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Notre râleur en chef s’agace face à la mode du chaucidou, un aménagement qui l’énerve aussi bien en tant qu’automobiliste que cycliste.
Les beaux jours reviennent, l’occasion de ressortir sa petite reine. Les cyclistes flâneurs rejoignent ainsi les cyclistes travailleurs, de plus en plus nombreux à troquer leur auto ou leur métro contre un vélo. Ce qui est une très bonne chose pour la qualité de l’air, un peu moins pour la qualité des relations sur terre. Enfin, sur les routes.
Avant que la situation ne s’envenime dans les commentaires, je rappelle qu’en matière de mauvais comportements, les torts sont à partager entre automobilistes et cyclistes, que les bons et les mauvais se trouvent dans les deux camps, deux camps auxquels j’appartiens.
Mais il est vrai que le cycliste, non abrité par une carrosserie, va davantage être en danger. Pour cela, en milieu urbain, les municipalités tentent de leur venir en aide avec des aménagements dédiés. A nouveau une bonne chose. Encore faut-il y mettre les moyens.
Le top du top, c’est la piste cyclable séparée des voies dédiées aux véhicules motorisés. Car un simple traçage de bande sur une route, sans bordure, ce n’est pas terrible. Mais c’est mieux que rien… et mieux que le chaucidou. Heu, le quoi ?
Ce nom curieux, que l’on croirait sorti d’un dessin animé, ne vous dit rien ? Pourtant, vous en avez surement déjà vu un. Il s’agit d’un aménagement routier de plus en plus prisé des maires.
Chaucidou, cela vient de « chaussée pour les circulation douces ». Sur ce genre de route, il y a une voie au centre pour les voitures, utilisée dans les deux sens de circulation, et de chaque côté du macadam une bande pour les cyclistes.
En temps normal, les voitures doivent rouler sur la voie centrale. Mais impossible de s’y croiser. Pour le faire, il faut donc empiéter sur la voie des vélos, c’est autorisé, mais prudence, les deux roues restent prioritaires. Et une fois la voiture croisée, il faut se replacer au centre. Ah, c’est donc comme ça qu’il faut les prendre ces machins.
Le souci, c’est que de nombreux conducteurs sont clairement perdus face à cet aménagement routier. Je n’en veux pas spécialement à ces conducteurs paumés. Logique, le chaucidou n’existait pas quand ils ont passé le permis et personne ne leur a dit comment faire depuis. Il y a certes un panneau explicatif au début du tronçon, mais lire ou conduire, il faut choisir.
Le problème est que les chaucidous se multiplient. Et j’en veux davantage aux maires qui se contentent de ces aménagements. La raison semble être un manque de place sur la chaussée pour faire mieux. J’y vois surtout une manière rapide et très économique aux édiles de dire qu’ils agissent en faveur des cyclistes. Car au final, un chaucidou, il suffit juste d’effacer les anciennes lignes et d’en retracer de nouvelles. Et voilà, on a sécurisé la route pour les vélos !
C’est donc tentant de le faire ainsi plutôt que d’investir dans des pistes cyclables. Encore plus à l’approche des prochaines municipales, où les oppositions tiendront les comptes sur les kilomètres de pistes cyclables promis. Mais le chaucidou, ce n’est pas une piste cyclable.
Quand je suis moi-même à vélo sur ces machins, je ne me sens pas en sécurité, au milieu de voitures clairement perdues sur leur placement, qui se retrouvent à zigzaguer entre des vélos dont la priorité est au final souvent oubliée.
Et en tant que conducteur, je ne me sens pas non plus à l’aise, en ayant du mal à me faire à cette circulation au centre, peu rassuré face à un autre conducteur qui me voit venir en sens inverse en plein milieu de la route. Et si j’ai alors à ma droite un vélo sur sa voie, quelle angoisse !
Alors, on me dira que c’est mieux que rien, mais le râleur que je suis trouve que ce chaucidou, c’est du rien. Pour la sécurité routière de tous, il faut savoir faire des choix clairs, forts, pas se contenter d’aménagements à l’économie.
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à la louche 3 décennies et des dizaines de milliers de km de vélo utilitaire à mon actif, j'en suis arrivé à quelques règles de survies :
1) un vélo de course ça ne sert à rien, mieux vaut un vélo pour aller faire les courses (sacoches, pneus de 40 voir 50mm, garde-boue, éclairage automatique, assistance électrique si besoin...)
2) le vélo sport&loisir c'est sur les voies vertes et les chemins creux. Sur les routes de campagne étroites c'est pas du sport ni du loisir : c'est de la roulette russe.
3) fuir les axes à grosse fréquentation bagnole & camion, privilégier le trajet sûr plutôt que le trajet court.
4) faute d'alternative cyclable sûre : ne pas hésiter à utiliser le trottoir, à vitesse piéton et en laissant la priorité aux piétons. marcher à coté du vélo si besoin.
5) garder 1m d'écart avec les bagnoles stationnées le long du trottoir : la plus part des gens ne cherchent pas si un vélo arrive avant d'ouvrir la porte.
6) voir et être vu (éclairage efficace, veste visible de loin), j'ai retenu ça d'une formation vélo à l'école primaire il y'a plus de 40 ans.
7) se méfier des contre jours qui aveuglent les automobiles
en bagnole je tombe parfois sur des traits de peinture en guise d'aménagement vélo : c'est bidon
les automobilistes vigilants et respectueux n'ont pas besoin de ça, les autres s'en foutent. Un trait de peinture ça ne protège de rien.
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Drôle de définition du verbe cohabiter (du latin cohabitere = demeurer ensemble) qui vise à sortir les cyclistes des pattes des automobilistes
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70 km/h dans ces conditions est bien une ânerie de l'administration mais l'administration est censée avoir toujours raison.
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