La suite de votre contenu après cette annonce

Nous sommes fin janvier et l’Espagne n’a toujours pas acté les dispositions précises de son bonus écologique pour les voitures électriques. Et pour cause, nos voisins cherchent à mettre en place un nouveau système de calcul de l’empreinte carbone des véhicules directement inspiré du modèle français.
Alors que l’année est déjà bien entamée, l’Espagne n’a toujours pas officialisé les contours de son futur bonus écologique pour les voitures électriques. Un retard qui ne doit rien au hasard. En coulisses, Madrid travaille à une refonte en profondeur de son système d’aides, avec une idée bien précise en tête : s’inspirer du modèle français avec un calcul de l’empreinte carbone des véhicules. Notre éco-score a du succès !
La réforme espagnole s’inscrit dans le cadre du plan national « España Auto 2030 », qui vise à accélérer l’électrification du parc automobile national tout en renforçant la compétitivité industrielle du pays. Pilier central de cette stratégie, le nouveau programme « Plan Auto+ » doit remplacer l’actuel dispositif Moves, arrivé à bout de souffle. À partir de 2026, il prévoit 400 millions d’euros d’aides directes à l’achat. Elles seront versées par l’État central et non plus par les régions autonomes, afin d’uniformiser les procédures.
Mais la publication des critères d’éligibilité se fait attendre. Selon plusieurs médias locaux, le ministère de l’Économie bloque actuellement le dossier pour intégrer un indicateur clé. Les Espagnols planchent sur un score carbone global des véhicules, inspiré de celui mis en place en France depuis fin 2023. Ce mécanisme ne se limite pas aux émissions à l’usage. Il prend en compte l’ensemble du cycle de vie, notamment la fabrication et le transport, des points sensibles pour les modèles importés de pays lointains.
En France, ce critère environnemental a profondément modifié l’accès au bonus écologique. De fait, plusieurs modèles électriques, dont ceux produits en Chine, en sont exclus. Il y a une volonté très claire de favoriser la production européenne. Et les résultats montrent que ce dispositif fonctionne : une grande majorité des véhicules électriques vendus l’année dernière en France ont été produits au sein de l’Union. L’Allemagne arrive en tête des pays producteurs, devant la France. Et la Chine n’arrive que troisième.
À lire aussi
Voici le top 10 des ventes de voitures électriques en Europe en 2025 : le Tesla Model Y résiste, une Skoda impressionneNotons que l’Allemagne a pris le contre-pied de la France. Le Bundestag a décidé de ne pas faire de favoritisme à propos de l’origine des modèles. Là-bas, les voitures électriques fabriquées hors d’Europe bénéficient donc des mêmes aides. En Espagne, le projet initial se voulait plus ouvert. Le gouvernement voulait donner la priorité aux véhicules assemblés sur le Vieux continent, sans fermer totalement la porte aux importations. Mais l’intégration d’un score carbone plus strict devrait rebattre les cartes.
Au-delà de la question politique derrière ce bonus, l’enjeu est aussi économique et industriel. L’automobile représente près de 10 % du PIB espagnol et environ deux millions d’emplois directs et indirects. Madrid mise sur l’arrivée prochaine de petites voitures électriques produites localement, notamment par le groupe Volkswagen, pour démocratiser l’électrique à des prix plus accessibles. Il convient désormais d’accélérer la mise en place de ce coup de pouce financier pour éviter un coup d’arrêt sur le marché auto.
Le meilleur d'Automobile Propre, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques voiture électrique, voiture hybride, équipements & services et bien d’autres
S'inscrire gratuitement