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La guerre au Moyen-Orient a des conséquences sur l’industrie automobile. Le transport des voitures électriques en provenance de Chine est perturbé.
Depuis quelques jours, c’est toute la chaîne logistique des constructeurs chinois qui se voit fragilisée. Si l’Iran constitue un marché direct pour plusieurs marques, le blocage du pays ne représente en réalité qu’une partie du problème dans cette zone géographique.
En effet, de nombreux exportateurs s’appuient sur les Émirats arabes unis, et en particulier sur Dubaï, comme plateforme de redistribution vers le Moyen-Orient et l’Afrique. Ce système qui permet théoriquement d’anticiper les livraisons et de stocker des véhicules avant leur acheminement final se retrouve aujourd’hui grippé par l’insécurité maritime et les tensions régionales.
Le site de Jebel Ali, aux Émirats arabes unis, joue un rôle central dans ce dispositif. Plus grand port du Moyen-Orient, il sert de hub pour les navires qui transportent des automobiles. Les raids aériens et les bombardements survenus début mars dans la région ont entraîné une interruption temporaire des opérations. Si l’activité portuaire a officiellement repris quelques heures plus tard, plusieurs compagnies maritimes ont préféré suspendre ou réorganiser leurs rotations, par précaution. Autrement dit, si la plupart des quais sont ouverts, les activités tournent au ralenti voire carrément interrompues.
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Xiaomi a imaginé une supercar pour le jeu Gran Turismo 7Cette dépendance à Dubaï et aux ports environnants s’explique par l’ampleur des volumes concernés. Selon Caixin, les Émirats arabes unis sont devenus la troisième destination des exportations automobiles chinoises en 2025, derrière le Mexique et la Russie. Les chiffres avancés par l’Association chinoise des constructeurs automobiles font état de 567 000 véhicules expédiés vers les Émirats l’an dernier, un volume supérieur aux immatriculations locales. Certaines marques chinoises, comme Chery, ont même investi dans des entrepôts géants (19 000 m2) pour stocker leurs véhicules électriques.
D’ailleurs, les répercussions dépassent la seule région du Moyen-Orient. L’Europe, troisième marché en volume pour les exportations automobiles chinoises et première destination pour les véhicules électriques, subit aussi des perturbations. Les risques accrus en mer Rouge et dans le canal de Suez contraignent les armateurs à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Un détour qui allonge les trajets de 10 à 15 jours et augmente le coût de transport. À court terme, la guerre pourrait donc peser sur la dynamique des ventes de voitures électriques made in China en France et en Europe.
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Peut-on encore sauver la production automobile en Europe ? Le cri d’alerte des constructeursLa Chine a exporté 7,09 millions de véhicules en 2025 (+20 % en un an), un record. Si la situation venait à durer, les prévisions de croissance pour 2026 seront probablement revues à la baisse. Cette séquence montre à quel point la diversification des itinéraires et des points d’entrée pourrait devenir un enjeu dans les mois à venir.
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