AccueilArticlesLe prix de la recharge sur bornes publiques va-t-il augmenter à cause de la guerre au Moyen-Orient ?

Le prix de la recharge sur bornes publiques va-t-il augmenter à cause de la guerre au Moyen-Orient ?

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Photomontage réalisé à l’aide de l’IA à partir d’une image Ionity.

Alors que le tarif des carburants et du gaz explose en lien avec le conflit en Iran, l’on pourrait penser à un effet boule de neige sur les prix de la recharge des voitures électriques. S’il existe bel et bien un effet d’entraînement entre les différentes énergies, la situation reste nettement plus rassurante pour les consommateurs d’électricité. À quoi s’attendre réellement ?

C’est un effet bien connu : lorsque le prix du gaz augmente en Europe, celui de l’électricité finit toujours par suivre la tendance, dans une certaine mesure. La faute à un réseau toujours dépendant de cette énergie fossile importée, notamment chez nos voisins. Si, en France, le gaz représente seulement 3 % de la production électrique nationale, le chiffre atteint 17 % à l’échelle du continent.

Malgré sa production minoritaire, le méthane continue d’avoir une influence importante sur le prix de l’électricité. Car il est utilisé par des centrales thermiques indispensables pour stabiliser le réseau lors des pics de consommation, faute d’avoir déployé d’autres moyens bas-carbone et souverains pour cette mission, comme les STEP et les batteries.

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Le prix dépend des contrats de fourniture d’électricité choisis par l’opérateur

Les envolées du prix du gaz ne sont toutefois pas répercutées avec la même intensité sur l’électricité. Grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, qui produisent la grande majorité des électrons, le tarif de l’électricité est mieux maîtrisé. L’impact d’une hausse du gaz est également décalé, voire lissé, selon l’offre de fourniture souscrite. Comment cela va-t-il se traduire sur le tarif pratiqué par un opérateur de borne de recharge ? Difficile à prédire, car tout dépend du contrat qu’il a passé avec son fournisseur d’énergie.

Durant la crise énergétique de 2022, dont l’ampleur était considérablement plus importante que celle d’aujourd’hui, tout le monde n’a pas été affecté de la même manière. Certains consommateurs ayant opté pour un contrat aux tarifs peu sécurisés ou eu le malheur de se retrouver en fin de contrat se sont retrouvés avec des kilowattheures à prix ahurissants. D’autres, ayant souscrit à des contrats à prix fixes garantis sur de longues durées, ont pu traverser la crise sans encombre.

Courbe de prix de l’électricité sur le marché à court terme (SPOT) et au tarif réglementé depuis le 1ᵉʳ février 2026. Elle illustre la différence de variation de prix selon le type de contrat choisi / Infographie : RE x AP.

Certains opérateurs de borne possèdent leurs propres centrales

Le conflit actuel en Iran provoque bien une hausse modérée des prix de l’électricité sur les marchés, à court terme. Mais il n’influence pour l’instant pas les prix finaux appliqués aux consommateurs, à moins d’avoir opté pour un des rares contrats à « tarification dynamique ». Pour les particuliers et petits professionnels, une légère hausse pourrait être appliquée lors de la prochaine mise à jour des tarifs réglementés, en août 2026 ou en février 2027. Pour les gros consommateurs, comme les opérateurs de bornes de recharge, cela dépend de leur modèle économique.

Aucune hausse du prix du kilowattheure n’est pour l’instant constatée du côté des réseaux de recharge publics. Il est même en légère baisse depuis janvier selon l’opérateur de mobilité Chargemap (propriété du groupe Brakson, qui possède également l’éditeur d’Automobile-Propre, ndlr). Certains réseaux se permettent même de lancer des promotions, comme Lidl, qui fait passer le prix du kilowattheure sur ses bornes rapides de 0,39 à 0,29 € jusqu’au 17 avril 2026.

Mais des augmentations seront possibles, en fonction du mode d’approvisionnement de chaque opérateur. Certains se sont engagés à acheter de gros volumes d’électricité à long terme en direct auprès des producteurs, ce qui leur permet de maintenir un tarif du kilowattheure stable. Quelques opérateurs possèdent même leurs propres moyens de production d’électricité, ce qui peut leur permettre d’avoir un meilleur contrôle sur les prix. D’autres, moins prudents, ont peut-être choisi un modèle à court terme afin de profiter de tarifs habituellement très bas à certains moments de la journée, mais aussi très volatils.

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Au quotidien, rouler en voiture électrique restera toujours moins cher qu’en thermique

Quels que soient les cours du marché, la recharge sur une borne publique est toujours plus coûteuse qu’à domicile, sauf rares exceptions. Avec un kilowattheure culminant parfois à 0,80 € sur certaines stations autoroutières, même dans un contexte de prix bas de l’électricité, s’y recharger coûte hélas très cher.

Une chose est certaine : au quotidien, rouler en voiture électrique reste nettement moins cher qu’en véhicule thermique avec un carburant à 2 euros le litre. Il faudrait un kilowattheure payé chez soi 0,67 € (contre environ 0,16 € actuellement en heures creuses au tarif réglementé) pour égaler le budget carburant d’une voiture essence consommant 5,5 L/100. À ce jour, 1000 kilomètres parcourus en voiture électrique rechargée à domicile en heures creuses coûtent 25,3 €. La même distance réalisée avec un véhicule roulant au SP95-E10 nécessite 106,7 €. C’est quatre fois plus.

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