Puisse son remplaçant faire souffler un vent de renouveau qui m’incitera peut-être à repousser la porte d’un showroom à l’étoile" ... à moins que le vendeur vous assène, histoire vécue, un "quand on vient chez Mercedes, on fait un effort (financier, bien entendu) ?

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