AccueilArticlesLes batteries des voitures électriques ne se dégradent presque pas avant un certain kilométrage, lequel ?

Les batteries des voitures électriques ne se dégradent presque pas avant un certain kilométrage, lequel ?

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Une analyse réalisée sur près de 50 000 voitures électriques et hybrides rechargeables révèle que la durée de vie des batteries, mesurée grâce au SoH (ou State of Health), est plus importante que prévu. On apprend même qu’une batterie ne s’use quasiment pas avant un certain nombre de kilomètres parcourus… Mais après, les choses s’accélèrent ! Enfin, tout est relatif.

Tout va bien avant la barre des 90 000 km…

D’après une récente étude menée conjointement par TÜV Nord et Carly, les batteries des voitures électriques ne se dégraderaient peut-être pas aussi vite que ce que nous pouvions penser. Au total, 50 000 modèles électriques et hybrides rechargeables (produits entre 2016 et 2026) ont été analysés. Les résultats de cette enquête montrent que l’usure reste quasiment imperceptible jusqu’à un seuil compris entre 90 000 et 100 000 kilomètres.

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Dans le détail, la perte de capacité moyenne ne serait que de 0,7 point de pourcentage tous les 10 000 kilomètres sur les 90 000 premiers kilomètres. Concrètement, un véhicule qui affiche 100 % de capacité au moment de sa mise en circulation serait encore autour de 93 à 94 % après 90 000 kilomètres. Cette phase correspond à ce que les spécialistes décrivent comme une période de vieillissement lent, durant laquelle les mécanismes chimiques internes restent relativement stables. En revanche, le changement de rythme intervient ensuite de manière plus marquée.

Après, ça s’accélère !

En effet, au-delà de 90 000 kilomètres, la dégradation moyenne passe à 2,3 points de pourcentage tous les 10 000 kilomètres, soit plus de trois fois le rythme observé auparavant. À titre d’illustration, une batterie située à 94 % de SoH à 90 000 kilomètres pourrait ainsi descendre sous les 85 % aux alentours de 130 000 kilomètres si cette tendance se confirme. Ça peut piquer… mais si on prend en compte un kilométrage annuel de 15 000 km, cela fait plus de 8 ans, ce qui est donc acceptable !

Ce point d’inflexion, bien identifié dans l’étude, constitue un repère clé pour comprendre la durée de vie réelle des batteries. L’analyse met également en lumière des écarts selon les constructeurs, surtout sur les modèles les plus anciens…

Des véhicules signés Hyundai, Kia ou Mercedes conservent fréquemment une capacité comprise entre 90 % et plus de 95 %, même après plusieurs années d’usage. À l’inverse, certains modèles plus anciens de Volkswagen, Renault ou Citroën affichent des SoH parfois compris entre 70 et 80 %. L’écart peut ainsi atteindre jusqu’à dix points de pourcentage selon les cas, même s’il tend à se réduire sur les générations les plus récentes. Malheureusement, l’étude ne précise pas si le kilométrage ou l’âge du véhicule a un impact plus important sur la baisse de la capacité de la batterie.

Mieux que ce qu’on pensait

Par ailleurs, on sait désormais qu’il n’y a pas que le kilométrage qui compte. D’autres facteurs influencent de manière assez importante la dégradation des batteries. Plusieurs analyses parallèles tendent à montrer que l’usage intensif de la recharge rapide peut accélérer l’usure (même si on sait à présent que l’écart est plutôt mesuré), tout comme des températures ambiantes élevées ou une gestion thermique moins performante. À l’inverse, une utilisation modérée et des recharges en courant alternatif contribuent à préserver davantage la capacité dans le temps.

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Bref, le principal enseignement à retenir est que la plupart des batteries de véhicules électriques durent aujourd’hui nettement plus longtemps qu’on ne le pensait auparavant. Et que presque toutes les voitures électriques neuves affichent désormais un SoH supérieur à ce que garantissent les constructeurs. Actuellement, la norme du marché est une garantie de huit ans ou jusqu’à 160 000 km, au terme de laquelle la batterie doit conserver une capacité résiduelle minimale de 70 %. Dans la majorité des cas, les batteries conservent des niveaux nettement supérieurs.

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Fabosil y a 5 jours

Comme quoi, on lit tout et son contraire.
J'étais resté sur pas mal d'études qui disent que le vieillissement en fonction du nombre de cycles était plus rapide lors des premiers cycles puis ralenti ensuite.
À l'opposé de ce qui est dit ici 🙄

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cyril59il y a 5 jours

A mon avis il manque un paramètre important dans l'étude de dégradation c'est la capacité de la batterie. Et donc directement le nombre de cycle/kilométrage.
A kilométrage identique une batterie de 20kwh n'aura pas le même nombre de cycle qu'une batterie de 100kwh.
Même si bien sûr une petite batterie est synonyme sans doute de petite voiture qui consomme un peu moins... On peut imaginer qu'une urbaine de 20kwh et consommant un gros 10kwh/100kms de moyenne aura besoin de plus de 500 cycles complet pour réaliser 100000kms.
Alors qu'un gros SUV avec une batterie de 100kwh et consommant 20kwh/100kms de moyenne (avec beaucoup de voies rapides) n'aura fait que 200 cycles complets pour le même kilométrage. Sa batterie sera sans doute bien moins usée...

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bruno50il y a 5 jours

Je ne comprends pas c'est au contraire une très mauvaise nouvelle, cela limiterait fortement l'intérêt du VE pour les gros rouleurs, et même en moyenne. Vous pensez vraiment que les VE perdent 2,3% tous les 10 000 km au delà des 100 000? C'est énorme! une voiture thermique aujourd'hui elle a en moyenne 12 ans pour 15000 km par an, soit 180 000 km, soit une perte de 2,3 multipliée par 8, près de 20% d'autonomie en moins auxquels on ajoute les 5/7% des premiers 100 000? je n'ai pas vu depuis longtemps une info aussi décourageante. Je n'ai pas regardé depuis une éternité le SOH de ma zoé 50 de mars 2020 qui va passer ses 200 000 km, je n'ose pas!

En tout cas cela renforcerait l'enjeu de pouvoir ne changer que la batterie d'un véhicule dont le moteur est conçu pour un million de km d'autant que la voiture a bien moins de pièces d'usure. L'écologie ce n'est pas de changer de véhicule plus souvent qu'avec une thermique.

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